Déplacés de Kouakourou au Mali: une vie suspendue entre précarité et espoir

Déplacés de Kouakourou au Mali: une vie suspendue entre précarité et espoir

David Baché
Vue des déplacés de Kouakourou au Mali dans un centre d'accueil

Quand nous avons atteint Mopti, on nous a installés dans une école, où les dons sont arrivés en abondance, raconte un déplacé originaire de Kouakourou. Parmi les présents : du riz, du thé, du sucre, de l’huile et du lait en poudre. Ces vivres proviennent d’un bienfaiteur anonyme, tandis que la mairie supervise les distributions.

L’ancien village de Kouakourou n’est plus qu’un champ de ruines. Face à l’ultimatum lancé par les groupes armés du Jnim, les habitants n’avaient d’autre choix que de fuir. Quitter son foyer, abandonner ses biens… c’est une épreuve déchirante, confie un rescapé. Notre plus grand souhait ? Retourner chez nous. Beaucoup sont partis avec pour tout bagage les vêtements qu’ils portaient. Les assaillants ont même confisqué nos téléphones. La tragédie a aussi bouleversé le calendrier agricole : nous devrons renoncer à la saison des cultures, et c’est une catastrophe pour nos moyens de subsistance.

La vie dans une école transformée en centre d’accueil relève du défi quotidien. Certains dorment à la belle étoile, d’autres s’entassent dans les salles de classe sous la pluie, témoigne un déplacé. Plus de 400 personnes y cohabitent dans des conditions précaires. La nourriture ne manque pas, mais cela ne suffit pas à rendre ce quotidien supportable.