
« La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot


Donner la parole aux citoyens africains : actualités politiques, sociales et culturelles du continent.



La localité de Téra, située dans la partie occidentale du Niger, connaît actuellement une saturation démographique sans précédent. Selon des témoignages concordants, un flux continu de populations déplacées converge vers le centre urbain et ses environs immédiats depuis la fin du mois écoulé.
Le mouvement de panique provient principalement de la commune de Diagourou. Des éléments affiliés au Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) auraient exigé le départ des habitants d’une trentaine de localités rurales. Située à seulement dix kilomètres de Téra, cette zone est au cœur de la région des « trois frontières », un espace frontalier avec le Burkina Faso et le Mali où s’affrontent l’influence du Jnim et celle de l’État islamique au Sahel (EIS).
L’accueil de ces milliers de nouveaux arrivants se fait dans des conditions de dénuement total. À Téra, ville stratégique abritant la zone de défense numéro 9, de nombreuses familles, composées majoritairement de femmes et d’enfants, se retrouvent sans abri. Elles occupent des terrains vagues ou sont hébergées par des proches dans une solidarité de plus en plus fragile.
Bien qu’aucun recensement officiel n’ait encore été finalisé, l’ampleur du déplacement est jugée critique. Les villages environnant Diagourou comptaient avant cette crise plusieurs milliers de résidents, aujourd’hui contraints à l’exil intérieur.


Dans les villages du Guéra, au Tchad, une initiative novatrice redonne espoir aux communautés rurales : les champs écoles paysans (CEP). Ces programmes, conçus pour enseigner les bonnes pratiques agricoles et la gestion durable des sols, permettent aux agriculteurs-maraîchers de diversifier leurs cultures et d’optimiser leurs récoltes. Après plusieurs années de mise en œuvre, les résultats sont spectaculaires, avec une hausse notable de la production alimentaire.
Les CEP sont des espaces d’apprentissage où les producteurs locaux acquièrent des techniques culturales adaptées à leur environnement. Encadrés par des experts, ils y testent des méthodes innovantes de culture, de rotation des cultures et de préservation des sols. Ces formations, d’une durée de cinq mois, se déroulent en période de pluies, de janvier à juin, et visent à renforcer l’autonomie alimentaire des villages.
Porté par l’ONG SOS Sahel, le projet Nachbo (signifiant « nous serons rassasiés » en arabe) illustre parfaitement l’impact des CEP. En appliquant un itinéraire technique personnalisé, les agriculteurs améliorent leur productivité tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Ce modèle s’inscrit également dans une démarche d’adaptation au changement climatique, une priorité pour les communautés du Sahel.
Les témoignages des bénéficiaires sont unanimes : les CEP ont permis de réduire les pertes de récoltes et d’augmenter les rendements. Par exemple, des cultures comme le mil ou le sorgho, autrefois vulnérables à la sécheresse, bénéficient désormais de techniques de conservation de l’eau et de sélection de variétés résistantes.

Bien que centré sur le Tchad, le succès des CEP inspire d’autres pays africains confrontés à des défis similaires. Ces programmes, axés sur la participation citoyenne et l’innovation locale, prouvent qu’une approche communautaire peut être plus efficace que les solutions imposées de l’extérieur. En combinant savoir-faire traditionnel et techniques modernes, les CEP offrent une réponse durable à la sécurité alimentaire en Afrique.
Avec des projets comme Nachbo, le Tchad montre que l’avenir de l’agriculture africaine passe par l’autonomisation des producteurs et le respect de leur environnement. Une leçon précieuse pour tous les pays du continent.

Un accord de crédit significatif a été récemment scellé entre le Gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale, allouant un financement additionnel de 100,4 millions de dollars. Cette enveloppe budgétaire est spécifiquement dédiée au renforcement du Projet de protection du capital humain, en se concentrant sur la continuité des services sociaux fondamentaux à travers le pays.
Ces fonds stratégiques sont destinés à consolider l’accès gratuit aux soins pour les femmes et les enfants, à dynamiser les campagnes de vaccination régulières, à garantir le bon déroulement des examens nationaux et à soutenir la formation continue des éducateurs. L’objectif principal est de préserver le capital humain national et d’offrir une protection essentielle aux populations les plus vulnérables du Burkina Faso.
Depuis son lancement initial en septembre 2024, ce projet a déjà produit des résultats concrets et mesurables. Dans le secteur de la santé, plus de 16 millions de consultations médicales gratuites ont été dispensées aux femmes et aux enfants de moins de cinq ans. Parallèlement, 1,13 million d’enfants ont bénéficié de vaccinations. Une amélioration notable a également été observée dans le processus de remboursement des dépenses de soins gratuits, passant de 75 % en 2023 à 82 % fin 2024.
Concernant le domaine éducatif, le projet a joué un rôle déterminant dans l’organisation de neuf examens nationaux, enregistrant un taux de participation impressionnant de 98 %. Il a également permis la certification de 99,8 % des enseignants et la distribution de 69 000 kits pédagogiques, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de l’enseignement.
« L’impact du capital humain sur le développement d’une nation est incontestable. Ce financement supplémentaire est une étape majeure qui viendra renforcer les initiatives gouvernementales visant à sauvegarder et valoriser ce capital, pilier indispensable à la croissance économique et au progrès social du Burkina Faso », a souligné Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso.
Soutenu par l’Association internationale de développement (IDA), le Projet de protection du capital humain s’inscrit parfaitement dans la stratégie régionale de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (2021–2025), qui vise à renforcer les institutions chargées de la prestation de services. Il est également en parfaite adéquation avec le Cadre de partenariat-pays du Burkina Faso.
« Ce financement additionnel est crucial pour consolider les progrès réalisés dans les secteurs de l’éducation et de la santé, qui ont été fortement impactés par la crise sécuritaire. Il permettra aux citoyens, y compris les personnes déplacées internes, de maintenir un accès amélioré aux services sociaux de base essentiels », ont expliqué Ousmane Deme, spécialiste principal du secteur public, et Daniel Pajank, économiste senior, tous deux responsables du projet à la Banque mondiale.


Les autorités du Tchad sont pointées du doigt pour leur incapacité à protéger les populations victimes d’affrontements sanglants entre éleveurs et agriculteurs, ainsi que pour leur échec à garantir le droit à la vérité, à la justice et aux réparations, comme le révèle un rapport accablant publié par Amnesty International.
Intitulé « Vivre de la terre et mourir pour elle : violations des droits humains liées aux conflits entre éleveurs et agriculteurs au Tchad », ce document expose les conséquences dramatiques de sept épisodes violents survenus dans quatre provinces entre 2022 et 2024. Ces conflits, exacerbés par la crise climatique, ont causé la mort de 98 personnes, blessé plus de 100 individus et laissé des centaines de familles sans abri ni moyens de subsistance. Selon les dernières estimations de l’ONU, des milliers de Tchadiens paient encore le prix de ces violences récurrentes.
« Les forces de sécurité tchadiennes interviennent trop tardivement face aux violences entre éleveurs et agriculteurs, et les auteurs présumés de meurtres, pillages ou destructions de biens échappent trop souvent à la justice. Cette impunité alimente un sentiment de marginalisation et d’abandon au sein des communautés », dénonce Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Le 26 août 2019, dans le village de Sandana (Moyen-Chari), un simple conflit lié à l’intrusion de bétail dans un champ a dégénéré : sept personnes ont été tuées, huit blessées et plus de 140 têtes de bétail volées. Trois ans plus tard, une nouvelle attaque dans ce même village a fait 13 morts.
Un autre drame, moins médiatisé, s’est produit à Pala Koudja (Logone Occidental) le 30 août 2024. Des éleveurs et agriculteurs se sont affrontés après des intrusions répétées de troupeaux dans les champs, faisant trois morts et sept blessés. Dans la nuit qui a suivi, 53 habitations ont été incendiées par des inconnus.
Ces tensions persistantes s’expliquent par une combinaison de facteurs : pression démographique, changement climatique et concurrence pour l’accès aux ressources naturelles. La hausse des températures dans le centre du Tchad pousse en effet de nombreux éleveurs à migrer vers le sud, tandis que les agriculteurs étendent leurs cultures, empiétant parfois sur les couloirs de transhumance.
Les conséquences du dérèglement climatique ne feront qu’aggraver les conflits entre éleveurs et agriculteurs. Il est impératif d’agir rapidement pour mettre en place des solutions durables, fondées sur le respect des droits humains.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International
Les affrontements éclatent souvent après des incidents anodins, comme le piétinement de champs par le bétail ou le blocage de couloirs de transhumance, mais leurs répercussions touchent des communautés entières, laissant des traces durables.
Malgré l’augmentation du budget alloué au ministère de la Sécurité publique depuis 2022, les autorités tchadiennes peinent à réagir en temps utile face aux alertes des populations. En 2023, le ministre de l’Intérieur avait lui-même reconnu des « retards d’intervention » lors d’attaques contre des villages.
Un responsable local du Logone Oriental témoigne : « Depuis 2014, nous alertons les autorités locales – chef de canton et sous-préfet – sur les tensions avec les éleveurs, mais aucune mesure concrète n’a été prise. En 2023, une attaque a fait 18 morts et 11 blessés. Des familles en colère ont alors déposé les corps sur la route pour attirer l’attention. »
Le manque de coordination entre les mécanismes de prévention des conflits et leur inefficacité structurelle limitent leur capacité à agir efficacement. Pire encore, des témoignages révèlent que certains administrateurs locaux posséderaient du bétail, qu’ils confieraient à des éleveurs armés, compromettant ainsi leur neutralité et favorisant les abus.

Sur les sept vagues de violences documentées dans le rapport d’Amnesty International, seules trois ont donné lieu à des procès, aboutissant à la condamnation de 37 personnes. Pourtant, l’État tchadien a l’obligation, selon les lois internationales et régionales, de protéger ses citoyens, d’enquêter sur les crimes et d’assurer un accès à la justice pour les victimes.
« Le changement climatique ne fera qu’amplifier ces conflits. Il est donc crucial de mettre en œuvre des mesures structurelles et durables, comme renforcer la présence des forces de l’ordre, désarmer les groupes armés, établir un cadre légal pour la transhumance et créer un plan national d’adaptation climatique », insiste Agnès Callamard.
Pour y parvenir, plusieurs actions sont nécessaires : une politique proactive de désarmement, la revitalisation des comités locaux de prévention des conflits et l’adoption d’un plan national d’adaptation au changement climatique.

Les Forces armées maliennes (FAMa) et des milices dozos, alliés à elles, ont commis des massacres dans deux localités de la région de Ségou les 2 et 13 octobre. Au moins 31 civils ont été tués, des maisons réduites en cendres, et des biens pillés lors de ces attaques ciblées.
Le 2 octobre, dans le village de Kamona, des soldats en pick-ups et véhicules blindés, accompagnés de miliciens dozos à moto, ont perpétré un véritable carnage. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été exécutés sommairement après avoir été accusés de soutenir le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Dix habitations ont également été incendiées. Les assaillants, reconnaissables à leurs tenues de camouflage pour les militaires et leurs amulettes traditionnelles pour les dozos, ont agi avec une brutalité sans précédent.
Un survivant a raconté : « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et abattus sans pitié. » Les corps de 17 hommes ont été retrouvés sous un arbre, tandis que quatre autres gisaient au nord du village. Tous présentaient des blessures par balles, dont certaines à la tête, signe d’exécutions à bout portant. Une liste des victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans, a été établie par les habitants. Certains témoins évoquent même 15 disparitions supplémentaires dans la brousse, sans que leurs corps n’aient pu être récupérés.
Le 13 octobre, c’est le village de Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Kamona, qui a été frappé. Cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos de miliciens dozos ont fait irruption dans la localité. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été tués, et plus d’une centaine de têtes de bétail volées. Un homme de 33 ans a décrit l’horreur : « Les corps étaient entassés, criblés de balles, certains avec des membres fracturés. »
Les habitants de Balle subissent depuis des années la domination du GSIM. « Nous devons payer la zakat chaque année, et en cas de conflit, ce sont les djihadistes qui tranchent. Il n’y a ni soldats, ni policiers ici. L’armée nous considère tous comme des complices du GSIM », a expliqué un villageois. Cette méfiance systématique a conduit à des violences aveugles.
Un autre témoignage glaçant concerne une femme tuée après avoir osé interpeller les soldats : « Elle s’est dirigée vers eux en les accusant de maltraiter les villageois. Ils l’ont traînée vers le lieu où les hommes étaient regroupés avant de l’abattre. »
Le chef d’État-Major des Armées maliennes a justifié l’opération du 13 octobre par une « reconnaissance offensive » ayant « neutralisé une vingtaine de terroristes » et saisi du matériel. Pourtant, aucun affrontement n’a été signalé, et les villageois confirment l’absence de combattants du GSIM lors des attaques. Cette version officielle contraste fortement avec les récits des survivants.
Depuis 2012, le Mali est plongé dans une crise sécuritaire sans précédent, opposant les forces gouvernementales à des groupes armés islamistes. Plus de 400 000 personnes ont été déplacées, et des milliers de civils ont péri dans les violences. Les exactions documentées impliquent aussi bien les militaires que les milices alliées, ainsi que les groupes djihadistes comme le GSIM.
Les attaques récentes surviennent dans un contexte de tension accrue, le GSIM ayant lancé un siège sur Bamako depuis début septembre. Ce blocus a privé la capitale de carburant, forçant les autorités à suspendre temporairement les activités scolaires et universitaires. Le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève, interdit formellement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements cruels.
Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI) en septembre 2025, le pays reste lié au Statut de Rome jusqu’en septembre 2026. Une enquête de la CPI sur les crimes de guerre présumés commis depuis 2012 est toujours en cours. Pourtant, l’Union africaine n’a pas pris de mesures concrètes pour endiguer la crise, se limitant à des déclarations d’inquiétude.
Face à l’ampleur des violences, une action urgente s’impose. Les autorités maliennes sont tenues de diligenter une enquête transparente et de traduire les responsables devant la justice. Les victimes et leurs familles méritent vérité et réparation.
La communauté internationale, en particulier l’Union africaine, doit renforcer ses efforts diplomatiques et coordonner une réponse régionale pour mettre fin à l’impunité qui règne au Mali. Sans une reddition de comptes effective, les cycles de violences risquent de se perpétuer, plongeant davantage de civils dans la souffrance.

Des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices alliées ont causé la mort d’au moins 31 civils dans deux villages de la région de Ségou, les 2 et 13 octobre. Ces attaques, marquées par des exécutions sommaires et des incendies de dwellings, surviennent dans un contexte de tensions accrues avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
Le 2 octobre, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos, principalement issus de l’ethnie bambara, ont pénétré dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, ces forces ont exécuté au moins 21 hommes et détruit une dizaine de habitations. Les rescapés rapportent que les victimes, rassemblées sans distinction, ont été abattues sans procès. Une femme a également été tuée lors d’une attaque similaire à Balle, le 13 octobre, où neuf hommes ont péri. Les deux localités se trouvent dans une zone sous influence du GSIM, lié à Al-Qaïda.
Les habitants de Kamona décrivent une scène de terreur : des soldats en tenue de camouflage et des miliciens reconnaissables à leurs amulettes traditionnelles ont fouillé le village à la recherche d’hommes. « Ceux qui n’ont pas fui ont été exécutés sur place », confie un survivant, sous couvert d’anonymat. Les corps, retrouvés criblés de balles, portaient des traces de violences extrêmes, certains ayant la tête fracassée. Les villageois évoquent également la disparition d’au moins 15 autres personnes, dont les dépouilles n’ont pu être localisées par crainte de représailles.
À Balle, les assaillants ont tué dix civils, dont une femme de 55 ans, avant de piller le bétail du village. Un témoin de 33 ans raconte avoir découvert les corps « entassés les uns contre les autres, avec des membres brisés ». La victime féminine aurait été abattue après avoir interpellé les soldats sur leur brutalité. Les miliciens dozos, selon les locaux, agissent souvent en complicité avec l’armée malienne, accusant indistinctement les populations de collaboration avec les groupes armés.
Ces événements s’inscrivent dans une escalade de la violence au Mali, où les conflits armés persistent depuis plus d’une décennie. Les gouvernements successifs ont tenté de contenir la menace des groupes jihadistes, mais les opérations de contre-insurrection ont souvent dégénéré en exactions contre les civils. Human Rights Watch a documenté à plusieurs reprises des abus commis par les forces armées et leurs alliés, ainsi que par le GSIM et d’autres factions armées.
Les autorités maliennes, interrogées par les observateurs, n’ont pas réagi publiquement aux accusations portées contre leurs troupes. Pourtant, les victimes et les défenseurs des droits humains exigent une enquête indépendante pour établir les responsabilités. « Les massacres d’octobre ne sont que la partie émergée d’une stratégie meurtrière », dénonce un militant local. « L’impunité doit cesser. »
Le GSIM, qui contrôle partiellement la région de Ségou, impose depuis des années une taxe islamique (zakat) aux populations sous son joug. Les habitants de Balle confirment vivre sous cette domination, où les djihadistes règlent les litiges en l’absence totale de forces de l’ordre. « L’armée nous traite tous comme des terroristes », explique un villageois. « Elle ne fait aucune différence entre les civils et les combattants. »
Ces tensions ont pris une nouvelle dimension avec le siège imposé par le GSIM à Bamako depuis septembre, coupant l’approvisionnement en carburant de la capitale et paralysant les institutions. La junte militaire a dû fermer temporairement les écoles et universités, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Plus de 400 000 personnes ont été déplacées depuis 2012, et les violations des droits humains se multiplient des deux côtés du conflit.
Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste soumis au Statut de Rome jusqu’en 2026. La Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis depuis 2012, mais les procédures avancent lentement. Les observateurs soulignent l’inaction de l’Union africaine (UA), dont le Conseil de paix et de sécurité s’est contenté de déclarations sans actes concrets pour endiguer la crise.
« L’UA doit faire de la situation au Mali une priorité absolue », insiste un expert en sécurité. « Sans une réponse coordonnée et une pression internationale accrue, les massacres continueront. » Les familles des victimes, elles, attendent des comptes. « Nous voulons que les responsables soient jugés », martèle un père endeuillé. « La justice ne peut plus attendre. »

Des exactions d’une gravité inouïe ont été perpétrées dans la région de Ségou, au centre du Mali. L’armée nationale, épaulée par des milices alliées, aurait tué au moins 31 civils et réduit en cendres des habitations lors d’opérations menées les 2 et 13 octobre. Ces événements surviennent dans un contexte où les tensions persistent entre les forces loyalistes et les groupes djihadistes actifs dans la zone.
Le 2 octobre, des soldats en tenue de camouflage, accompagnés de miliciens dozos reconnaissables à leurs vêtements traditionnels et leurs amulettes, ont fait irruption dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été sommairement exécutés, et une dizaine de maisons ont été incendiées. Les assaillants, accusant les habitants de complicité avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ont ciblé principalement les hommes. Des habitants ont rapporté que bon nombre de villageois avaient fui après avoir été alertés de l’arrivée des forces armées, tandis que ceux restés sur place furent rassemblés et abattus.
« Les tueries d’octobre dans la région de Ségou s’ajoutent à une longue liste d’abus attribués à l’armée malienne et à ses alliés miliciens », a souligné un observateur local. « Les autorités doivent impérativement diligenter une enquête impartiale et sanctionner les coupables dans le respect des procédures judiciaires. »
Les opérations du 13 octobre dans le village de Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Kamona, ont également laissé un bilan macabre : neuf hommes et une femme ont été tués, et plus d’une centaine de têtes de bétail ont été volées. Les assaillants, arrivés à bord de pick-ups et de motos, ont méthodiquement passé les maisons au peigne fin, frappant et humiliant les habitants avant de les exécuter. Une jeune femme de 21 ans a décrit l’horreur vécue par sa famille : sa mère, accusée d’avoir interpellé les soldats sur leurs actes, fut abattue sans sommation.
Les habitants de Balle, sous l’emprise du GSIM depuis des années, ont expliqué payer une taxe islamique annuelle et régler leurs litiges selon les règles imposées par les djihadistes. « Nous n’avons plus vu un seul représentant de l’État ici depuis des lustres », a déclaré un villageois. « Comment l’armée peut-elle nous traiter tous comme des terroristes ? »
Les attaques surviennent alors que le GSIM intensifie ses actions autour de Bamako, assiégeant la capitale et privant ses habitants de carburant. Face à cette pression, les autorités militaires ont été contraintes de suspendre les activités éducatives dans tout le pays. Depuis 2012, le Mali est plongé dans une spirale de violences, causant la mort de milliers de civils et déplaçant plus de 400 000 personnes. Les forces armées maliennes, ainsi que leurs milices et mercenaires alliés, sont régulièrement pointées du doigt pour leurs exactions, tout comme les groupes armés djihadistes.
Les enquêtes menées sur place révèlent que les soldats et miliciens dozos ont méthodiquement ciblé les hommes, laissant derrière eux un paysage de désolation. À Kamona, 17 corps furent retrouvés sous un arbre, criblés de balles, tandis que quatre autres victimes furent découvertes au nord du village. Un berger, témoin impuissant de la scène, a décrit des corps méconnaissables, certains avec des membres fracturés et des crânes défoncés. À Balle, les 10 victimes reposaient côte à côte, certaines présentant des signes de torture avant leur exécution.
Les lois internationales humanitaires, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève, interdisent formellement les attaques contre les civils, les meurtres arbitraires et les traitements inhumains. Malgré le retrait du Mali de la Cour pénale internationale en septembre 2025, le pays reste juridiquement lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête ouverte par la CPI en 2013 couvre les crimes présumés commis depuis 2012 au Mali.
Sur la scène africaine, l’Union africaine (UA) est critiquée pour son inaction face à l’escalade de la crise malienne. Malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA s’est contenté de communiqués exprimant son inquiétude, sans aucune mesure concrète pour endiguer les violences. « L’UA doit faire de la situation au Mali une priorité absolue », a exhorté un analyste. « Des réunions régulières, une diplomatie renforcée et une coordination accrue avec les partenaires internationaux sont indispensables pour faire cesser l’impunité. »

Au cœur du centre du Mali, dans la région de Ségou, des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices alliées ont entraîné la mort d’au moins 31 civils les 2 et 13 octobre. Ces exactions, qui ont aussi vu la destruction de plusieurs habitations, s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, actif dans la zone.
Le 2 octobre, des soldats en tenues de camouflage accompagnés de miliciens dozos – des chasseurs traditionnels bambaras souvent impliqués dans des opérations de contre-insurrection – ont fait irruption dans le village de Kamona. Selon les témoignages recueillis, ces forces ont sommairement exécuté au moins 21 hommes, tous âgés de 20 à 65 ans, après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM. Parallèlement, une dizaine de maisons et de hangars ont été incendiés, privant les habitants de leurs biens essentiels.
Un survivant a rapporté : « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et abattus sans procès. » Les corps de 17 victimes ont été retrouvés sous un arbre, tandis que quatre autres gisaient plus au nord. Les familles ont enterré ces hommes dans deux fosses communes, certains présentant des blessures par balle à la tête et au ventre.
Les villageois ont également évoqué la disparition d’au moins 15 autres personnes dans les environs, mais n’ont pu confirmer leur sort par crainte de représailles.
Treize jours plus tard, le 13 octobre, l’armée malienne et ses auxiliaires dozos ont de nouveau frappé, cette fois à Balle, à environ 55 kilomètres de Kamona. Des habitants ont décrit l’arrivée de cinq pick-ups militaires et d’une trentaine de motos, forçant une partie de la population à fuir. Les assaillants ont ensuite procédé à des arrestations arbitraires, frappant et molestant des civils avant de les exécuter sommairement.
Parmi les victimes figuraient une femme de 55 ans et neuf hommes âgés de 22 à 67 ans. Les agresseurs ont également emporté plus d’une centaine de têtes de bétail, privant les familles de leurs moyens de subsistance. Un témoin a témoigné : « J’ai trouvé les corps alignés, criblés de balles. Certains avaient les membres brisés. »
La fille de la femme tuée a raconté que sa mère, s’étant interposée pour dénoncer les violences, avait été abattue par les soldats malgré ses supplications.
Les habitants de Balle ont expliqué vivre sous le contrôle du GSIM depuis plusieurs années. « Nous payons la zakat, et les djihadistes règlent nos litiges. Ni l’armée ni la police ne sont présentes ici », a déclaré un villageois. « Pour les militaires, nous sommes tous des terroristes. » Cette confusion entre civils et combattants a conduit à des violences aveugles, malgré l’absence de preuve de collaboration avec les groupes armés.
Les forces armées maliennes ont justifié leur intervention par une « reconnaissance offensive » ayant « neutralisé une vingtaine de terroristes » et saisi du matériel militaire. Pourtant, aucun affrontement n’a été signalé entre les soldats et le GSIM avant ou pendant les tueries.
Depuis 2012, les conflits armés au Mali ont fait des milliers de morts parmi les civils et déplacé plus de 400 000 personnes. Les forces armées maliennes, leurs milices alliés et les groupes djihadistes comme le GSIM sont régulièrement pointés du doigt pour des exactions graves. Ces massacres surviennent dans un contexte de pression accrue du GSIM sur Bamako, où un siège a entraîné une pénurie de carburant et la fermeture temporaire des écoles et universités début septembre.
Toutes les parties au conflit sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève, qui interdit les attaques contre les civils et les traitements cruels. Pourtant, les enquêtes sur ces crimes restent rares, et les responsables peinent à rendre des comptes.
Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste sous le coup d’une enquête ouverte en 2013 pour crimes de guerre présumés. L’Union africaine (UA), dont le mandat inclut la promotion de la paix et de la sécurité, a jusqu’ici limité ses réactions à des déclarations sans actions concrètes, malgré l’aggravation de la crise.
« La communauté internationale doit exiger des comptes pour ces atrocités », ont souligné des observateurs. « L’impunité ne fait qu’alimenter la spirale de la violence. »

Dans la région troublée du centre du Mali, l’armée malienne et des milices alliées, dont les dozos, sont accusées d’avoir perpétré des exactions d’une extrême violence contre des civils. Selon des sources locales, au moins 31 personnes, principalement des hommes, ont été tuées lors de deux attaques distinctes les 2 et 13 octobre dans les villages de Kamona et Balle, situés dans une zone sous influence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
Le 2 octobre, vers 10 heures, des soldats à bord de véhicules blindés et des miliciens dozos à moto ont envahi le village de Kamona. Les assaillants, repérables à leurs tenues militaires pour les uns et à leurs vêtements traditionnels parés d’amulettes pour les autres, ont systématiquement traqué les hommes du village. « Ceux qui n’ont pas fui ont été rassemblés et exécutés sommairement », témoigne un survivant. Au moins 21 hommes ont perdu la vie, et 10 maisons ont été réduites en cendres. Les villageois ont retrouvé 17 corps sous un arbre et quatre autres au nord du village, tous criblés de balles.
Un berger de 40 ans, caché avec sa fille de 9 ans, a découvert l’horreur après le départ des assaillants : « Les gens étaient criblés de balles, certains avaient la tête fracassée. Des douilles jonchaient le sol. » Les corps ont été enterrés dans deux fosses communes. Les villageois soupçonnent que 15 autres hommes ont également été tués dans la brousse, mais n’ont pas osé vérifier par crainte de représailles.
Le 13 octobre, vers 13 heures, une nouvelle opération a visé le village de Balle, à 55 kilomètres de Kamona. Cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos transportant des dozos ont encerclé le village. « Je n’ai pas fui tout de suite, mais quand j’ai vu les soldats frapper les hommes à coups de pied et de poing, j’ai pris la fuite », raconte un jeune homme de 24 ans. Depuis sa cachette, il a entendu des rafales de tirs.
Les assaillants ont abattu 10 civils, dont une femme de 55 ans, et volé plus d’une centaine de têtes de bétail. Un habitant de 33 ans a découvert les corps alignés au centre du village : « Ils étaient criblés de balles, certains avaient des membres brisés. » La fille de la victime féminine a décrit les derniers instants de sa mère, qui avait interpellé les soldats avant d’être abattue à son tour.
Ces exactions surviennent dans un contexte de conflit prolongé entre les forces armées maliennes et les groupes armés islamistes, dont le GSIM. Depuis 2012, la guerre a fait des milliers de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les villageois de Balle, sous contrôle du GSIM depuis des années, subissent les conséquences de cette confusion entre civils et combattants. « Nous payons la zakat chaque année et réglons nos litiges avec les djihadistes. L’armée ne fait pas la différence entre eux et nous. »
Les autorités maliennes, par la voix du chef d’État-Major, ont justifié l’opération du 13 octobre comme une « reconnaissance offensive » ayant permis de « neutraliser une vingtaine de terroristes » et de saisir du matériel. Pourtant, les témoins démentent toute présence de combattants du GSIM lors des attaques.
Les droits fondamentaux sont gravement bafoués dans cette région du Mali. Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements inhumains. Pourtant, ces crimes semblent se multiplier sans que leurs auteurs ne soient inquiétés. Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale en 2025, le pays reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026, permettant à la Cour d’enquêter sur les crimes commis depuis 2012.
Les organisations de défense des droits humains, dont des observateurs sur place, exigent une enquête indépendante et transparente. « Les autorités maliennes doivent traduire les responsables en justice et garantir des procès équitables », a souligné un chercheur spécialisé sur le Sahel. De son côté, l’Union africaine est invitée à jouer un rôle plus actif dans la résolution du conflit et la protection des populations civiles.
La situation au centre du Mali reste explosive, et les civils paient le prix d’un conflit qui s’éternise. Sans une réponse forte de la communauté internationale et une volonté politique locale de rétablir l’ordre et la justice, l’impunité pourrait continuer à nourrir la spirale de violence.

Les Forces armées maliennes (FAMA) et des milices alliées, dont les dozos, ont perpétré des actes d’une violence extrême envers des populations civiles dans la région de Ségou. Entre le 2 et le 13 octobre, au moins 31 villageois ont été tués, et des habitations ont été réduites en cendres. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions persistantes avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.
Le 2 octobre, dans le village de Kamona, des soldats malien et des miliciens dozos ont ciblé des hommes en les accusant de complicité avec le GSIM. Vingt-et-un villageois, tous des adultes de sexe masculin âgés de 20 à 65 ans, ont été exécutés sommairement. Dix maisons et trois hangars ont été incendiés. Les villageois ont découvert 17 corps sous un arbre et quatre autres plus au nord, certains présentant des blessures par balles à la tête et au ventre. Les témoignages recueillis évoquent des scènes de terreur : « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et abattus », a confié un survivant.
Le 13 octobre, c’est dans le village de Balle, situé à 55 kilomètres de Kamona, que le drame s’est répété. Neuf hommes et une femme ont été tués par les mêmes groupes armés. Des habitants ont rapporté avoir vu les assaillants, reconnaissables à leurs tenues et aux amulettes portées par les dozos, fouiller les maisons et exécuter des civils. Un villageois de 24 ans a témoigné : « J’ai entendu des coups de feu depuis ma cachette. Quand j’ai osé sortir, j’ai trouvé dix corps gisant au sol, criblés de balles. » Les assaillants ont également emporté plus de cent têtes de bétail.
Les accusations portées contre les victimes ne reposent sur aucune preuve tangible. Un habitant de Balle a révélé : « Nous payons la zakat au GSIM chaque année pour régler les conflits locaux. L’armée ne fait aucune différence entre eux et nous. Elle nous traite tous comme des terroristes. » Depuis des années, cette zone est sous l’emprise du GSIM, qui y impose ses règles sans présence militaire ou policière.
Les autorités maliennes ont réagi par un communiqué officiel, revendiquant une opération de « reconnaissance offensive » ayant « neutralisé une vingtaine de terroristes ». Pourtant, les villageois et les témoins démentent catégoriquement ces allégations. Aucun affrontement n’a été signalé avant les exactions. Les soldats et les miliciens ont agi en toute impunité, laissant derrière eux un bilan humain accablant.
Ces massacres s’inscrivent dans une série d’abus documentés depuis 2012, année où le conflit armé a éclaté au Mali. Les violences ont déjà causé la mort de milliers de civils et déplacé plus de 400 000 personnes. Les Forces armées maliennes, ainsi que leurs alliés locaux, sont régulièrement pointées du doigt pour leur implication dans des crimes de guerre. Parallèlement, le GSIM et d’autres groupes armés islamistes multiplient les attaques, notamment dans la région de Ségou.
Le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève, interdit formellement les attaques contre les civils et les exécutions sommaires. Les responsables de ces violations pourraient être poursuivis pour crimes de guerre. Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI), le pays reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête de la CPI sur les crimes commis depuis 2012 est en cours.
Face à l’aggravation de la crise sécuritaire, l’Union africaine (UA) a été critiquée pour son inaction. Malgré son mandat de promotion de la paix, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA s’est contenté de déclarations symboliques. Les observateurs appellent à une mobilisation urgente pour faire cesser ces violences et garantir une reddition de comptes.