Opération coup de poing à ouagadougou : la DGSV s’attaque aux réseaux de volailles illégales

La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) a lancé une offensive d’envergure contre la commercialisation de volailles issues de circuits illégaux ce lundi 29 décembre 2025 dans la capitale burkinabè, Ouagadougou. Pas moins de onze équipes, bénéficiant du soutien de la Gendarmerie nationale, ont été déployées pour inspecter rigoureusement les points de vente et ainsi garantir la sécurité sanitaire des consommateurs.

À l’approche des célébrations de fin d’année, les instances gouvernementales burkinabè intensifient leur vigilance sur l’ensemble des marchés. L’objectif principal est de débusquer et d’intercepter les produits aviaires importés frauduleusement, qui ne respectent aucune des normes sanitaires en vigueur.

Les agents de la DGSV, accompagnés de la Gendarmerie nationale, inspectant un point de vente de volailles à Ouagadougou

Le Dr Timothée Bationo, en sa qualité de Chef de service de l’inspection et de la santé publique vétérinaire au sein de la DGSV, a tenu à souligner que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une réglementation stricte et bien établie.

« Depuis les années 2015-2017, une série de textes législatifs prohibe formellement l’importation de poulets ou de tout produit aviaire en provenance de pays affectés par des épidémies », a-t-il précisé. Il a ajouté que cette interdiction vise primordialement à contrer l’introduction de la grippe aviaire, une pathologie qui a malheureusement déjà touché le Burkina Faso à plusieurs reprises.

Saisie de produits aviaires importés sans certificat sanitaire

D’après ses explications, l’absence de certificat vétérinaire accompagnant ces produits représente une menace sanitaire majeure. Sans ce document essentiel, il est impossible de garantir que la viande est propre à la consommation humaine. « Si des produits aviaires ont réussi à pénétrer le territoire burkinabè, c’est forcément en toute illégalité, car ils sont dépourvus des documents obligatoires », a réaffirmé avec force le Dr Bationo.

Le contrôle s’avère d’autant plus ardu que les importateurs illégaux recourent à des méthodes de dissimulation sophistiquées. Il est fréquent que des cartons de poulets soient soigneusement cachés au fond de camions transportant officiellement du poisson, rendant la tâche des inspecteurs particulièrement délicate lors des opérations de déchargement.

Le Dr Timothée Bationo, Chef de service à la DGSV, expliquant les risques liés à l’importation illégale de poulets

Au-delà de l’impératif sanitaire, cette opération vise également à soutenir l’économie nationale. Le marché burkinabè est fréquemment submergé par ces produits frauduleux, ce qui instaure une concurrence déloyale préjudiciable aux éleveurs locaux. « Nous avons activement encouragé la production nationale afin que nos consommateurs puissent bénéficier de produits locaux de qualité. En régulant le marché, l’État offre aux producteurs du pays de meilleures perspectives pour écouler leurs volailles », a souligné le responsable de la DGSV.

Les équipes de contrôle saisissent les produits importés sans autorisation ni document sanitaire

Les autorités lancent un appel à la responsabilité de tous les commerçants. Tout produit saisi sans les certificats sanitaires requis sera systématiquement confisqué et détruit. Les contrevenants s’exposent par ailleurs à des poursuites judiciaires, assorties d’amendes substantielles et de peines d’emprisonnement.

La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) assure que cette intensification de la surveillance se maintiendra pendant toute la période des fêtes, garantissant ainsi que chaque citoyen puisse acheter et consommer des produits de qualité en toute confiance.

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Akim KY

Burkina 24

Diphtérie au Mali : une flambée inquiétante dans un contexte humanitaire critique

diphtérie au Mali : une flambée inquiétante dans un contexte humanitaire critique

La diphtérie, une infection évitable, connaît une progression alarmante au Mali depuis plusieurs mois. Cette situation sanitaire préoccupante s’inscrit dans un paysage marqué par une crise humanitaire durable, des systèmes de santé fragilisés et des accès humanitaires de plus en plus restreints. Les autorités sanitaires et les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme face à une épidémie qui menace particulièrement les populations les plus vulnérables.

une épidémie aux conséquences dévastatrices

Selon les dernières données disponibles, plus de 530 cas et 30 décès ont été officiellement recensés début décembre. Cependant, les experts estiment que ces chiffres pourraient sous-estimer largement l’ampleur réelle de l’épidémie, en raison d’un phénomène de sous-déclaration particulièrement marqué dans les zones les plus touchées.

Les régions du Mali les plus affectées sont celles de Mopti et Ségou dans le centre du pays, ainsi que Tombouctou dans le nord-ouest. Ces territoires, déjà gravement exposés à l’insécurité, aux restrictions de circulation et à l’effondrement des services publics, concentrent les taux de mortalité les plus élevés. La propagation de la maladie y est exacerbée par des pénuries chroniques de vaccins et des difficultés d’accès aux soins médicaux, aggravées par les déplacements massifs de populations et l’instabilité politique persistante.

une réponse sanitaire urgente mais entravée

Face à l’urgence sanitaire, le responsable des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a débloqué une enveloppe d’un million de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF). Ce financement vise à soutenir une réponse immédiate coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les fonds permettront notamment de déployer des équipes médicales d’urgence, d’approvisionner en antibiotiques et antitoxines, de renforcer les mesures de prévention et de prise en charge des patients, ainsi que de sensibiliser les communautés locales.

Malgré cette mobilisation, les acteurs humanitaires se heurtent à des obstacles majeurs. L’accès aux zones affectées devient de plus en plus difficile en raison de pénuries de carburant, de restrictions de mouvement et d’un climat d’insécurité croissant. Ces contraintes ralentissent considérablement les interventions sur le terrain, limitant l’action des cliniques mobiles, fragilisant les chaînes d’approvisionnement et laissant de larges pans de la population sans accès aux soins essentiels.

La flambée de diphtérie révèle ainsi les profondes vulnérabilités du système de santé malien. Dans un pays où plus d’un quart de la population dépend de l’aide humanitaire, cette crise sanitaire illustre l’urgence de renforcer les infrastructures médicales et de rétablir un accès équitable aux services de base pour les populations les plus isolées.

une situation humanitaire alarmante

Cette épidémie s’inscrit dans un contexte humanitaire déjà critique au Mali. L’effondrement partiel des services publics, les déplacements forcés de populations et les contraintes logistiques entravent gravement la distribution de l’aide humanitaire. Les populations des régions centrales et septentrionales du pays restent particulièrement exposées, avec un accès limité aux soins, à l’eau potable et à une alimentation suffisante.

Les autorités sanitaires et les partenaires internationaux appellent à une mobilisation accrue pour endiguer la propagation de la diphtérie et améliorer la résilience des populations face aux crises sanitaires et humanitaires. La coordination entre les acteurs locaux et internationaux, ainsi que le renforcement des capacités locales, apparaissent comme des priorités absolues pour faire face à cette situation d’urgence.

Réforme de la santé au Burkina Faso : des soins accessibles pour tous

la santé au Burkina Faso : une révolution tarifaire pour briser les barrières financières

Pendant des années, les Burkinabè ont dû choisir entre leur santé et leur portefeuille. Les coûts exorbitants des examens médicaux et des soins spécialisés, ainsi que les cautions imposées pour certains traitements, transformaient l’accès aux soins en privilège inaccessible pour des milliers de familles. Depuis le 13 mars 2024, une réforme audacieuse vise à corriger cette injustice, en réduisant drastiquement les tarifs et en supprimant les cautions pour la dialyse dans les hôpitaux publics.

des tarifs médicaux revus à la baisse : un soulagement pour les patients

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le scanner, autrefois facturé à 50 000 FCFA, est désormais proposé à 25 000 FCFA. Le coût d’une IRM a chuté de 100 000 à 40 000 FCFA, rendant ces examens d’imagerie bien plus accessibles. Quant à la dialyse, la caution de 500 000 FCFA, qui condamnait de nombreux patients à renoncer à ce traitement vital, a été purement et simplement supprimée.

Le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, ministre de la Santé, a salué cette avancée lors du Conseil des ministres du 13 mars 2024. « Ces mesures visent à lever les obstacles financiers qui empêchaient des milliers de Burkinabè d’accéder à des soins de qualité », a-t-il déclaré. Une promesse concrétisée sur le terrain, où les patients commencent à ressentir les effets bénéfiques de cette réforme.

des témoignages qui illustrent le changement

Au Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, la baisse des tarifs n’est plus une théorie, mais une réalité quotidienne. Dame Ouédraogo, venue passer une IRM pelvienne, témoigne : « Le coût est devenu très abordable. J’ai payé 40 000 FCFA, produits compris, alors que dans d’autres structures, le même examen peut coûter jusqu’à 150 000 FCFA, voire plus. » Une économie de plus de 100 000 FCFA qui lui permet de mieux gérer ses finances et de maintenir ses engagements sociaux.

Madi Diallo, dont la sœur est décédée faute d’avoir pu payer la caution pour une dialyse, partage son soulagement : « Cette mesure arrive trop tard pour ma sœur, mais elle permettra à d’autres familles d’éviter ce drame. »

une réforme qui dépasse le cadre financier

Les effets de cette réforme ne se limitent pas à l’allègement des coûts. Au Centre hospitalier régional de Ziniaré, par exemple, les évacuations vers Ouagadougou ont fortement diminué. Les examens d’imagerie, désormais réalisables localement, améliorent l’efficacité de la chaîne de soins et réduisent les délais de diagnostic.

Mady Zorné, directeur général du CHR de Ziniaré, confirme : « Depuis la mise en œuvre de la mesure, les praticiens disposent enfin des outils nécessaires pour poser des diagnostics précis. Cela change la donne pour nos patients. »

les défis persistants : quand l’offre de soins peine à suivre

Malgré ces avancées, des obstacles subsistent. Au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, la salle de dialyse, qui accueille près de 100 patients par jour avec seulement 34 machines, reste saturée. « Un décès équivaut à une place libre pour un patient en attente », confie Tuina Nsoma Hélène, majore du service. Depuis la suppression de la caution, 16 nouveaux patients ont pu intégrer le centre, mais la liste d’attente demeure longue.

Le nombre insuffisant de machines et l’insuffisance de personnel qualifié freinent l’expansion des soins. La Dr Hamidou Sawadogo, néphrologue au Centre hospitalier universitaire Sourou Sanou de Bobo-Dioulasso, souligne : « La majorité des patients étaient déjà suivis avant la réforme. Depuis l’entrée en vigueur de la gratuité, nous n’avons intégré que 17 nouveaux hémodialysés. »

Les frais d’examens complémentaires continuent également de peser sur les budgets des patients chroniques. La majore Tuina Nsoma Hélène plaide pour une prise en charge plus globale : « Chaque fin de mois, les patients doivent faire des choix cruciaux. Nous espérons que l’État ira plus loin en réduisant ces charges annexes. »

vers une santé plus accessible et plus juste

Au-delà des chiffres, cette réforme porte une promesse : celle d’une santé moins inégalitaire. Dame Sanou, atteinte d’insuffisance rénale depuis 2018, a enfin pu commencer sa dialyse après avoir surmonté l’obstacle de la caution. « Cette mesure rend enfin justice à notre dignité », confie-t-elle.

Youl Sié, également dialysé, rêve d’une décentralisation accrue des centres de dialyse : « Nous souhaitons que les centres se multiplient pour que chaque patient puisse se soigner près de chez lui. Cela soulagerait les familles et renforcerait la cohésion sociale. »

un premier pas vers une nation plus saine

Le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, fait ainsi un pas de géant vers une santé plus accessible. Si la réforme ne résout pas tous les problèmes, elle marque un tournant décisif. Les machines manquent, les listes d’attente s’allongent, mais pour ceux qui franchissent aujourd’hui les portes des hôpitaux publics, le soulagement est palpable : soigner ne sera plus jamais un luxe.

Cette avancée s’inscrit dans une dynamique plus large, avec l’inauguration récente du Centre hospitalier universitaire de Pala et son Centre de radiothérapie, ainsi que l’annonce de 9 autres CHU de haut standing. Une preuve que la santé, enfin, n’a plus à être un privilège.

en résumé

  • Baisse significative des tarifs des examens médicaux (scanner, IRM, dialyse).
  • Suppression de la caution de 500 000 FCFA pour la dialyse.
  • Amélioration de l’accès aux soins dans les structures publiques.
  • Réduction des évacuations vers les grands centres urbains.
  • Défis persistants : manque de machines, listes d’attente, frais annexes.

Le Mali face à l’escalade de la diphtérie : une épidémie révélatrice d’une crise humanitaire profonde

Depuis la mi-septembre, le Mali est le théâtre d’une recrudescence alarmante de la diphtérie, une maladie pourtant entièrement évitable par la vaccination. Cette propagation rapide s’inscrit dans un contexte de fragilisation du système de santé, de pénuries persistantes et d’un accès humanitaire de plus en plus difficile sur le territoire.

Au début du mois de décembre, les données officielles faisaient état de plus de 530 cas et d’une trentaine de décès. Toutefois, les Nations Unies alertent sur une sous-déclaration significative, suggérant que l’ampleur réelle de l’épidémie est bien plus importante.

Les régions de Mopti et Ségou, au centre du pays, ainsi que celle de Tombouctou, au nord-ouest, enregistrent les taux de mortalité les plus élevés. Ces zones sont déjà fortement impactées par l’insécurité, les restrictions de déplacement et la dégradation des services publics essentiels. La maladie y progresse d’autant plus rapidement en raison du manque de vaccins, d’un accès limité aux soins, des déplacements massifs de populations et d’une instabilité chronique.

Un million de dollars pour une intervention d’urgence

Face à cette situation critique, Tom Fletcher, le chef des opérations d’urgence de l’ONU, a mobilisé un million de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF). Cette enveloppe vise à financer une réponse sanitaire immédiate, permettant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de déployer des équipes médicales d’urgence. L’objectif est de fournir des antibiotiques et des antitoxines, d’intensifier la prévention des infections, d’assurer une meilleure prise en charge des patients, de renforcer le traçage des contacts et de sensibiliser activement les communautés.

Néanmoins, cette mobilisation sanitaire se heurte à des obstacles majeurs : l’acheminement de l’aide humanitaire au Mali est de plus en plus compromis. Dans de vastes étendues des régions centrales et septentrionales, les pénuries de carburant, les entraves à la circulation et l’insécurité ont considérablement freiné les interventions sur le terrain ces dernières semaines. La portée des unités médicales mobiles est réduite, les filières logistiques sont vulnérables et les communautés les plus reculées demeurent privées d’accès aux services médicaux.

Cette flambée de diphtérie est ainsi un symptôme d’une crise humanitaire plus vaste. Dans un pays où plus d’un quart de la population a désespérément besoin d’assistance, la maladie met en lumière la fragilité des institutions étatiques et la vulnérabilité accrue des populations.

Bénin : la résilience de Patrice Talon face à une tentative de putsch

Patrice Talon lors du Conseil extraordinaire des ministres à Cotonou, le 8 décembre 2025.

À Cotonou, capitale économique du Bénin, le samedi 13 décembre, plusieurs centaines de personnes, majoritairement des jeunes, se sont rassemblées pour exprimer leur désapprobation face à une tentative de coup d’État survenue six jours plus tôt. Le 7 décembre au matin, des mutins avaient en effet prétendu, via les médias télévisuels, avoir renversé le président en exercice, Patrice Talon. Cependant, cette manœuvre s’est avérée infructueuse, le putsch ayant été efficacement contrecarré par l’armée au cours de la même journée, grâce à une intervention rapide et décisive.

Mali : alliance des juntes du Burkina et du Niger pour une force militaire conjointe

Une alliance militaire en gestation contre les groupes jihadistes

Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunies au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont entamé des discussions stratégiques à Bamako pour concrétiser une force armée commune. Cette initiative vise à contrer l’expansion des groupes armés affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique, qui menacent la stabilité de la région depuis plus de dix ans.

Une force multinationale encore en phase de lancement

Lors de ce sommet, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne, et le président malien Assimi Goïta, ont échangé sur les modalités de déploiement de cette force. Le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant la junte burkinabé, a rejoint les discussions le lendemain. Bien qu’un étendard ait été officiellement remis à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES), symbolisant son activation, aucune date précise n’a été annoncée pour son entrée en opération effective.

Un responsable du ministère malien de la Défense a souligné l’engagement des trois pays : « Chaque État a mobilisé des troupes et du matériel. Nous combattrons ensemble sur le terrain ». Cette coopération marque une volonté de renforcer la souveraineté régionale, loin des partenariats traditionnels avec l’Occident.

Des défis sécuritaires persistants

Les trois pays de l’AES subissent depuis des années des attaques répétées de groupes jihadistes. Récemment, ces derniers ont intensifié leurs actions dans le sud du Mali, perturbant gravement l’économie locale. Au Burkina Faso et au Niger, les violences poussent des milliers de civils à l’exil, aggravant une crise humanitaire déjà critique.

D’autres avancées économiques et médiatiques

En marge des discussions militaires, les dirigeants ont également lancé les bases d’une banque d’investissement commune, dont le siège sera établi à Bamako. Par ailleurs, une nouvelle chaîne de télévision dédiée à l’AES, « Télévision AES », a été inaugurée, bien que sa date de diffusion n’ait pas été précisée.

Cette alliance, qui s’éloigne de l’ancienne puissance coloniale française et de la CEDEAO, se tourne vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie, pour soutenir ses ambitions économiques et sécuritaires.

Force unifiée de l’AES : les clés pour réussir sa mission au Sahel

Comment la force unifiée de l’AES pourrait-elle concrétiser ses ambitions ?

Le général Assimi Goita, président de la transition au Mali, en tenue militaire et béret vert, passe en revue les troupes lors d'une cérémonie officielle.

Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent à Bamako pour la deuxième session du collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette rencontre de deux jours, prévue les 22 et 23 décembre 2025, vise à évaluer les progrès réalisés depuis le sommet fondateur de Niamey en juillet 2024. Plusieurs enjeux cruciaux seront abordés : la sécurisation de la région, la diplomatie, le développement et la désignation d’un nouveau président de la confédération.

Selon le gouvernement malien, l’objectif principal reste la mise en œuvre de la feuille de route adoptée pour la première année de l’AES. Cette feuille de route a déjà permis de structurer les instances confédérales et de renforcer la coordination entre les trois États membres. D’autres avancées notables ont été enregistrées au cours de cette première année, notamment en matière de sécurité et de coopération régionale.

À la veille de ce sommet, le général Assimi Goïta, président de la Transition au Mali et actuel président de l’AES, a présidé la cérémonie officielle de lancement de la Force unifiée de l’AES (FU-AES), un événement symbolique fort pour cette alliance stratégique.

Qu’est-ce que la Force unifiée de l’AES ?

Un véhicule militaire jaune portant l'inscription 'FU-AES' sur une affiche.

Face à l’insécurité croissante et aux défis posés par les groupes armés dans la région du Sahel, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé de mutualiser leurs efforts militaires. Les attaques transfrontalières, les mouvements des groupes djihadistes et l’instabilité chronique des zones frontalières ont rendu urgente une réponse coordonnée et renforcée.

La création de la Force unifiée de l’AES s’inscrit dans cette logique. Composée de 5 000 soldats issus des trois pays, cette force multinationale est placée sous le commandement du général Daouda Traoré du Burkina Faso. Son objectif ? Lutter contre l’insécurité et les groupes armés dans l’espace confédéral.

Pour le général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, cette force représente l’aboutissement d’une stratégie fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité et de dignité. « La paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas », a-t-il affirmé, soulignant que la mise en place de cette force marque un engagement irréversible des trois États.

Comment la force unifiée pourrait-elle atteindre ses objectifs ?

Des soldats de la Force unifiée de l'AES en opération avec des engins militaires.

Pour garantir l’efficacité de la Force unifiée, plusieurs leviers doivent être actionnés. Selon Fiacre Vidjenagninou, chercheur principal au Behanzin Institute (Cotonou) et associé senior à l’Egmont Institute (Bruxelles), la crédibilité de cette force dépendra de sa capacité à obtenir des résultats concrets sur le terrain et à soulager les populations locales.

L’expert souligne que la réussite passe par plusieurs étapes clés :

  • Concentration des efforts : cibler les zones où les groupes armés sont les plus structurés et actifs.
  • Mécanisme renseignement-action : collecter, fusionner et exploiter rapidement les informations pour frapper efficacement les cibles.
  • Tenue du terrain : maintenir une présence durable pour sécuriser les axes, les marchés et les villages, et ainsi rassurer les populations.
  • Coordination et mutualisation : optimiser le partage des renseignements, le ravitaillement, l’évacuation des blessés et la logistique entre les trois armées.

Le chercheur insiste sur un point crucial : une force militaire peut remporter des batailles, mais sans une gouvernance minimale, elle ne peut garantir une stabilisation durable. La justice locale, la résolution des conflits fonciers ou communautaires, et la protection des civils contre les exactions sont des éléments essentiels pour briser le cycle de la violence.

« Une stratégie qui se limite à frapper et repartir n’est plus viable », explique-t-il. « Les groupes armés reviennent toujours, et il est impératif de contrôler durablement les territoires pour éviter leur résurgence. »

S’ouvrir pour être efficace ?

Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger lors du sommet de la Confédération des États du Sahel à Niamey, le 6 juillet 2024.

Fiacre Vidjenagninou reste prudent quant à une éventuelle extension de la Force unifiée à d’autres pays. Selon lui, une intégration progressive serait plus judicieuse :

  • D’abord faire ses preuves à trois pour démontrer l’efficacité de la coopération.
  • Ensuite, élargir la coopération opérationnelle avec les pays voisins, en ciblant des couloirs spécifiques et en renforçant les accords de poursuite transfrontalière.
  • Enfin, envisager une intégration formelle une fois la confiance établie et les résultats tangibles obtenus.

L’expert met en garde contre les risques de dilution des efforts et de complexité accrue si la force s’ouvre trop rapidement. « Plus on élargit, plus les intérêts divergents et les doctrines militaires différentes peuvent nuire à la cohésion et à l’efficacité », précise-t-il.

Pour lui, la Force unifiée de l’AES représente un tournant politique majeur, mais sa réussite dépendra de la capacité des trois pays à commander ensemble, à tenir le terrain et à produire des résultats durables pour les populations sahéliennes.

Lors du sommet de Bamako, les chefs d’État de l’AES doivent également échanger avec le commandement de la Force unifiée. Parmi les autres sujets à l’ordre du jour : la création officielle de la Télévision de l’AES (siège à Bamako) et de la radio Daandè Liptako (siège à Ouagadougou), ainsi que le lancement de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.

Cette force unifiée s’inscrit dans un contexte régional marqué par les coups d’État au Mali (2020), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Le retrait de ces trois pays de la CEDEAO et la création de l’AES en septembre 2023 ont redéfini les alliances en Afrique de l’Ouest, avec une approche plus souveraine et moins dépendante des institutions régionales traditionnelles.

Maroc en can 2025 : l’exigence d’une victoire historique à domicile

Le Maroc en CAN 2025 : une équipe déterminée à briser la malédiction du titre

À l’aube de la Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée sur son sol pour la première fois depuis 1988, la sélection marocaine affronte une pression sans précédent. Les Lions de l’Atlas, en quête d’un premier sacre continental depuis 1976, ne toléreront aucun échec. Ibrahim, jeune supporter de 20 ans exilé à Ottawa pour ses études, incarne cette ferveur nationale. Il rêve de vivre en direct, dans les rues de Casablanca, une victoire qui marquerait l’histoire du football africain.

Une génération dorée sous les projecteurs de la CAN

Le parcours des Lions de l’Atlas en Coupe du monde 2022 au Qatar, marqué par une épopée jusqu’en demi-finales, a renforcé les attentes. Malgré une élimination surprise en huitièmes de finale lors de la dernière CAN, l’équipe a su rebondir. Ibrahim, passionné et exigeant, ne conçoit pas une autre issue que la victoire : « Une sortie prématurée serait un drame après tant de sacrifices. Nous méritons ce titre, et nous l’obtiendrons. »

La blessure d’Hakimi : un coup dur, mais pas une fatalité

Le coup porté à Achraf Hakimi, capitaine emblématique, lors d’un match du Paris Saint-Germain, a semé l’inquiétude. Une entorse sévère de la cheville gauche pourrait l’écarter des terrains pendant deux mois. Pourtant, Ibrahim reste confiant : « La sélection est plus forte que jamais. Hakimi est irremplaçable, mais l’effectif regorge de talents, jeunes et expérimentés, capables de prendre la relève. »

Le Maroc en effervescence : une nation unie derrière ses Lions

L’organisation de la CAN 2025 sur le sol marocain suscite un engouement exceptionnel. En moins de 24 heures, près de 140 000 billets ont été vendus, malgré les défaillances techniques de la plateforme de réservation. Ibrahim, de retour dans son pays natal, sera parmi les spectateurs privilégiés. Il assistera notamment au choc entre le Sénégal et la République démocratique du Congo, le 27 décembre à Tanger.

« C’est une chance inouïe de vivre cette compétition sur place, confie-t-il. La dernière fois que le Maroc a accueilli la CAN, c’était en 1988. Nous avons trop attendu pour célébrer enfin ce titre. » L’ouverture du tournoi, prévue le 21 décembre à Rabat, s’annonce comme un événement historique pour le peuple africain.

L’espoir d’un football marocain conquérant

Avec des joueurs comme Zakaria El Ouahdi, latéral prometteur du Genk, ou encore Yahya Jabrane, milieu de terrain influent, la sélection marocaine mise sur un jeu offensif et technique. Ibrahim résume l’état d’esprit général : « Nous voulons gagner, mais surtout avec style. Le football marocain a prouvé sa valeur. Il est temps de l’officialiser. »

Alors que le coup d’envoi approche, le Maroc se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire footballistique. Une page où la victoire ne serait pas seulement un objectif, mais une nécessité.

Mali 2025 : la jeunesse et la justice au cœur de la lutte anti-corruption

Mali la semaine anti corruption 2025 placee sous le signe de la jeunesse et de la rigueur judiciaire

La Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, édition 2025, a démarré officiellement le 9 décembre à Bamako. L’inauguration a été assurée par Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Cette manifestation annuelle, conçue pour éclairer le public sur les initiatives anti-corruption, a maintenu le thème de l’année précédente : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ».

Lors de son allocution, le ministre Kassogué a insisté sur la nécessité impérieuse d’une mobilisation collective face aux répercussions « incommensurables » de ce fléau. Il a rappelé les propos de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, décrivant la corruption comme un « mal insidieux » qui compromet la démocratie, érode l’État de droit et favorise l’expansion de la criminalité organisée ainsi que du terrorisme.

Une priorité politique forte pour la transition au Mali

La tenue de cette Journée internationale, proclamée par l’ONU le 9 décembre, témoigne de la détermination politique des plus hautes autorités de la Transition. Le Général d’armée Assimi Goïta, en particulier, affiche une volonté « implacable et irréversible » de combattre ce fléau national.

Cette semaine spéciale s’intègre dans une démarche de refondation étatique au Mali, appelant à une transformation profonde des méthodes de gestion publique et à l’avènement d’une citoyenneté imprégnée de valeurs d’intégrité et de patriotisme.

La jeunesse malienne : fer de lance du changement

Le thème de l’événement souligne le rôle crucial de la jeunesse malienne, investie d’un devoir générationnel. Elle est appelée à être le « fer de lance » pour surmonter les obstacles et impulser le processus de transformation. Le ministre Kassogué a salué l’engagement « remarquable » des organisations de jeunesse en faveur de cette cause essentielle.

Renforcement de la réponse judiciaire : PNEF et ARGASC

Le Ministère de la Justice confirme son engagement résolu à instaurer des réformes judiciaires visant à accroître l’efficacité de la lutte anti-corruption et contre la délinquance économique et financière :

  • Le Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Il a pour mission de poursuivre les auteurs de délits financiers en mobilisant des méthodes et des outils contemporains.

  • L’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Elle se concentre sur la récupération des fonds et des actifs d’une valeur considérable, soustraits illégalement au patrimoine de l’État.

Un levier de dissuasion majeur : « La synergie entre le PNEF et l’ARGASC est essentielle pour intensifier l’effet dissuasif face à la corruption et à la délinquance économique et financière, garantissant que les bénéfices du crime ne profitent plus à leurs auteurs. »

Les avancées du nouveau code pénal malien

Plusieurs nouvelles dispositions sont prévues pour consolider l’action judiciaire, incluant :

  • L’imprescriptibilité des infractions à caractère criminel concernant la délinquance économique et financière touchant aux biens publics.

  • La suppression des privilèges et immunités dont bénéficiaient les parlementaires.

  • Un renforcement significatif de la protection des dénonciateurs, témoins, experts et victimes.

Des outils de modernisation au service de la justice

Par ailleurs, de nouveaux instruments sont progressivement mis en place pour optimiser cette lutte anti-corruption :

  • La ligne verte gratuite « Binkani Kunafoni » (3611), un service dédié aux citoyens pour signaler les actes de corruption.

  • La mise en service imminente de la plateforme informatique de la justice, suite à une phase de test concluante, visant à dématérialiser les dossiers judiciaires et à combattre les pratiques corruptives.

Coordination inter-institutionnelle pour une action renforcée

Le ministre a insisté sur l’impératif d’une collaboration et d’une coopération accrues entre les diverses entités étatiques dont les missions sont complémentaires, notamment :

  • L’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).

  • Le Bureau du Vérificateur général (BVG).

  • La Cour des comptes, née de l’ancienne Section des comptes de la Cour suprême après l’adoption de la Constitution de 2023.

Il a réitéré l’engagement à concrétiser, « dans les meilleurs délais », le projet de création d’un cadre de concertation et de coordination pour l’ensemble de ces institutions.

Au Burkina Faso, la vaccination contre la polio assure un avenir sain aux enfants

Fada N’Gourma – La poliomyélite, une maladie redoutable, peut être totalement prévenue par la vaccination. Au Burkina Faso, de nombreuses mères ont pris conscience de cet enjeu crucial et s’investissent au quotidien pour garantir à leurs enfants une protection efficace contre les maladies évitables.

Nadège Thiombiano, une habitante de Fada N’Gourma relevant du Centre de santé et de Promotion sociale (CSPS) du secteur 9, est l’une de ces mères dévouées. Pour sa fille de 13 mois, Mouzaratou, elle ne laisse rien au hasard. Informée du démarrage d’une nouvelle campagne de vaccination contre la polio, elle s’est empressée de préparer son enfant dès les premières heures du jour. Son but était simple : offrir à Mouzaratou une protection durable contre cette affection. Pour elle, vacciner est plus qu’un geste, c’est un engagement maternel profond. « Je suis consciente des ravages que la polio peut causer. De mon vivant, aucun de mes enfants ne manquera un vaccin », déclare-t-elle avec conviction.

Le souvenir de personnes affectées par la maladie a forgé sa détermination. « La vaccination, c’est la vie », résume-t-elle simplement. Grâce à cette certitude, la petite Mouzaratou a bénéficié de tous les vaccins recommandés par le programme national, y compris celui contre la poliomyélite.

Le 7 novembre 2025, l’équipe du CSPS du secteur 09 était mobilisée avant même le lever du soleil. La campagne, qui s’est étendue jusqu’au 10 novembre, a permis de vacciner 5 290 enfants de 0 à 59 mois dans leur zone de couverture. Ce chiffre remarquable représente un taux de réussite de plus de 104 %, surpassant l’objectif initial de 5 060 enfants.

Selon André Yonli, infirmier en chef du CSPS, « ces résultats sont le reflet de l’implication des parents, du dévouement des vaccinateurs et de l’action des mobilisateurs sociaux ». Il souligne qu’un tel succès repose sur une collaboration étroite entre les différents acteurs sanitaires et l’engagement sans faille des leaders communautaires. « Nous avons tenu plusieurs réunions de plaidoyer pour anticiper les défis et trouver des solutions. Une planification minutieuse et un suivi constant ont permis à nos équipes mobiles d’accéder aux zones les plus éloignées, comme les quartiers non lotis et les sites de personnes déplacées internes. »

Le CSPS, à l’instar des autres centres du district, a vu ses capacités renforcées en matière de gestion des données et de communication interpersonnelle pour mieux sensibiliser les familles. La communication a été un pilier de la stratégie, avec des sessions de mobilisation sociale organisées auprès des chefs religieux, des autorités coutumières et des organisations de la société civile, notamment les associations féminines.

Ces initiatives ont un impact tangible, comme le confirme Talato Lompo, mère de quatre enfants. « Autrefois, j’étais méfiante à cause des rumeurs. Je craignais que les vaccins ne rendent mes enfants malades. Mais les explications régulières des agents de santé m’ont fait comprendre leur importance. Je constate aujourd’hui que mes enfants sont beaucoup moins malades depuis qu’ils sont vaccinés. C’est pour cela que je continue de suivre le calendrier vaccinal. »

Adjaratou Ouoba, agent de santé communautaire et promotrice de la santé, observe avec satisfaction ce changement de mentalité. « La sensibilisation et la mobilisation sociale portent leurs fruits. Les mères comprennent mieux les risques de la polio et l’intérêt de la vaccination. De plus en plus de parents, comme Nadège, sont proactifs pour protéger leurs enfants. »

La Dre Sandrine Bienvenue Sam, Médecin-chef du district de Fada N’Gourma, a tenu à saluer le soutien indéfectible des partenaires, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a accompagné chaque étape du processus. « L’OMS a fourni un appui logistique et technique essentiel pour le transport des vaccins, la supervision des équipes et la collecte des données. Elle a aussi mobilisé plus de vingt experts sur le terrain, incluant des épidémiologistes et des spécialistes en communication, pour assurer la qualité des opérations. »

Les résultats globaux confirment le succès de cette approche collaborative : à l’échelle du district sanitaire, plus de 134 000 enfants ont été vaccinés, soit un taux de couverture dépassant 103 %. Ces performances renforcent l’engagement du Burkina Faso à préserver son statut de pays exempt de poliomyélite depuis 2015 et à empêcher toute réapparition du virus.

Pour Nadège, ces chiffres représentent une victoire concrète : celle de voir des enfants grandir en pleine santé. Tenant sa fille dans ses bras, elle exprime ce qui anime tant de parents : « Ce vaccin est un petit geste qui offre une protection pour toute une vie. »

Les campagnes se poursuivent, rappelant que chaque parent a un rôle clé à jouer pour que le Burkina Faso reste un pays sans polio. En faisant vacciner leurs enfants, les familles ne font pas que protéger leurs proches ; elles contribuent à bâtir un avenir où cette maladie ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Economic warfare escalates as militants expand beyond the Sahel

Economic warfare escalates as militants expand beyond the Sahel

Previously distinct conflicts in the Sahel and coastal West Africa are merging into a single, interconnected one that will likely become a key arena of militant competition.

11 December 2025


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By the numbers

From 1 January to 28 November 2025:

  • Political violence resulted in the deaths of over 10,000 people in Burkina Faso, Mali, and Niger.
  • Militants kidnapped 30 foreign nationals in Mali (22) and Niger (8).
  • ACLED records nearly 70% more fatalities in Benin compared to the first 11 months of 2024.

In 2025, jihadist militant groups escalated their campaigns in the central Sahel, threatening the stability and security of military-led regimes in the region. Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) and the Islamic State Sahel Province (ISSP) consolidated their influence across much of Mali, Burkina Faso, and Niger, while extending operations into the Benin, Niger, and Nigeria borderlands.

As a deliberate strategy employed by militant groups to disrupt economic functions and pressure states in the region, economic warfare became a defining feature. In Mali, JNIM imposed a sweeping fuel and transport embargo on the cities of Kayes and Nioro du Sahel as part of coordinated offensives spanning Kayes, Sikasso, Koulikoro, Segou, and Mopti. The blockade disrupted trade and transport routes linking Bamako and the surrounding regions, resulting in fuel shortages and nationwide price hikes. It was part of a deliberate effort to paralyze the economy, undermine government authority, and destabilize the military regime. As a result of JNIM’s operations and counter-offensives by the military, violence in Kayes, Sikasso, and Segou surged to the highest monthly levels since ACLED began recording data in 1997.

In Burkina Faso, JNIM sustained its offensives against the military and the Volunteers for the Defense of the Homeland (VDP). In May, the group briefly seized the provincial capitals of Djibo and Diapaga in rapid succession, demonstrating a step change in its military capacity. In September, the group launched a devastating ambush on a military convoy near Koubel-Alpha in Soum province, killing about 90 soldiers in one of the deadliest attacks on the country’s military forces to date. The offensives in both Mali and Burkina Faso further demonstrate JNIM’s growing military capabilities and its clear intent to destabilize these military regimes by undermining state authority and territorial control and disrupting economies and key transit routes.

Niger has not experienced the same scale of violence as its neighbors, but it is becoming increasingly vulnerable to militant activities. Militancy has spread well beyond traditional hotspots into the southern Dosso and northern Agadez regions. Similar to JNIM, ISSP has carried out its own form of economic warfare and intensified its attacks on the Benin-Niger oil pipeline in the Dosso and Tahoua regions along the border with Nigeria. The kidnapping of a United States citizen in Niamey on 21 October illustrates the country’s growing fragility and further demonstrates that militant reach now extends into urban centers once considered secure and less affected by militancy.

Both JNIM and ISSP launched kidnapping campaigns targeting foreigners, which drove record-high instances of kidnapping in Mali and Niger (see graph below).1 JNIM primarily targeted foreign workers as part of its economic warfare strategy. It focused on industrial production facilities, mining sites, and transit routes. ISSP adopted a different approach by targeting both Western nationals and foreign laborers. Most abductions occurred in Niger. ACLED records additional incidents in the nearby border areas of Burkina Faso and Algeria. The ISSP-sponsored operations mark a shift toward taking high-value Western nationals hostage and outsourcing abductions to criminal networks.


Spreading conflict into coastal West Africa will challenge regional cooperation in 2026

One of the key developments shaping the outlook for 2026 is the consolidation of a new frontline in the Benin, Niger, and Nigeria borderlands, which is now strategically important for both Sahelian and Nigerian militant groups. 

Throughout 2025, JNIM and ISSP further entrenched their presence in this tri-border area, transforming it into a conflict hotspot with implications for both the Sahel and coastal West Africa (see map below). Northern Benin experienced its deadliest year on record as JNIM intensified cross-border operations from eastern Burkina Faso in April, culminating in the killing of over 50 soldiers in Park W. By midyear, the group had advanced further south into the Borgou department, along the border with Nigeria, marking a southward expansion of its operations beyond the northernmost regions of Atacora and Alibori.2 JNIM also claimed its first attack in Nigeria in late October.3

Meanwhile, ISSP reinforced its foothold in southwestern Niger, moving closer to the city of Gaya, on the border with Benin, and continued operations in Nigeria’s Sokoto and Kebbi states. In the Niger-Nigeria border areas, the group attacked villages, security posts, and military patrols and sabotaged critical infrastructure. Both Sahelian groups have now established themselves in northwestern and western Nigeria. 

The growing convergence between Sahelian and Nigerian militants represents a turning point, as the previously distinct Sahelian and Nigerian theaters gradually merge into a single, interconnected conflict environment stretching from Mali to western Nigeria. In the coming year, this subregion is likely to become a key arena of competition among militant groups. JNIM, ISSP, Ansaru, Mahmuda, Islamic State West Africa Province factions, and bandit groups increasingly overlap in these border areas. As their areas of operation expand into shared spaces, we may see increased interaction among these groups, with evolving dynamics and new patterns of violence across these borderlands.

While this tri-border expansion reshapes the southern frontline of the Sahelian conflict, the military regimes in the central Sahel face mounting internal and external pressures. In Mali and Burkina Faso, JNIM’s sustained offensives, blockades, and sieges have weakened state control and exposed deep structural vulnerabilities. In Mali, the fuel and transport embargo continues to affect the economy and the movement of goods and people, intensifying hardship for civilians and undermining the regime’s legitimacy. Prolonged disruption risks deepening existing fractures within the armed forces and triggering unrest that the junta may struggle to contain.

Burkina Faso faces similar challenges. Years of attrition have left the army and the VDP overstretched. JNIM’s ability to temporarily seize major towns is not only indicative of the group’s strategic and tactical evolution, but also its potential to target regional capitals like Fada N’Gourma in the east of the country, given the state’s incapacity to effectively defend and secure departmental and provincial capitals. Continued heavy military casualties and territorial losses could generate the same internal dissent and coup pressures that brought down previous governments.

Across the central Sahel, state authority is steadily eroding, despite junta promises to restore security. JNIM and ISSP now contest sovereignty across vast rural territories, where they enforce their social order, tax the population, and condition access to livelihoods. Their influence is increasingly encroaching on major population centers once considered relatively insulated from militant activity. ISSP’s incursions into Ayorou and Tillaberi, along with operations in Niamey, underscore that no population center is beyond militant reach.

Local self-defense groups, which are central to state counter-insurgency efforts in rural areas, are under unprecedented strain. In Mali, many Dozo militias have been disarmed or forced into agreements with JNIM, leaving entire communities dependent on militant-enforced arrangements for limited security and economic access. In Burkina Faso, the VDP — which was once central to Traoré’s mobilization strategy — has suffered heavy losses and remains largely defensive, limiting the state’s ability to hold or reclaim territory. As these groups weaken, militants are likely to expand their authority further.

Russia’s military partnership with the Sahelian countries has achieved limited results. The replacement of the Wagner Group with Africa Corps effectively left large areas unprotected — Africa Corps has a more limited scope and has been unable to prevent military advances. However, toward the end of the year, Africa Corps’ role increasingly shifted to securing fuel convoys and key supply routes in southern Mali,4 where JNIM’s embargo began to lose momentum. The military partnership is likely to remain important in 2026, with Africa Corps providing essential logistical and aerial support to help the junta maintain control over major transit routes and urban centers, even as broader security challenges continue. 

The combination of sustained militant pressure, weakened militias, and declining state capacity and legitimacy heightens the risk of political destabilization in the central Sahel. If either the Malian or Burkinabe military regimes succumb to internal divisions or popular unrest, a regional domino effect could occur, placing neighboring regimes in increasingly precarious positions. If current trends continue, 2026 may bring deeper political instability and territorial fragmentation in the central Sahel and along its southern borders.

Visual produced by Christian Jaffe.


Conflict Watchlist 2026

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Crise politique au Bénin : putsch avorté ou menace persistante ?

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Portrait officiel du président du Bénin Patrice Talon en 2022.
Portrait officiel du président du Bénin Patrice Talon en 2022.© LUDOVIC MARIN / AFP

La région ouest-africaine traverse une période d’instabilité politique sans précédent. Depuis le début des années 2020, plusieurs coups d’État ont ébranlé le Sahel, la Guinée et plus récemment la Guinée-Bissau.

Les juntes militaires au pouvoir au Burkina Faso, au Niger et au Mali affichent une volonté de rupture avec l’ancienne puissance coloniale française, tout en renforçant leurs liens avec d’autres partenaires internationaux.

Face à ces tensions, la France a réaffirmé son soutien à l’armée béninoise et a mis en place un « dispositif de coordination renforcé » avec les pays voisins. Le président Emmanuel Macron a échangé avec Patrice Talon, cible des putschistes, ainsi qu’avec ses homologues du Nigeria et de la Sierra Leone, où la présidence de la CEDEAO est actuellement assurée.

Un conseiller de l’Élysée a déclaré : « La France soutient sans réserve les actions entreprises par la CEDEAO, qui a mené un travail remarquable ce week-end pour stabiliser la situation. »

Dimanche matin, huit militaires ont fait irruption à l’antenne de la télévision nationale béninoise. Ils ont annoncé avoir renversé le président Patrice Talon. Après une journée de flou à Cotonou, le chef de l’État a assuré que la crise était maîtrisée. Toutefois, des affrontements violents ont éclaté entre les mutins et les forces loyales au régime, faisant plusieurs victimes.

Pour rétablir l’ordre, le Bénin a bénéficié de l’intervention de son voisin nigérian. Des frappes aériennes ont visé la base de Togbin, située dans la capitale économique, où les putschistes s’étaient retranchés après leur coup de force télévisé. Des troupes au sol ont ensuite permis de reprendre le contrôle de cette position stratégique dans la nuit de dimanche à lundi.

Intervention régionale et enjeux constitutionnels

Dès dimanche soir, la CEDEAO a annoncé l’envoi de renforts militaires en provenance de quatre États membres. L’objectif ? « Préserver l’ordre constitutionnel » dans le pays. Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a évoqué un « état d’urgence communautaire », citant à la fois la menace jihadiste persistante et la multiplication des coups d’État dans la sous-région.

Une douzaine de militaires impliqués dans la tentative de putsch ont été arrêtés. Pourtant, certains instigateurs, dont le lieutenant-colonel Pascal Tigri, restent introuvables. Les putschistes avaient également pris en otage deux hauts gradés de l’armée béninoise : le chef d’état-major de l’armée de terre, Abou Issa, et celui de la garde nationale, Faïzou Gomina, libérés dès le lendemain de leur enlèvement.

À Cotonou, la vie a repris son cours malgré l’onde de choc. Le président Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, doit quitter ses fonctions en avril 2026 à l’issue de son second mandat, conformément à la Constitution.

Démocratie en question : entre développement et autoritarisme

Si Patrice Talon est salué pour son action en faveur du développement économique du Bénin, il est aussi critiqué pour avoir durci le ton à l’égard de l’opposition. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, a été exclu de la prochaine présidentielle faute d’un nombre suffisant de parrainages. Romuald Wadagni, ministre des Finances et dauphin désigné du président, est donné favori pour succéder à Talon.

Thomas Boni Yayi, ancien président et actuel dirigeant des Démocrates, a fermement condamné la tentative de coup d’État. « Je condamne avec la plus grande fermeté cette attaque ignoble contre notre pays. Nous exigeons des élections libres et transparentes. » Il a également pointé du doigt le rôle des scrutins dans les crises politiques actuelles : « Les élections sont devenues un facteur de déstabilisation majeur dans la région. »

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