Frank Onyeka s’engage définitivement avec Coventry City

Coventry City sécurise la signature définitive de Frank Onyeka

Fraîchement promu dans l’élite du football anglais pour l’exercice 2026-2027, Coventry City a officialisé le recrutement permanent de Frank Onyeka. Le milieu de terrain international nigérian quitte donc officiellement Brentford pour s’installer durablement chez les Sky Blues.

Prêté au club en janvier dernier, l’option de transfert définitif a été activée dès l’ouverture de la période estivale des transferts. Sous les ordres de Frank Lampard, le joueur a été un élément moteur dans la conquête du titre en Sky Bet Championship. Durant sa pige temporaire, il a cumulé 14 apparitions, marquant notamment les esprits avec un but mémorable inscrit contre Derby County en avril dernier.

À 28 ans, Frank Onyeka apporte un vécu précieux au groupe, fort de ses 75 rencontres disputées en Premier League sous les couleurs des Bees. Bien que l’engagement soit désormais scellé, les détails concernant la durée exacte de son nouveau contrat n’ont pas été communiqués.

Gabriel Moscardo vers un nouveau prêt loin du Paris Saint-Germain

Le Paris Saint-Germain entame une phase de restructuration profonde de son effectif lors de ce mercato. Alors que le départ de Gonçalo Ramos vers l’AC Milan a été acté pour un montant avoisinant les 70 millions d’euros, d’autres mouvements majeurs se profilent dans la capitale française. Randal Kolo Muani semble se diriger vers la Juventus, tandis que Kang-in Lee est pressenti du côté de l’Atlético de Madrid.

L’option Espanyol Barcelone pour Gabriel Moscardo

Au cœur de ces mouvements, le cas de Gabriel Moscardo attire l’attention. Recruté pour 20 millions d’euros en début d’année 2024, le jeune milieu de terrain de 20 ans enchaîne les expériences loin du Parc des Princes. Après des passages en prêt au Stade de Reims lors de l’exercice 2024-2025 et à Braga la saison dernière, une nouvelle destination se dessine en Espagne. L’Espanyol Barcelone se positionne désormais comme le candidat le plus sérieux pour accueillir le Brésilien sous forme de prêt, une transaction qui semble en excellente voie de finalisation selon les dernières indiscrétions du marché.

Une volonté de s’imposer à Paris malgré les convoitises

Pourtant, le joueur ne cache pas son attachement au projet parisien. Sous contrat jusqu’en juin 2028, Gabriel Moscardo avait récemment exprimé son désir de s’installer durablement au PSG. Bien qu’il n’ait pas encore porté le maillot rouge et bleu en compétition officielle, il espérait participer à la préparation estivale avec le groupe pour gagner sa place. Conscient de sa progression, notamment après son passage formateur au Portugal, le milieu de terrain reste à la disposition de sa direction et de son agent pour définir la suite de sa carrière. Son ambition ultime demeure inchangée : prouver sa valeur au sein de l’élite parisienne et s’y imposer sur le long terme.

Le général Bertin Bada fait ses adieux à l’armée du Bénin

Une cérémonie d’adieu sous le signe de l’émotion

C’est à la Base aérienne de Cotonou, ce mardi 30 juin 2026, que le général d’armée aérienne Bertin Bada a officiellement tourné la page de sa carrière militaire. Après plus de quatre décennies passées sous les drapeaux, ce haut gradé emblématique du Bénin prend désormais sa retraite.

La manifestation a été marquée par un protocole rigoureux, incluant des honneurs militaires et une revue des troupes, symbolisant le respect de l’institution pour ses 43 ans de dévouement. Parmi les personnalités présentes figuraient le général Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major général, ainsi que Gildas Agonkan, ministre délégué chargé de la Défense nationale.

Un parcours d’exception au sommet de l’État

Le parcours de Bertin Bada est celui d’une ascension remarquable. Élevé à la distinction de général cinq étoiles en février 2026, il a occupé des fonctions stratégiques, notamment comme directeur du cabinet militaire sous la présidence de Patrice Talon, avant de devenir conseiller spécial pour la défense et la sécurité auprès du président Romuald Wadagni.

À 63 ans, l’officier général quitte le service actif avec un bilan dense. Sa fin de carrière a toutefois été assombrie par le drame personnel vécu lors de la tentative de déstabilisation du 7 décembre 2025, un événement tragique où il a perdu son épouse. Cette retraite marque la fin d’une époque pour la société africaine et les forces de défense béninoises.

Tombouctou face au black-out : le quotidien étouffant d’une ville sans énergie

Isolée par une insécurité grandissante, la cité historique de Tombouctou traverse une épreuve d’une rare intensité. Privée de courant et d’eau potable suite à une rupture totale de stock de carburant, la ville met en exergue les limites logistiques et sécuritaires qui frappent de plein fouet la population civile, révélant les défis profonds de la société africaine actuelle.

Une cité paralysée par la chaleur et l’obscurité

Alors que le mercure dépasse fréquemment les 40 degrés à l’ombre, les habitants de Tombouctou doivent composer avec l’absence totale de ventilateurs et de systèmes de réfrigération. La centrale thermique locale, exploitée par Énergie du Mali (EDM-SA), a cessé toute activité. Ce silence des moteurs entraîne mécaniquement l’arrêt des pompes de la Somagep, laissant les robinets désespérément secs. Ce n’est plus seulement un problème technique, mais un véritable siège invisible qui pèse sur le quotidien de dizaines de milliers de personnes.

Le blocus routier comme arme de strangulation

Si la capitale malienne connaît des perturbations, la situation dans le Nord est bien plus critique. La pénurie de combustible, qui dure depuis plus d’un mois, est la conséquence directe de l’insécurité sur les axes de ravitaillement stratégiques.

  • L’asphyxie des axes : Des groupes armés maintiennent une pression constante sur les routes principales, ciblant ou bloquant les camions-citernes indispensables à la survie énergétique de la ville.
  • L’explosion des prix : Le recours au marché informel a fait grimper le coût du litre de carburant à des niveaux inaccessibles, empêchant les petits commerces d’utiliser des générateurs privés.
  • Urgence sanitaire : À l’hôpital régional, la rupture de la chaîne du froid menace la conservation des médicaments et des vaccins. Les interventions d’urgence se déroulent parfois dans des conditions précaires, sous la lueur des téléphones portables.

Un sentiment d’abandon croissant au sein de la population

Malgré l’organisation de distributions d’eau par camions-citernes pour parer au plus pressé, l’amertume grandit chez les citoyens. Le sentiment d’être délaissé par les autorités centrales au profit d’autres priorités s’accentue. Pour les habitants, la reconquête sécuritaire du territoire doit impérativement s’accompagner d’un rétablissement effectif des services publics de base.

La pérennité de Tombouctou dépend désormais de la capacité à sécuriser durablement les convois de ravitaillement. Tant que les routes resteront vulnérables, la perle du désert continuera de subir cette asphyxie énergétique qui paralyse son développement et sa survie.

Retraite du général Bertin Bada : le parcours d’un pilier de l’armée béninoise

Un demi-siècle au service de la nation béninoise

Après quarante-trois années de dévouement sous les drapeaux, le Général d’armée aérienne Bertin Bada, figure emblématique et premier officier à atteindre le rang de cinq étoiles au Bénin, se retire du service actif. Ce départ marque la fin d’une époque pour les Forces armées béninoises (FAB), tant l’homme a marqué l’institution par sa rigueur et son sens du devoir.

Engagé au début des années 1980, ce pilote chevronné et instructeur respecté a gravi tous les échelons pour devenir le pivot de la sécurité nationale. Des commandes de ses aéronefs aux responsabilités stratégiques au sein du Cabinet militaire de la présidence, il a toujours privilégié une loyauté indéfectible envers les institutions républicaines.

Une ascension historique au sein des Forces armées béninoises

Dans un contexte régional parfois tourmenté, le Général Bertin Bada a su incarner la stabilité et le respect des lois. Son intégrité, saluée tant par ses subordonnés que par la classe politique, l’a conduit à occuper les fonctions les plus prestigieuses. Ancien Chef d’État-Major de l’armée de l’air, puis Directeur du cabinet militaire sous la présidence de Patrice Talon, il a récemment exercé comme Conseiller à la Défense et à la Sécurité auprès de Romuald Wadagni.

En février 2026, il est entré dans l’histoire en devenant le tout premier général cinq étoiles depuis l’accession du Bénin à l’indépendance. Cette distinction suprême vient récompenser une expertise technique rare et un engagement total pour la souveraineté du pays.

Le sacrifice ultime face à l’adversité

Cependant, cette carrière exemplaire a été frappée par une tragédie personnelle liée à son engagement pour la société africaine et la démocratie. Lors de la tentative de déstabilisation de l’État dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025, des mutins ont pris pour cible sa résidence. C’est lors de cet assaut violent que son épouse, Berthe Kougblénou, a perdu la vie.

Compagne fidèle depuis 1982, elle est tombée sous les balles de ceux qui cherchaient à ébranler les fondations républicaines. Malgré ce deuil immense, le général a fait preuve d’une résilience hors du commun, poursuivant sa mission avec la même détermination, transformant son chagrin en une force au service de la patrie.

L’héritage d’un serviteur de l’État

En quittant l’uniforme, le Général Bertin Bada laisse derrière lui une armée de l’air modernisée et des cadres formés à l’exigence éthique. Son parcours restera gravé comme celui d’un soldat qui a consenti aux plus grands sacrifices pour préserver la paix au Bénin. Si l’armée voit partir l’un de ses plus grands chefs, la nation, elle, conserve l’exemple d’un homme d’honneur dont la vie entière fut dédiée au bien commun.

Mercato à l’Olympique de Marseille : vers une vente inévitable de plusieurs cadres

Le marché des transferts estivaux bat son plein et l’Olympique de Marseille se retrouve sous le feu des projecteurs. Sous la surveillance étroite de l’UEFA, le club phocéen est contraint de réaliser des ventes significatives pour stabiliser ses finances et écarter tout risque de sanction européenne. Alors que le nom de Mason Greenwood circule avec insistance, un autre pilier de l’équipe pourrait également plier bagage.

Après une saison particulièrement éprouvante et l’absence de qualification pour la Ligue des Champions, la direction marseillaise doit impérativement réduire la voilure. Grégory Lorenzi, le directeur sportif, s’active pour équilibrer les comptes lors de cette période charnière pour l’avenir de l’institution.

Incertitudes autour de l’avenir de Mason Greenwood

Le cas de Mason Greenwood est actuellement le dossier le plus brûlant. L’attaquant de 24 ans, qui s’est illustré comme le meilleur finisseur du club ces deux dernières années, suscite l’intérêt marqué de Fenerbahçe et de l’AS Roma. Si les discussions avec la formation romaine semblaient initialement prometteuses, les relations se sont refroidies. L’Olympique de Marseille n’aurait pas apprécié les méthodes des dirigeants italiens, accusés d’avoir approché le joueur sans l’aval préalable du club.

Pierre-Emile Højbjerg vers un départ à 10 millions d’euros ?

Pendant que le dossier Greenwood stagne, une autre opportunité de transfert se dessine. L’Atalanta manifeste un vif intérêt pour Pierre-Emile Højbjerg. Le milieu de terrain danois est une cible prioritaire pour Cristiano Giuntoli, qui suit le joueur depuis plusieurs années. Face à l’urgence financière, les dirigeants marseillais ne ferment pas la porte à un départ de l’international danois. Un montant minimum de 10 millions d’euros a été fixé pour entamer les négociations sérieuses concernant son transfert.

Réforme de la Constitution au Sénégal : la société civile réclame un référendum sans manœuvres politiques

Le paysage politique au Sénégal traverse une phase de clarification majeure. Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de réforme constitutionnelle porté par les parlementaires du Pastef le lundi 29 juin, le mouvement citoyen Y’en a marre, pilier de la société africaine engagée depuis quinze ans, a pris la parole. L’organisation souligne l’impérieuse nécessité que ce texte soit soumis à un référendum avant toute application, conformément à la proposition formulée par le président Bassirou Diomaye Faye.

Cependant, le mouvement exprime de vives inquiétudes face à un environnement politique qu’il juge délétère. Il dénonce des stratégies basées sur des « calculs politiques » et des pratiques qu’il qualifie de « magouilles », déplorant la résurgence de méthodes héritées des régimes précédents. Au cœur de cette politique africaine en pleine mutation, l’enjeu semble se cristalliser autour de la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Aliou Sané, figure de proue et fondateur du collectif, affirme son soutien au principe du référendum, tout en exigeant des garanties de transparence. Pour lui, cette consultation populaire ne doit en aucun cas servir de manœuvre dilatoire pour entraver les initiatives législatives. Il appelle à ce que les citoyens disposent de toutes les clés de compréhension nécessaires pour décider souverainement de l’avenir des institutions.

Des accusations de stigmatisation dénoncées

Dans cette actualité africaine citoyenne, le collectif regrette également le retour de procédés visant à discréditer les voix dissidentes. Depuis qu’il a manifesté des réserves sur la méthode employée par le Pastef, Y’en a marre affirme être la cible d’accusations calomnieuses. Des sympathisants du parti au pouvoir tenteraient de les assimiler à un « lobby LGBT », une étiquette particulièrement lourde de conséquences au Sénégal, où la législation sur ces questions s’est durcie récemment.

Le mouvement rappelle que ces tactiques de déstabilisation étaient déjà monnaie courante sous les présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall. « On nous accuse de recevoir des financements occultes pour affaiblir l’État, ce qui est totalement infondé », martèle le collectif, tout en soulignant l’ironie de voir certains acteurs actuels du pouvoir, autrefois alliés dans la contestation, utiliser aujourd’hui les mêmes ressorts qu’ils critiquaient par le passé.

Enfin, la tension est montée d’un cran avec l’interpellation de douze individus aux abords de l’hémicycle le jour du vote. Parmi les personnes arrêtées figuraient neuf membres du mouvement d’opposition Alternative pour la relève citoyenne (ARC). Bien que relâchés après quelques heures, ces militants étaient poursuivis pour participation à un rassemblement non autorisé et trouble à l’ordre public, illustrant la fragilité du débat démocratique actuel au sein du peuple Afrique.

Ayyoub Bouaddi dans le viseur du PSG : le prix du transfert est connu

Le club de la capitale s’apprête à vivre un marché des transferts particulièrement mouvementé. Après avoir décroché la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive, la direction parisienne souhaite insuffler un nouvel élan à l’effectif dirigé par Luis Enrique. Parmi les profils étudiés de près, celui d’Ayyoub Bouaddi figure en haut de la liste. Le jeune talent du LOSC attise les convoitises, et les conditions financières de son éventuel départ sont désormais claires.

À seulement 18 ans, le milieu de terrain lillois réalise des prestations remarquables sous les couleurs du Maroc lors de cette Coupe du monde 2026. Cette exposition internationale a logiquement attiré l’attention des plus grandes écuries européennes. Si le PSG est sur les rangs, le joueur formé dans le Nord de la France dispose de multiples options pour la suite de sa carrière.

Une valorisation à 80 millions d’euros pour le crack lillois

Ayyoub Bouaddi est actuellement l’un des espoirs les plus suivis du football mondial. Outre l’intérêt manifeste des dirigeants parisiens, des clubs prestigieux tels que le FC Barcelone, le Bayern Munich ou encore l’Inter Milan suivent attentivement sa progression. Des formations de Premier League sont également sur le coup, tandis que le Real Madrid garde un œil sur le dossier sans en faire sa priorité immédiate. De son côté, le LOSC espère conserver son prodige une saison de plus pour disputer la prochaine Ligue des champions. Toutefois, en cas de proposition concrète, le club nordiste réclamerait une somme avoisinant les 80M€.

Le LOSC privilégierait un départ vers l’étranger

Les intentions du club lillois semblent pencher pour une vente hors du championnat de France. La direction des Dogues verrait d’un meilleur œil un transfert vers la Premier League, avec une préférence marquée pour Manchester City, plutôt que de renforcer un concurrent direct comme le PSG. L’avenir de l’international marocain reste donc en suspens, mais sa cote ne cesse de grimper grâce à ses performances en Coupe du monde 2026, faisant de lui l’une des attractions majeures du mercato estival à venir.

Mourdiah et Nara : le JNIM et la nouvelle stratégie de conquête des fonctions régaliennes

Le 24 juin 2026 a marqué une étape significative pour la mobilité dans le centre-ouest du Mali. La circulation a officiellement repris sur l’axe stratégique reliant Bamako à Mourdiah et Nara, après des semaines d’un blocus rigoureux imposé par le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin). Cependant, l’élément le plus frappant de cette réouverture ne réside pas dans une victoire militaire, mais dans le processus diplomatique qui l’a permise : ce sont des médiations menées par des notables locaux et des représentants communautaires qui ont abouti à ce dénouement.

Cet événement impose une relecture profonde des dynamiques de pouvoir au Sahel. Le conflit ne se limite plus à une simple alternance de conquêtes et de replis territoriaux. Il se cristallise désormais autour de la capacité à réguler les flux, à garantir ou interrompre les échanges commerciaux et à influencer directement le quotidien des citoyens. La question centrale n’est plus uniquement de savoir qui occupe le terrain, mais qui exerce réellement les fonctions vitales permettant à la société de subsister. C’est ici que se joue la production d’une nouvelle forme d’autorité.

I. Vers une captation fonctionnelle de l’autorité

Au Mali, l’objet même de la guerre est en train de muter. La compétition entre les acteurs armés et l’État se déplace des espaces vers les fonctions. Depuis 2024, le JNIM a intégré à son arsenal des méthodes de pression économique : blocus routiers, restrictions de mouvement et contrôle des corridors vitaux reliant la capitale à des villes comme Kayes, Nioro-du-Sahel ou Ségou.

Ces actions ne sont pas de simples manœuvres militaires ; elles désorganisent les marchés, perturbent l’approvisionnement et dictent les conditions de vie des populations. En s’appropriant la gestion des routes, le groupe armé transforme ces infrastructures en véritables institutions politiques. Fermer ou ouvrir une voie, taxer des marchandises ou filtrer les passagers revient à exercer des prérogatives normalement réservées à la puissance publique.

L’État ne se définit pas seulement par ses frontières, mais par son utilité sociale : rendre la justice, sécuriser les axes de transport et arbitrer les conflits. En investissant ces rôles, le JNIM opère ce que l’on peut qualifier de « captation fonctionnelle ». Il laisse à l’État la charge coûteuse de l’administration quotidienne tout en s’emparant des leviers qui rendent une autorité indispensable aux yeux des habitants.

II. La légitimité performative face à l’État

L’implication des communautés dans la levée du blocus à Mourdiah et Nara ne doit pas être interprétée comme un ralliement idéologique. Elle relève d’une pure logique de survie. Pour les commerçants, les éleveurs et les transporteurs, la priorité est la reprise des activités économiques. Cette situation met en lumière une pluralité de registres de légitimité dans les zones périphériques du Mali.

Alors que l’autorité étatique repose sur un cadre légal et bureaucratique, le JNIM tente de bâtir une « légitimité performative ». Celle-ci ne provient pas d’un statut officiel, mais de la démonstration concrète d’une capacité à produire un ordre, même coercitif. En tranchant des litiges rapidement ou en sécurisant certains flux après les avoir bloqués, le groupe se positionne comme un régulateur social là où la présence de l’État est intermittente.

Dans cette configuration, l’autorité traditionnelle des chefs coutumiers et religieux sert souvent de pont, cherchant à préserver un équilibre précaire entre les exigences des groupes armés et les devoirs de l’État. Ce dernier, bien que restant le seul souverain juridique, voit son centre de gravité se déplacer. Le défi n’est plus seulement de contester le monopole de la violence physique, mais de regagner la confiance des populations sur le terrain de la prestation de services et de la prévisibilité de la vie collective.

Conclusion

La bataille qui se déroule actuellement au Sahel dépasse le cadre militaire. Elle oppose deux visions de l’organisation sociale. Chaque médiation réussie en dehors du giron étatique et chaque route gérée par des acteurs non étatiques redéfinissent les frontières de la légitimité politique. Pour les États de la région, la reconquête des territoires ne sera pérenne que si elle s’accompagne d’une reconquête des fonctions essentielles. L’enjeu ultime est de redevenir l’acteur le plus crédible pour organiser durablement la vie des citoyens et garantir leur sécurité au quotidien.

Impact de la rupture diplomatique entre le Burkina Faso et la France sur les citoyens

La dégradation des rapports diplomatiques entre le Burkina Faso et la France franchit une nouvelle étape. Désormais, cette tension ne se limite plus aux sphères gouvernementales, mais impacte frontalement le quotidien de nombreux Burkinabè dont les projets de mobilité internationale se trouvent brutalement freinés.

Récemment, près de deux cents demandeurs de visa ont été invités à se rendre dans les bureaux de CAPAGO. L’issue de cette convocation s’est avérée décevante : la restitution de leurs passeports s’est accompagnée d’une notification systématique de refus. Cette mesure a provoqué la stupéfaction de demandeurs qui espéraient encore une issue favorable à leurs démarches administratives.

Des profils variés touchés par les restrictions

La suspension de la délivrance des titres de séjour affecte des secteurs vitaux de la société civile :

  • Santé : Des patients nécessitant des soins spécialisés sur le territoire français voient leur prise en charge médicale compromise.
  • Économie : Des chefs d’entreprise, dont l’activité repose sur des échanges commerciaux et des partenariats techniques, se retrouvent bloqués dans leur développement.
  • Éducation : De nombreux étudiants, à l’approche de la rentrée universitaire de septembre, voient leurs espoirs de formation supérieure à l’étranger s’évanouir.

En complément de ces refus, l’annulation systématique des rendez-vous pour les visas étudiants aggrave le sentiment d’incertitude et de désarroi au sein des familles burkinabè.

Une gouvernance sous le signe de la souveraineté

Cette situation soulève des interrogations sur l’exercice du pouvoir au sommet de l’État. Pour certains observateurs, la gestion du capitaine Ibrahim Traoré se caractérise par une centralisation extrême de la décision publique. Ses détracteurs pointent une fermeté stratégique qui, selon eux, négligerait les réalités sociales immédiates. Ils décrivent une administration du Burkina Faso où les impératifs politiques semblent occulter les difficultés concrètes rencontrées par la population dans ses aspirations personnelles.

À l’opposé, les partisans de la ligne actuelle estiment que ces perturbations sont le prix nécessaire pour garantir la souveraineté nationale. Selon cette vision, l’affirmation de l’indépendance du pays et la rupture avec les anciens schémas diplomatiques priment sur les inconvénients temporaires subis par une partie des citoyens.

Quoi qu’il en soit, l’avenir de centaines de Burkinabè demeure aujourd’hui en suspens. Derrière les décisions géopolitiques se cachent des trajectoires individuelles, des projets de santé et des ambitions professionnelles désormais entravés par les aléas de la diplomatie internationale.

Le gouvernement du Gabon et la BAD s’accordent pour accélérer les projets de développement

Le gouvernement entend renforcer le contrôle de l’exécution des chantiers financés par la Banque africaine de développement afin d’accélérer leur réalisation. C’est dans cette perspective que le vice-président, Hermann Immongault, a présidé, lundi 29 juin 2026, une séance de travail avec une délégation de l’institution, conduite par son administrateur-pays, Mamour Ousmane Ba. La rencontre s’est tenue en présence de la ministre de la Planification, Louise Mvono, et du ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy. Elle s’inscrit dans la continuité des échanges intervenus récemment à Brazzaville entre le président de la République et le président de la BAD, avec pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des projets et de lever les obstacles qui freinent leur mise en œuvre.

Hermann Immongault a rappelé que l’exécutif appliquera désormais un suivi plus rigoureux de chaque dossier inscrit dans le portefeuille de la BAD. Pour les autorités, les ressources mobilisées doivent produire des résultats concrets pour la société africaine et les populations locales, conformément aux objectifs du Plan national de croissance et de développement. Le vice-président a insisté sur les impératifs de transparence, de performance et de respect des délais, estimant que chaque acteur impliqué doit assumer pleinement ses responsabilités afin d’améliorer l’efficacité des investissements publics.

Un plan d’action pour dynamiser les chantiers prioritaires

Profitant de la présence de la délégation de la BAD à Libreville, le gouvernement a arrêté un plan d’action destiné à accélérer les projets accusant des retards importants. Deux dossiers concentrent particulièrement l’attention : le Programme intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement de Libreville (PIAEPAL) et la route Ndendé–Doussala. Concernant cette infrastructure routière, Hermann Immongault a relayé les préoccupations du chef de l’État face à la lenteur des travaux, appelant à des mesures correctives immédiates. Les autorités affirment également avoir procédé à une évaluation de leurs propres dysfonctionnements afin de renforcer la coordination avec le partenaire financier.

Pour sa part, Mamour Ousmane Ba a salué les réformes engagées par le pays et réaffirmé l’engagement de la Banque africaine de développement à accompagner les priorités nationales. Il a notamment présenté les orientations de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), destinée à améliorer l’efficacité des investissements sur le continent. Présente au Gabon à travers un portefeuille de projets structurants dans les secteurs de l’eau, de la formation professionnelle, de l’agriculture et des infrastructures, la BAD entend poursuivre son appui au développement et répondre aux attentes du peuple Afrique.

Félix Tshisekedi définit le cadre du dialogue national en République démocratique du Congo

À l’occasion de la commémoration du 66ème anniversaire de l’accession à l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi s’est adressé à la nation ce lundi 29 juin 2026. Son message s’est articulé autour de la cohésion nationale, de la protection des institutions républicaines et d’une mise en garde contre l’usage de la force comme moyen de revendication politique.

Félix Tshisekedi

Le dialogue : une voie de paix, pas un outil de chantage

Le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de maintenir les canaux de discussion ouverts, tout en précisant que ce processus ne doit en aucun cas servir d’instrument de pression pour déstabiliser l’ordre établi. Selon Félix Tshisekedi, le dialogue doit rester fidèle à son essence et ne peut être utilisé pour ignorer la volonté populaire exprimée à travers les lois et la Constitution. Cette vision s’inscrit dans une politique africaine basée sur le respect des cadres légaux.

Il a souligné que la souveraineté nationale réside uniquement entre les mains du peuple Afrique, et plus spécifiquement des Congolais. Pour le président, personne ne peut se prétendre défenseur de la démocratie tout en s’opposant aux piliers qui la soutiennent, tels que le respect des institutions, la séparation des pouvoirs et la responsabilité devant les citoyens.

Fermeté face à l’insécurité et à la violence

Dans un climat marqué par des débats intenses sur une possible révision constitutionnelle, le président a condamné vigoureusement le recours aux armes et à la désinformation. Il a martelé que la violence ne saurait constituer un mode d’expression légitime dans l’arène politique. Félix Tshisekedi a été clair : menacer la République par les armes ne donne aucun droit prioritaire à la négociation et ne place pas les auteurs de ces actes au-dessus des lois.

Face aux périls sécuritaires qui touchent le pays, l’unité nationale a été présentée comme un impératif historique. Le chef de l’État a exhorté l’ensemble des forces vives — acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition, chefs religieux, opérateurs économiques et membres de la société civile — à faire preuve de retenue et de sens des responsabilités pour préserver la société africaine de nouveaux déchirements.

Des visions divergentes sur la concertation nationale

Malgré cet appel au rassemblement, le paysage politique congolais reste divisé sur les modalités d’un éventuel dialogue. Si le pouvoir privilégie un cadre institutionnel strict, une partie de l’opposition réclame une médiation portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).

Ces organisations religieuses plaident pour une rencontre inclusive qui aborderait notamment la justice transitionnelle, tout en évitant que le dialogue ne devienne une forme d’amnistie pour les responsables de crimes. Pendant ce temps, les démarches diplomatiques internationales, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que la médiation angolaise, n’ont pas encore abouti à une stabilisation concrète de la situation dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.