Crise humanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : l’ONU alerte sur 5,1 milliards de besoins urgents

Une situation humanitaire alarmante en Afrique de l’Ouest et du Centre

L’Organisation des Nations unies (ONU) tire la sonnette d’alarme face à la crise humanitaire qui frappe l’Afrique de l’Ouest et le Centre. Pour 2026, l’organisation et ses partenaires lancent un appel à mobilisation de 5,1 milliards de dollars afin de soutenir 24 millions de personnes en situation de grande précarité dans huit pays : le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Tchad.

Sans un financement immédiat, 42 millions d’individus seront davantage exposés à la faim, aux déplacements forcés et aux risques sécuritaires. Charles Bernimolin, chef du Bureau régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, met en garde : « Les populations vulnérables paieront le prix fort de l’indifférence collective. »

Des conflits et catastrophes naturelles qui aggravent la crise

La région subit une crise humanitaire de plus en plus profonde, marquée par des violences récurrentes, des conflits armés et des catastrophes environnementales. Ces facteurs poussent des milliers de familles à quitter leur foyer, souvent à plusieurs reprises, en quête de sécurité. Parmi les zones les plus touchées :

  • Le Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger) : l’insécurité s’étend désormais au Bénin, à la Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et en Mauritanie.
  • Le bassin du lac Tchad : l’instabilité persistante et le conflit au Soudan exacerbent les déplacements massifs.

Au total, 12,7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de leur pays, tandis que 3,7 millions ont franchi les frontières en tant que réfugiés ou demandeurs d’asile. Les femmes et les enfants, majoritaires dans ces flux, subissent des risques accrus, notamment violences basées sur le genre, exploitation et violences sexuelles.

Le changement climatique, un facteur aggravant

En 2025, des inondations dévastatrices ont frappé 12 pays, touchant plus de 2 millions de personnes. Les cultures détruites, les habitations endommagées et l’accès compromis aux services essentiels (écoles, centres de santé) plongent les populations dans une précarité accrue. La République démocratique du Congo a été particulièrement affectée, avec 830 000 personnes sinistrées.

Un financement insuffisant aux conséquences dramatiques

Malgré les efforts des donateurs, les opérations humanitaires restent sous-financées. En 2025, seulement 24 % des 7,8 milliards de dollars requis ont été collectés. Ce manque de ressources a contraint les organisations à réduire drastiquement leur assistance :

  • En République centrafricaine, l’aide en espèces a chuté de 75 %.
  • En RDC, 85 % des personnes ciblées pour un abri n’ont reçu aucun soutien.

Malgré ces restrictions, les humanitaires ont tout de même pu apporter une assistance à 19 millions de personnes d’ici fin 2025. Mais des millions d’autres restent sans aide, faute de moyens suffisants.

« Chaque dollar compte pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus large. » – Agences humanitaires de l’ONU

Un appel à l’action collective

Face à l’urgence, l’ONU appelle à briser l’indifférence et à mobiliser des ressources supplémentaires. Sans une réponse rapide et coordonnée, la situation ne pourra qu’empirer, avec des répercussions durables sur les populations les plus fragiles. L’objectif est clair : éviter que la crise ne s’étende et ne devienne ingérable.

L’ONU lance un appel urgent pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre face à une crise humanitaire croissante

L’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses partenaires humanitaires lancent un appel pressant : ils sollicitent 5,1 milliards de dollars pour assister 24 millions d’individus parmi les plus démunis d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette requête s’inscrit dans un plan humanitaire global de 33 milliards de dollars pour l’année 2026.

Pour l’année 2026, on estime que plus de 42 millions d’âmes nécessiteront une assistance vitale et une protection sécuritaire dans plusieurs nations d’Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Niger, au Nigéria, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Tchad.

Charles Bernimolin, qui dirige le Bureau régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a lancé une mise en garde sévère : « Sans un financement immédiat, les populations de cette région seront confrontées à une intensification de la faim, à des déplacements massifs et à des menaces accrues pour leur sécurité, entraînant une augmentation des souffrances. »

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) confirme que la région est plongée dans une crise humanitaire en pleine escalade, affectant des millions d’individus. Les violences incessantes, les conflits prolongés et les catastrophes écologiques forcent continuellement des familles à quitter leurs foyers, compromettant leur aptitude à satisfaire leurs exigences fondamentales.

L’insécurité grandissante au Sahel central et dans le bassin du lac Tchad

L’instabilité précaire qui sévit au Sahel central, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger, s’étend désormais aux pays voisins comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et la Mauritanie. De surcroît, la situation sécuritaire dégradée dans le bassin du lac Tchad, combinée au conflit en cours au Soudan, engendre des vagues de déplacements supplémentaires.

Par conséquent, des millions d’individus demeurent déracinés à travers la région, avec un total de 12,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et 3,7 millions de réfugiés ou demandeurs d’asile. Une grande partie de ces populations est composée de femmes et d’enfants, souvent forcés à des fuites répétées et confrontés à des périls majeurs, tels que les violences basées sur le genre, l’exploitation, y compris des cas de viols et de « sexe de survie ».

Alors que la violence continue de se propager, les effets du changement climatique exacerbent la fragilité des communautés. En 2025, des épisodes de pluies torrentielles et d’inondations ont impacté plus de 2 millions d’habitants dans 12 nations, anéantissant les récoltes, dévastant les foyers et entravant l’accès aux établissements scolaires et aux structures de santé. La République démocratique du Congo a subi un impact particulièrement lourd, avec plus de 830 000 personnes directement affectées.

Les conséquences dramatiques des réductions de financement humanitaire

En République centrafricaine, le nombre d’individus bénéficiant d’une aide financière directe a diminué de 75 %.

L’OCHA met en lumière un fait alarmant : malgré la bonne volonté des donateurs en 2025, les actions humanitaires déployées dans la région ont été gravement compromises par un manque de fonds criant. Sur les 7,8 milliards de dollars nécessaires, seuls 1,8 milliard ont été perçus, ce qui représente à peine 24 % des besoins.

Ces insuffisances de financement ont contraint les acteurs humanitaires à restreindre drastiquement leurs interventions et à opérer des choix cornéliens concernant les zones d’action et les populations les plus fragiles à soutenir.

Les répercussions de ces coupes budgétaires se sont avérées dévastatrices. En République centrafricaine, par exemple, le nombre de bénéficiaires d’aide monétaire a diminué de trois quarts, entravant sérieusement leur aptitude à couvrir leurs besoins impérieux. En République démocratique du Congo (RDC), où le conflit a engendré d’importants déplacements de population, 85 % des personnes visées par une aide au logement n’ont malheureusement reçu aucune assistance.

Malgré ces contraintes financières, les organisations humanitaires partenaires persistent dans leur engagement à répondre aux nécessités primordiales des populations d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

D’ici la fin de l’année 2025, les équipes humanitaires auront fourni une forme d’assistance à environ 19 millions d’individus dans cette vaste région. Cependant, les agences humanitaires ont souligné avec force que « l’insuffisance des fonds a malheureusement empêché d’atteindre plusieurs millions d’autres personnes en détresse ».

Tentatives de coup d’état en Afrique : une chronologie détaillée depuis 2020

Le Bénin s’est récemment ajouté à la série de nations africaines confrontées à des tentatives de prise de pouvoir par des factions militaires depuis 2020. Cette opération, qui a secoué le pays dimanche, n’a duré que quelques heures avant d’être officiellement déjouée par les autorités en place.

Conformément à un scénario observé à plusieurs reprises en Afrique de l’Ouest, des militaires béninois ont diffusé une déclaration télévisée dimanche, proclamant la déposition du président Patrice Talon et la dissolution des institutions gouvernementales, marquant ainsi un putsch express.

Toutefois, quelques heures après, Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur du Bénin, a rassuré via une vidéo en ligne, affirmant que cette tentative de renversement avait échoué. Il a qualifié l’action des soldats de « mutinerie visant à déstabiliser l’État et ses fondations », soulignant l’engagement indéfectible de l’armée envers la République.

Nous vous proposons ici une chronologie détaillée des coups d’état africains et des tentatives de putsch observées sur le continent, souvent alimentées par des élections controversées, des modifications constitutionnelles, des défis sécuritaires persistants et une jeunesse en quête de changement :

Mali : août 2020 et mai 2021

Le Mali a été le théâtre de deux prises de pouvoir successives depuis août 2020. Un groupe de soldats s’est mutiné et a procédé à l’arrestation de hauts gradés près de Bamako, après plusieurs semaines de manifestations citoyennes exigeant le départ du président Ibrahim Keïta, accusé de corruption et d’inefficacité face aux groupes armés.

Le colonel Assimi Goïta, figure militaire clé, a initialement mis en place un accord de partage du pouvoir avec Bah Ndaw, un président civil, Goïta occupant alors le poste de vice-président du gouvernement de transition. En 2021, suite à des désaccords persistants, Goïta a renversé Ndaw et s’est autoproclamé président. Il a reporté les élections prévues pour 2022 à l’année 2027.

Le Mali s’inscrit, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, dans un bloc de nations ouest-africaines enclavées, désormais sous direction militaire. Ces trois pays ont formé leur propre alliance après avoir quitté la CEDEAO, affichant clairement leur opposition à un retour rapide à la démocratie.

Tchad : avril 2021

Après le décès de son père en 2021, le général de l’armée Mahamat Idriss Déby a rapidement pris les rênes du pouvoir, prolongeant ainsi trois décennies de règne familial au sein de ce pays d’Afrique centrale.

Trois ans plus tard, il a organisé l’élection qu’il avait promise lors de son accession au pouvoir. Déby a été déclaré vainqueur, un résultat que l’opposition a aussitôt dénoncé comme frauduleux. Depuis, la répression des voix critiques s’est intensifiée. L’ancien Premier ministre Succès Masra, figure de l’opposition, a été condamné à 20 ans de prison plus tôt cette année.

Guinée : septembre 2021

Après 11 années à la tête du pays, Alpha Condé a été destitué par un groupe de soldats mené par Mamady Doumbouya. En 2020, Condé avait modifié la Constitution, lui permettant de briguer un troisième mandat, une décision qui avait suscité de vives tensions.

Doumbouya est désormais candidat aux élections de décembre et cherche à se défaire de son uniforme militaire, après qu’un référendum cette année a autorisé les membres de la junte à se présenter aux élections et a étendu la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.

Soudan : octobre 2021

L’armée soudanaise, sous la direction du général Abdel-Fattah Burhan, a orchestré un coup d’État en octobre 2021, déposant Omar el-Béchir, qui avait dirigé le pays pendant 26 ans.

Burhan a par la suite partagé le pouvoir avec Muhammad Dangalo, plus connu sous le nom de Hemetti, chef des Forces de soutien rapide (FSR).

En avril 2023, une rivalité latente entre les deux hommes a dégénéré en un des conflits les plus dévastateurs au monde, selon les Nations unies. La guerre civile se poursuit encore à ce jour.

Burkina Faso : janvier et septembre 2022

À l’instar de son voisin le Mali, le Burkina Faso a connu deux coups d’état africains successifs. En janvier 2022, Roch Kaboré a été renversé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba. En septembre de la même année, le capitaine Ibrahim Traoré, commandant d’une unité d’artillerie de l’armée burkinabè, a destitué Damiba pour les mêmes raisons que le précédent putsch : la dégradation alarmante de la situation sécuritaire.

Traoré dirige le pays depuis lors. En juillet, il a procédé à la dissolution de la commission électorale indépendante.

Niger : juillet 2023

Le général Abdourahamane Tchiani a renversé Mohamed Bazoum, mettant un terme à une période de transition démocratique rare au Niger. Ce coup d’État spectaculaire a engendré une crise majeure au sein de la CEDEAO, qui a menacé d’intervenir militairement si Bazoum n’était pas réintégré et si le pays ne revenait pas à la démocratie.

Cette crise a profondément divisé la région : le Niger s’est allié au Burkina Faso et au Mali pour former l’Alliance des États du Sahel.

Gabon : août 2023

Peu après que le président Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans et candidat à un troisième mandat, a été déclaré vainqueur de l’élection de 2023, un groupe de soldats est apparu à la télévision pour annoncer la prise de pouvoir. Ils ont annulé les résultats de l’élection et dissous toutes les institutions de l’État.

Brice Oligui Nguema, un cousin de Bongo, a pris la tête du pays et dirige le Gabon depuis lors. Il a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle d’avril.

Madagascar : octobre 2025

Exprimant leur frustration face aux pénuries chroniques d’eau et aux coupures d’électricité, des jeunes à Madagascar sont descendus dans les rues pour exiger la démission de l’ancien président Andry Rajoelina.

Rajoelina a plutôt dissous son gouvernement et refusé de démissionner, entraînant une prise de pouvoir militaire dans ce pays d’Afrique australe.

Guinée-Bissau : novembre 2025

Le 26 novembre, des soldats en Guinée-Bissau ont pris le pouvoir à la suite d’une élection présidentielle contestée trois jours plus tôt. Les critiques, y compris l’opposition, ont qualifié ce coup d’État de mise en scène orchestrée pour éviter la défaite du président sortant.

Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et le principal opposant, Fernando Dias, ont tous deux revendiqué la victoire de l’élection du 23 novembre.

Embaló a été libéré et autorisé à fuir vers le Sénégal voisin, d’où il est ensuite parti. La nouvelle junte militaire a procédé à des nominations, dont plusieurs parmi les alliés du président déposé.

Bénin : décembre 2025

Moins de deux semaines après le coup d’État en Guinée-Bissau, des soldats ont mené une prise de pouvoir similaire au Bénin, après que des coups de feu aient été entendus près du palais présidentiel.

Un groupe de soldats, se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation, est apparu à la télévision d’État pour annoncer la destitution du dirigeant du pays, Patrice Talon, et la dissolution des institutions étatiques.

Les soldats ont nommé le lieutenant-colonel Pascal Tigri président du comité militaire.

Quelques heures plus tard, des responsables ont annoncé que le coup d’État avait été déjoué par les forces armées et que l’armée restait « engagée envers la République ».

Le Bénin face à une tentative de coup d’État : putschistes en fuite, otages délivrés

Au Bénin, une journée dominicale a été marquée par une tentative de putsch. Des militaires ont fait irruption à la télévision nationale, déclarant la destitution du président Patrice Talon. Cependant, en soirée, le chef de l’État a rassuré la nation, affirmant que la situation était « totalement sous contrôle ».

Bien que l’opération visant à renverser le pouvoir ait été rapidement neutralisée au Bénin, plusieurs instigateurs de ce coup d’État déjoué dimanche demeurent introuvables, et les forces de l’ordre continuent activement leurs recherches. Une excellente nouvelle cependant : l’ensemble des otages, parmi lesquels figuraient des officiers de haut rang, ont été secourus et sont désormais en sécurité. Cette période de tension a également déclenché une mobilisation accrue de la région, prête à offrir un soutien, notamment militaire, au pays.

Le Bénin déjoue une tentative de coup d’État : la CEDEAO intervient pour la stabilité régionale

Les forces de sécurité du Bénin ont annoncé dimanche avoir neutralisé une tentative de putsch visant à destituer le président Patrice Talon. Ce dernier a rapidement affirmé que la situation était « totalement sous contrôle », tandis que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a promis un soutien militaire immédiat.

Cet événement majeur survient quelques mois avant la fin du second mandat de Patrice Talon, période maximale autorisée par la Constitution. Le Bénin, une nation d’Afrique de l’Ouest réputée pour sa croissance économique solide, fait face à des défis sécuritaires croissants, notamment des violences djihadistes dans ses régions septentrionales.

L’instabilité politique secoue intensément la région ouest-africaine depuis le début de la décennie. Plusieurs pays ont connu des coups d’État, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger – deux nations frontalières du Bénin – ainsi que la Guinée et, plus récemment fin novembre, la Guinée-Bissau.

Dimanche matin, des coups de feu ont été entendus aux abords du palais présidentiel à Cotonou. Peu après, des militaires sont apparus sur la télévision nationale pour déclarer la destitution du président Talon, justifiant leur action par la « dégradation de la situation sécuritaire » et la remise en question des « libertés fondamentales ».

Cependant, quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur béninois, Alassane Seidou, a contredit cette annonce en affirmant publiquement que la tentative de coup d’État avait été mise en échec.

Le président Patrice Talon a lui-même confirmé cette version lors d’une brève allocution télévisée dimanche soir, insistant sur le fait que l’ordre était « totalement sous contrôle » et que la « sécurité et l’ordre public seraient maintenus partout sur le territoire national ».

Il a également promis que « cette forfaiture ne resterait pas impunie », après avoir salué la garde républicaine à son retour au palais présidentiel.

Des motos-taxis transportant des passagers à un carrefour à Cotonou, sur fond de rumeurs d’un possible coup d’État dans le pays, le 7 décembre 2025

La France, ancienne puissance coloniale, a rapidement condamné la tentative de coup d’État dimanche soir, exhortant ses citoyens résidant au Bénin à faire preuve de « la plus grande prudence » et à « rester confinés » face à un « contexte encore volatil ».

Bien que la plupart des habitants de Cotonou, la capitale économique, aient vaqué à leurs occupations habituelles durant la journée, la ville s’est vidée plus tôt que d’ordinaire en soirée, d’après les observations d’un journaliste sur place.

Des barrages militaires ont été érigés dans les environs de la présidence et du camp militaire de Guézo, renforçant la présence sécuritaire.

« Ce soir, nous allons rentrer plus tôt. L’incertitude plane quant aux instigateurs de ce coup d’État », a confié Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans, reflétant l’inquiétude ambiante.

Nabil Sacca, un vendeur d’essence présent près du palais présidentiel ce matin-là, a témoigné : « J’ai commencé à entendre des tirs. J’ai préféré quitter le quartier par peur. »

Déploiement de troupes ouest-africaines

Des sources militaires ont rapporté l’arrestation d’une douzaine de soldats, dont certains identifiés comme des acteurs de cette tentative de putsch. Cependant, il n’a pas été confirmé si le lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté comme le chef des mutins, figurait parmi les détenus.

En fin d’après-midi, l’aviation nigériane a effectué des frappes aériennes à Cotonou, agissant « en lien avec les protocoles de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », a déclaré le général Ehimen Ejodamen, porte-parole de l’armée de l’air nigériane, sans spécifier les cibles précises.

Suite à ces événements, la CEDEAO a officiellement annoncé le « déploiement immédiat » de contingents militaires provenant du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Leur mission est de soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine » du Bénin afin de « préserver l’ordre constitutionnel ».

La Force en attente de la CEDEAO est investie d’un mandat clair pour assurer la paix et la stabilité régionales. Elle avait notamment été déployée en Gambie en 2017, suite au refus du président sortant Yahya Jammeh de céder le pouvoir.

Néanmoins, elle avait choisi de ne pas intervenir en 2023 après le coup d’État survenu au Niger.

L’Union africaine (UA) a également réagi en condamnant « fermement et sans équivoque » cette tentative de putsch.

L’histoire politique du Bénin est marquée par plusieurs coups d’État et tentatives, le dernier ayant eu lieu en 1972.

« C’est comme revivre les événements qu’ont connus nos parents à cette époque », a commenté Remy Agblo, un commerçant, exprimant son soulagement que la tentative ait été « heureusement déjouée ».

Patrice Talon, en fonction depuis 2016, achèvera son second et dernier mandat constitutionnel en 2026.

Son successeur pressenti, l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni, est considéré comme le favori incontesté pour l’élection présidentielle d’avril 2026, d’autant que le principal parti d’opposition a été exclu du processus électoral.

« Une tension palpable règne dans le pays depuis des mois en raison des prochaines élections », a observé Anatole Zinsou, informaticien à Cotonou, regrettant « l’exclusion » de certains acteurs politiques des scrutins.

Bien que Patrice Talon soit reconnu pour ses efforts en faveur du développement économique du Bénin, ses opposants l’accusent fréquemment d’avoir instauré un régime plus autoritaire, éloignant le pays de sa réputation passée de démocratie dynamique.

Bénin : le pouvoir déjoue une tentative de coup d’état, la stabilité est assurée

Le Bénin, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, a été le théâtre d’une tentative de coup d’état dimanche matin. Un groupe de militaires, se présentant sous l’appellation de « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a annoncé à la télévision publique avoir destitué le président Patrice Talon. Le signal de la chaîne a été interrompu peu après.

Cependant, l’entourage du président Patrice Talon a rapidement réagi, affirmant à l’Agence France-Presse (AFP) que le chef de l’État était en sécurité et que les forces armées régulières reprenaient le contrôle de la situation. Selon une source proche de la présidence, le mouvement putschiste ne contrôlait que la télévision, et l’ordre était en cours de rétablissement.

Cette même source a assuré que la ville de Cotonou, la capitale économique, ainsi que l’ensemble du pays, étaient « totalement sécurisés ». Des coups de feu avaient été signalés près de la résidence présidentielle à Cotonou, incitant l’ambassade de France à recommander à ses ressortissants de rester chez eux par mesure de prudence.

Une source militaire a par la suite confirmé que la situation était « sous contrôle », précisant que ni le domicile du président, ni la présidence de la République n’avaient été pris par les mutins. Le « nettoyage » des éléments subversifs était en bonne voie, selon cette source, qui anticipait un retour à la normale imminent.

Cette tentative s’inscrit dans un contexte régional marqué par une recrudescence des coups d’État en Afrique de l’Ouest, avec des événements similaires survenus au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et récemment en Guinée-Bissau. Le Bénin lui-même a connu plusieurs épisodes de tentatives de putsch au cours de son histoire politique.

Sur le plan national, le président Patrice Talon, élu en 2016, doit achever son second et dernier mandat en 2026, conformément à la Constitution. Bien que salué pour ses efforts en faveur du développement économique du Bénin, il est souvent critiqué par ses opposants pour ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire, dans un pays jadis considéré comme un modèle de démocratie. Le principal parti d’opposition est d’ailleurs écarté des prochaines échéances électorales, qui devraient voir s’affronter le parti au pouvoir et un candidat de l’opposition jugé « modéré ».

Bénin : coup d’État avorté à Cotonou, le gouvernement reprend la main

Des détonations ont résonné à Cotonou, la principale ville du Bénin, tandis que des militaires annonçaient sur la chaîne de télévision nationale la destitution du président Patrice Talon. Cependant, la réaction fut rapide : le ministre de l’Intérieur a promptement affirmé que cette « manœuvre » avait été « mise en échec ». Retour sur les événements qui ont secoué le pays.

Le président béninois Patrice Talon lors d’une cérémonie à Cotonou, en 2022.

Chronologie d’un coup d’État avorté au Bénin

Ce dimanche matin, un groupe de huit militaires, se présentant comme le « Comité militaire pour la refondation » (CMR), est apparu sur la télévision publique béninoise. Arborant des bérets de diverses couleurs et armés de fusils d’assaut, ils ont déclaré avoir destitué le président Patrice Talon. Un lieutenant-colonel a été désigné « président du CMR », justifiant cette prise de pouvoir par plusieurs griefs : une « dégradation continue de la situation sécuritaire au nord du Bénin », le « manque de considération envers les soldats tombés au front et leurs familles », et des « promotions injustes » au sein de l’armée. Ils ont également évoqué une « remise en cause déguisée des libertés fondamentales » et formulé des revendications sociales.

Afrique / Au Bénin des soldats ont annoncé à la télévision nationale avoir renversé le président Patrice Talon et pris le pouvoir. www.bbc.com/news/article…

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En parallèle, des coups de feu ont été signalés à Cotonou. Des militaires ont instauré des barrages, bloquant l’accès au palais présidentiel et à la télévision nationale, comme l’a constaté un journaliste de l’AFP. Des zones stratégiques, incluant des quartiers abritant des institutions internationales et l’hôtel Sofitel, ont également été rendues inaccessibles. Néanmoins, une grande partie de la population de Cotonou a poursuivi ses activités habituelles, ignorant l’agitation.

La réponse du gouvernement n’a pas tardé. Alassane Seidou, ministre béninois de l’Intérieur, a affirmé à la télévision que « face à cette situation, les forces armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre ». Il a précisé qu’il s’agissait d’un « groupuscule de personnes qui ont uniquement la télévision », assurant que « l’armée régulière reprend le contrôle. La ville (Cotonou) et le pays sont totalement sécurisés ». Selon des sources militaires et sécuritaires citées par l’AFP, une douzaine de militaires, y compris les instigateurs de la tentative de coup d’État, ont été arrêtés.

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Patrice Talon : un président sous pression

L’entourage du président Patrice Talon avait rapidement rassuré l’AFP sur sa sécurité, confirmant que l’armée reprenait le contrôle total de Cotonou. Une source militaire a précisé que les putschistes n’étaient parvenus à s’emparer ni de la résidence du chef de l’État, ni de la présidence de la République, ajoutant que la situation était « sous contrôle » et que le « nettoyage » des éléments subversifs était en cours.

Patrice Talon est attendu pour céder le pouvoir en avril 2026, après avoir effectué deux mandats, la Constitution béninoise limitant strictement le nombre de mandats présidentiels. À la tête de ce pays d’Afrique de l’Ouest, il a supervisé une période de croissance économique notable, bien que le nord du Bénin soit confronté à des violences djihadistes croissantes. Malgré ses succès économiques, ses détracteurs lui reprochent un virage autoritaire, contrastant avec la réputation démocratique passée du Bénin. Le principal parti d’opposition est d’ailleurs exclu de la prochaine élection présidentielle, qui devrait opposer le parti au pouvoir à un candidat d’opposition jugé « modéré ».

Condamnations internationales unanimes

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec fermeté, condamnant « cette action anticonstitutionnelle qui constitue une subversion de la volonté du peuple béninois ». Dans un communiqué, l’organisation régionale a exprimé son soutien au gouvernement et au peuple béninois, promettant d’employer « tous les moyens nécessaires » pour restaurer l’ordre constitutionnel.

De son côté, l’Union africaine (UA) a également condamné « fermement et sans équivoque » la tentative de coup d’État. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a exhorté, via un communiqué publié sur X, « tous les acteurs impliqués dans la tentative de coup d’État à cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner sans attendre à leurs obligations professionnelles », appelant les militaires à regagner leurs casernes.

Contexte géopolitique : une région sous tension

L’histoire du Bénin est marquée par plusieurs épisodes de turbulences politiques, incluant des coups d’État et des tentatives. On se souvient notamment des événements d’octobre 1963, où le colonel Christophe Soglo a renversé le gouvernement, ou encore de la reprise du pouvoir par les militaires en décembre 1965, avec le général Christophe Soglo à la tête d’un Comité de rénovation nationale. Un autre putsch en 1969 a vu Émile Derlin Zinsou destitué au profit d’un directoire militaire présidé par Paul Emile de Souza.

Plus récemment, sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin a déjà déjoué deux tentatives de coup d’État, en 2020 et en septembre 2024. Cette instabilité s’inscrit dans un contexte régional tendu, où l’Afrique de l’Ouest a été le théâtre de nombreux coups d’État depuis 2020, touchant des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée, et plus récemment, fin novembre 2025, la Guinée-Bissau.

Bénin : la présidence reprend le contrôle après une tentative de putsch

Au Bénin, des militaires ont tenté de renverser le président Patrice Talon ce dimanche 7 décembre, annonçant sa « destitution » sur les ondes de la télévision nationale. Cependant, l’entourage présidentiel a rapidement assuré que le chef de l’État était en sécurité et que les forces armées loyalistes reprenaient la maîtrise de la situation.

Ce petit État côtier d’Afrique de l’Ouest, réputé pour sa croissance économique stable, fait face à des défis sécuritaires, notamment des violences djihadistes dans sa région septentrionale. Le président Talon, dont le mandat devait s’achever en avril prochain avec une élection présidentielle, opère dans un contexte régional marqué par une série de coups d’État récents au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et, plus récemment, en Guinée-Bissau fin novembre.

Un collectif de militaires, se présentant sous l’appellation de « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a revendiqué la « destitution » de Patrice Talon sur la chaîne de télévision publique béninoise. Le signal de cette dernière a été interrompu quelques heures après cette déclaration.

Rapidement après l’annonce des mutins, une source proche du président Talon a confirmé sa sécurité et le rétablissement de l’ordre par l’armée. « Il s’agit d’un petit groupe qui n’a eu accès qu’à la télévision. L’armée légitime est en train de reprendre le contrôle total. La capitale économique, Cotonou, et l’ensemble du territoire sont entièrement sécurisés », a-t-elle précisé.

L’ambassade de France a diffusé un message sur X (anciennement Twitter) ce dimanche matin, faisant état de « coups de feu signalés près de la résidence du président de la République » à Cotonou, et exhortant ses ressortissants à demeurer chez eux pour leur sécurité.

Une source au sein des forces armées a corroboré que la situation était « sous contrôle », précisant que les instigateurs du coup n’avaient réussi à s’emparer « ni de la résidence du chef de l’État, ni de la présidence de la République ». Elle a ajouté : « Ce n’est qu’une question de temps avant que tout ne revienne à la normale. L’opération de sécurisation progresse favorablement. »

Accès restreint à des points stratégiques

Un journaliste présent sur place a observé que l’accès à la télévision nationale et au palais présidentiel était entravé par des barrages militaires dimanche matin. De même, plusieurs zones clés de la capitale économique, Cotonou, incluant le Sofitel, un hôtel de luxe, et les quartiers abritant des organisations internationales, étaient inaccessibles. Néanmoins, l’aéroport demeurait ouvert et aucune présence militaire inhabituelle n’était visible dans le reste de la ville, où les citoyens poursuivaient leurs activités habituelles.

Le Bénin, dont l’histoire politique est riche en épisodes de coups d’État et de tentatives, voit le président Patrice Talon achever son second et dernier mandat constitutionnel en 2026, après avoir pris ses fonctions en 2016. Le paysage politique actuel est caractérisé par l’exclusion du principal parti d’opposition, laissant la compétition électorale entre le parti au pouvoir et un candidat de l’opposition jugé « modéré ».

Bien que salué pour ses efforts en faveur du développement économique du Bénin, Patrice Talon est fréquemment critiqué par ses opposants qui lui reprochent une dérive autoritaire, dans un pays jadis reconnu pour la vitalité de sa démocratie.

Bénin : déjouer un putsch, la résilience face à l’instabilité

Une tentative de coup d’État, bien que rapidement maîtrisée, a secoué le pouvoir du président Patrice Talon au Bénin. Au petit matin de ce dimanche 7 décembre, un groupe de militaires insurgés a brièvement pris le contrôle de la télévision nationale, la SRTB à Cotonou, annonçant la destitution du chef de l’État. Le président, âgé de 67 ans et dont le mandat doit s’achever en avril 2026, a été mis en sécurité tandis que les forces loyales reprenaient progressivement les sites stratégiques. Des sources sécuritaires ont révélé que les mutins avaient d’abord ciblé sa résidence privée dans le quartier de Guézo avant d’être repoussés. En fin de matinée, la capitale économique était placée sous haute surveillance, avec des hélicoptères survolant la zone et des patrouilles sillonnant les rues, la situation tendant à se stabiliser au fil de la journée. Cet événement marque un coup d’État inattendu dans un pays qui n’avait pas connu de putsch depuis celui de Mathieu Kérékou en 1972.

Lors d’une brève allocution diffusée dimanche soir au journal de 20h, Patrice Talon a déclaré : « Notre pays a traversé aujourd’hui des événements d’une gravité extrême. Cette trahison ne restera pas impunie. » Le président a également mentionné que des individus étaient toujours retenus par des mutins en fuite, soulignant l’urgence de sécuriser pleinement la situation et d’assurer la protection des citoyens.

Ces incidents ont malheureusement entraîné la mort de l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire présidentiel, lors de l’assaut contre son domicile à Abomey-Calavi. La fille de ce proche collaborateur, promu général de corps aérien en juin dernier, a également été blessée par les tirs des assaillants.

Selon les précisions du ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, la mutinerie a débuté « au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, lorsqu’un groupuscule de soldats a tenté de déstabiliser l’État et ses institutions. » Il a ajouté que « les Forces armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre. Aussi, le Gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations. »

Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a confirmé que la majorité des soldats étaient restés fidèles au président, et que seule une « petite faction » avait cherché à prendre le pouvoir.

Depuis, plusieurs sources sécuritaires concordantes ont rapporté l’arrestation d’au moins une douzaine de militaires, incluant les présumés instigateurs de la tentative de putsch, ainsi qu’un ancien membre radié de l’armée béninoise.

Les cibles des mutins : résidence présidentielle et télévision publique

Les premières détonations ont retenti à l’aube. D’après diverses sources sécuritaires, un groupe de soldats, soutenu par des « éléments extérieurs » décrits comme des mercenaires, a d’abord tenté de s’introduire dans les résidences de hauts gradés avant de se diriger vers la demeure du président et le palais présidentiel, puis de s’emparer de la télévision publique. Sur place, le personnel a été contraint d’assister à l’enregistrement d’un message des mutins. Dans cette déclaration, les insurgés affirmaient agir sous l’autorité du lieutenant-colonel Pascal Tigri, annonçaient la création d’un « Comité militaire pour la refondation » dirigé par lui, et proclamaient la destitution de Patrice Talon, à quelques mois de la fin officielle de son mandat.

Le lieutenant-colonel Tigri a ensuite déclaré la suspension de la Constitution et de toutes les institutions du pays, affirmant que « l’armée nationale exercerait jusqu’à nouvel ordre la plénitude des pouvoirs dévolus à l’État du Bénin ». Il a justifié cette action par la volonté de mettre fin à ce qu’il décrivait comme « la gouvernance de Patrice Talon et la privation de certains citoyens de leurs droits de choisir leur candidat », dénonçant également « le vote de lois crisogènes », « le renvoi en exil de certains citoyens » et « les arrestations tous azimuts ».

Très tôt, les ambassades des États-Unis et de France ont réagi. L’ambassade américaine a émis une alerte à ses ressortissants, signalant des « échanges de coups de feu » dans le quartier de Guézo, où se trouve la résidence privée du président. L’ambassade de France a également appelé ses citoyens à la plus grande prudence.

Cependant, ce coup de force a été rapidement contré sur le terrain. Peu après la déclaration des mutins, d’intenses échanges de tirs ont éclaté autour du port et du palais présidentiel. Les éléments de la garde républicaine, restés fidèles au chef de l’État, ont lancé une contre-offensive pour reprendre les positions stratégiques. L’accès à la marina, où est situé le palais présidentiel, a été immédiatement bouclé, tandis que des hélicoptères survolaient la zone et que plusieurs axes majeurs de Cotonou étaient coupés. Le gouvernement béninois a sollicité l’aide de l’armée nigériane, qui a déployé des avions de chasse et des troupes au sol pour sécuriser la télévision publique et un camp militaire occupés par les mutins.

Confusion et retour au calme progressif dans la capitale

Pendant plusieurs heures, une grande confusion a régné. Les rumeurs se sont propagées rapidement via TikTok, Facebook et les boucles WhatsApp, seuls canaux d’information actifs en l’absence de communication officielle rapide. Dans ce brouillard informationnel, chacun tentait de comprendre la réalité des événements dans la capitale.

En début d’après-midi, les détonations avaient cessé et des unités de police occupaient les principaux carrefours du centre-ville. Des témoins interrogés ont décrit une atmosphère mêlant inquiétude et retenue. « On ne sait toujours pas exactement ce qu’il s’est passé », a confié une habitante du quartier Cimetière PK-14. D’autres Béninois s’interrogent sur les suites et craignent d’éventuelles répliques.

Pour un pays longtemps considéré comme un havre de stabilité en Afrique de l’Ouest, cette tentative de putsch a provoqué un véritable choc. Dix jours après le coup d’État en Guinée-Bissau et moins de deux mois après celui de Madagascar, le Bénin rejoint la liste croissante des régimes démocratiques de la région menacés par les militaires, notamment le Niger, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et, le mois dernier, la Guinée-Bissau pour la neuvième fois depuis 2020.

Condamnations régionales et soutien militaire international

La tentative de putsch a immédiatement été condamnée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine. L’UA a dénoncé « fermement et sans équivoque » cet acte contre l’ordre constitutionnel, appelant les militaires impliqués à regagner leurs casernes. Dans un communiqué diffusé sur X, le président de la Commission panafricaine, Mahamoud Ali Youssouf, a exhorté « tous les acteurs engagés dans cette tentative » à cesser « immédiatement » toute action illégale et à « retourner sans délai à leurs obligations professionnelles ».

De son côté, la CEDEAO a annoncé dimanche soir le déploiement de troupes au Bénin, suite à la rapide neutralisation de la tentative de putsch par les autorités. L’organisation régionale a précisé avoir « ordonné le déploiement immédiat d’éléments de la Force en attente », avec des contingents provenant du Nigeria, de Sierra Leone, de Côte d’Ivoire et du Ghana, dans le but de soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine du Bénin » et de « préserver l’ordre constitutionnel ».

Présidentielle et défis sécuritaires : le Bénin à la croisée des chemins

À quelques mois de l’élection présidentielle d’avril, qui marquera la fin de son mandat, Patrice Talon évolue dans un environnement complexe. Le nord du pays est toujours confronté aux attaques djihadistes liées à Al-Qaïda, ayant causé la mort de 54 soldats en avril dernier.

Sur le plan politique, l’actuel président, ancien homme d’affaires et magnat du coton, au pouvoir depuis 2016, quittera la scène à l’issue de son deuxième et dernier mandat, conformément à la Constitution. Cependant, il a préparé sa succession avec soin : la coalition au pouvoir (Bloc républicain (BR) et l’UP-R), consolidée au fil des années, a déjà désigné son successeur en la personne du ministre des Finances Romuald Wadagni, figure clé des politiques économiques menées durant la dernière décennie.

La révision constitutionnelle adoptée le mois dernier, qui instaure un Sénat et prolonge les mandats présidentiel et législatif de cinq à sept ans, suscite de vifs débats et critiques. L’exclusion du candidat du principal parti d’opposition, Les Démocrates, renforce l’avantage du camp sortant, bien que la limitation à deux mandats reste en vigueur. À l’approche de la présidentielle, cette réforme est un point de cristallisation des tensions.

Selon des sources proches du dossier, les mutins nourrissaient des doléances politiques contre le pouvoir en place, dénonçant une gouvernance qu’ils percevaient comme excluante. La question des éventuels commanditaires de cette tentative de coup d’État demeure également en suspens, et sa résolution pourrait révéler des tensions plus profondes au sein de l’armée et du paysage politique béninois.

Le Bénin face à une tentative de coup d’état : ce que l’on sait du dimanche mouvementé

Ce que l’on sait de la tentative de coup d’État au Bénin ce dimanche matin  (Photo du président du Bénin Patrice Talon)
MATEUS BONOMI / AGIF via AFP
Ce que l’on sait de la tentative de coup d’État au Bénin ce dimanche matin (Photo du président du Bénin Patrice Talon)

Le dimanche 7 décembre a été le théâtre d’une tentative de coup d’État au Bénin. Le gouvernement béninois a rapidement annoncé avoir « mis en échec » cette manœuvre à Cotonou. Des militaires avaient auparavant diffusé un message à la télévision publique, affirmant destituer le président Patrice Talon de ses fonctions.

Le président Patrice Talon, dont l’entourage a confirmé la sécurité, doit achever son second mandat en avril prochain, conformément à la Constitution. Ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest connaît une croissance économique notable, mais fait face à une recrudescence des violences jihadistes dans ses régions septentrionales.

À Cotonou, la situation demeurait tendue dimanche à la mi-journée. Des tirs ont été signalés dans la capitale économique, et des barrages militaires entravaient l’accès au palais présidentiel. Malgré ces événements, une partie de la population poursuivait ses activités quotidiennes. Voici les informations disponibles sur cette journée mouvementée.

Le « Comité militaire pour la refondation » et ses motivations

Ce dimanche matin, huit soldats, arborant des bérets de diverses couleurs et armés de fusils d’assaut, se sont identifiés comme le « Comité militaire pour la refondation » (CMR) et ont déclaré à la télévision nationale béninoise avoir renversé le président Patrice Talon.

Ils ont désigné un lieutenant-colonel comme « président du CMR » et ont justifié leur prise de pouvoir par plusieurs griefs : la « dégradation continue de la situation sécuritaire au nord du Bénin », l’« indifférence envers les soldats tombés au front et leurs familles », ainsi que des « promotions jugées injustes au détriment des plus méritants ». Ils ont également critiqué une remise en question « déguisée des libertés fondamentales » par le pouvoir en place et ont présenté des revendications sociales.

Le président sécurisé, l’armée loyaliste reprend le contrôle

Cependant, l’armée béninoise est restée fidèle aux institutions. « Face à cette situation, les forces armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a affirmé plus tard à la télévision le ministre béninois de l’Intérieur, Alassane Seidou. Ces déclarations sont intervenues alors que des coups de feu continuaient d’être entendus à Cotonou, selon des témoins interrogés par l’AFP.

L’entourage du président Talon avait précisé à l’AFP dans la matinée qu’il était en sécurité et que l’armée loyaliste reprenait la main. « Il s’agit d’un groupuscule de personnes qui ont uniquement la télévision. L’armée régulière reprend le contrôle. La ville (Cotonou) et le pays sont totalement sécurisés », a rapporté cette source.

Un journaliste de l’AFP a constaté que l’accès à la télévision nationale et à la présidence était bloqué par des militaires. Plusieurs autres zones stratégiques, incluant le Sofitel – un hôtel cinq étoiles de la capitale économique – et les quartiers abritant des institutions internationales, étaient également inaccessibles.

Une opération de « nettoyage » en cours

Une source militaire, citée par l’AFP, a confirmé que la situation était désormais « sous contrôle » et que les putschistes n’avaient réussi à prendre « ni le domicile du chef de l’État », ni « la présidence de la République ». « C’est une question de temps pour que tout rentre dans l’ordre. Le nettoyage suit bien son cours », a ajouté cette source.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a « fermement condamné cette action anticonstitutionnelle qui constitue une subversion de la volonté du peuple béninois », exprimant son « soutien au gouvernement et au peuple (béninois) par tous les moyens nécessaires », dans un communiqué officiel.

L’Union africaine (UA) a également « fermement et sans équivoque » condamné la tentative de coup d’État, exhortant les militaires à regagner leurs casernes. Dans un communiqué diffusé sur X, elle a appelé « tous les acteurs impliqués dans la tentative de coup d’État à cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner sans attendre à leurs obligations professionnelles ».

Le Bénin, Patrice Talon et les défis démocratiques régionaux

L’histoire politique du Bénin est marquée par plusieurs coups d’État et tentatives. Patrice Talon, arrivé au pouvoir en 2016, doit achever son second et dernier mandat en 2026, conformément aux limites constitutionnelles.

Le principal parti d’opposition est écarté des prochaines élections présidentielles, laissant la course au parti au pouvoir et à un opposant qualifié de « modéré ».

Malgré les éloges pour le développement économique du Bénin, Patrice Talon est souvent critiqué par ses détracteurs pour un virage autoritaire, contrastant avec la réputation démocratique passée du pays.

Plus largement, l’Afrique de l’Ouest a été le théâtre de nombreux coups d’État depuis le début de la décennie, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et, plus récemment fin novembre, en Guinée-Bissau.

Asile politique en Guinée-Bissau : le Nigeria protège le candidat aux élections

Le Nigeria offre l’asile à Fernando Dias, candidat à la présidence de Guinée-Bissau après un coup d’État

Fernando Dias da Costa, candidat à la présidence de Guinée-Bissau, portant un chapeau rouge

Le Nigeria a accordé une protection diplomatique au candidat à la présidence de Guinée-Bissau, Fernando Dias da Costa, après qu’un coup d’État militaire ait empêché la proclamation des résultats des élections du 23 novembre dernier.

Âgé de 47 ans et représentant du Parti pour le renouveau social (PRS), Dias da Costa bénéficiait d’une protection renforcée à l’ambassade du Nigeria à Bissau. Selon le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, cette décision s’inscrit dans un contexte de menaces sérieuses pesant sur sa sécurité et son intégrité physique.

Le candidat s’opposait à Umaro Sissoco Embaló, président sortant en quête d’un second mandat. Ce dernier a quitté le pays immédiatement après le putsch, laissant le champ libre aux militaires qui ont suspendu le processus électoral.

Contexte politique tendu

Trois jours après le scrutin, l’armée a justifié son intervention en évoquant un prétendu complot visant à déstabiliser le pays. Elle a par ailleurs instauré un couvre-feu strict et interdit toute manifestation, sous peine de sanctions sévères.

Une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est rendue en Guinée-Bissau pour tenter de rétablir l’ordre constitutionnel et obtenir la publication des résultats. Les discussions menées par le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Alhaji Musa Timothy Kabba, avec la junte militaire ont été qualifiées de « productives », bien que les désaccords persistent.

Protection diplomatique et accusations de coup d’État

Dans une missive adressée au président de la Commission de la CEDEAO, Alieu Omar Touray, le ministre Yusuf Tuggar a souligné que l’accueil de Dias da Costa dans les locaux de l’ambassade nigériane reflétait « l’engagement ferme » du Nigeria à défendre la souveraineté populaire de Guinée-Bissau. La lettre a également demandé le déploiement de soldats de la CEDEAO pour garantir la sécurité du candidat.

Les motivations réelles du coup d’État restent floues. Plusieurs personnalités, dont l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan et le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, ont évoqué la possibilité d’un coup d’État fabriqué, sans pour autant fournir de preuves tangibles.

Des organisations de la société civile locale accusent Embaló d’avoir orchestré cette crise pour éviter la publication des résultats, dans l’éventualité d’une défaite électorale. Ce dernier, déjà critiqué pour son utilisation des crises politiques afin de museler l’opposition, n’a pas réagi aux allégations.

Après avoir été brièvement autorisé à se rendre au Sénégal, Embaló aurait ensuite gagné le Congo-Brazzaville.

Crise institutionnelle et réactions internationales

La junte militaire a nommé un dirigeant de transition, le général Horta N’Tam, pour une période d’un an. En réponse, la CEDEAO a suspendu la Guinée-Bissau de ses instances décisionnelles jusqu’au retour à l’ordre démocratique.

Cette situation s’inscrit dans une longue série d’instabilité politique dans le pays, marqué par au moins neuf tentatives de coup d’État depuis son indépendance du Portugal en 1974. Enclavée entre le Sénégal et la Guinée, la Guinée-Bissau est également connue pour son rôle dans le trafic de drogue, où l’armée exerce une influence prépondérante.

Les tensions persistent à Bissau, où le siège du PAIGC, parti historique de la lutte anticoloniale, a été envahi par des milices armées. Son leader, Domingos Pereira, a été arrêté le jour du coup d’État, selon les informations relayées par son entourage et les membres de son parti.

Le Niger s’engage résolument vers la souveraineté sanitaire : une vision africaine partagée à Dakhla

Le Colonel-major Garba Hakimi, ministre nigérien de la Santé et de l’Hygiène Publiques, a mis en lumière l’engagement du Niger en faveur de la souveraineté sanitaire. Cette déclaration a été faite à Dakhla, au Maroc, le samedi 29 novembre, à l’issue du premier sommet africain dédié aux systèmes de santé, auquel il a activement participé.

Cette ambition d’autonomie sanitaire est une priorité majeure pour les plus hautes sphères du pouvoir au Niger, incluant le Général d’armée Abdourahmane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, ainsi que le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances. Le gouvernement déploie des efforts considérables pour renforcer le secteur de la santé.

Des progrès significatifs ont été réalisés, notamment par la construction d’infrastructures modernes. De nouveaux hôpitaux et centres de santé intégrés voient le jour à travers le territoire national, visant à dynamiser les soins de santé primaires au niveau communautaire. Le ministre a souligné qu’un système de santé performant repose impérativement sur des bases solides pour la prise en charge des soins essentiels.

Dans cette optique, des investissements massifs sont alloués à l’acquisition d’équipements médicaux de pointe. L’objectif est de garantir aux professionnels de santé les moyens de poser des diagnostics précis et d’assurer une prise en charge curative efficace. Parallèlement, un accent particulier est mis sur la formation continue et la spécialisation du personnel, car la performance des outils dépend directement de l’expertise de ceux qui les utilisent.

Les autorités nigériennes soutiennent le secteur de la santé par des allocations budgétaires substantielles. Ces mesures s’accompagnent d’initiatives sociales fortes, telles que la gratuité des soins pour certaines catégories de la population et une réduction de 50% sur les tarifs des prestations dans les établissements publics.

La gratuité de services essentiels comme les accouchements et la prise en charge des enfants de moins de cinq ans, conjuguée au développement des infrastructures, vise à démocratiser l’accès aux soins pour tous les citoyens. Cette dynamique ambitieuse rapproche le Niger de l’objectif de la couverture sanitaire universelle, un engagement ferme des dirigeants.

Concernant les conclusions du sommet de Dakhla, le ministre Hakimi a rapporté que les experts africains y ont analysé en profondeur les systèmes de santé du continent. Malgré des avancées notables, de nombreux défis persistent, dont la fragilité des systèmes, les problématiques de gouvernance et les lacunes en matière de financement.

Pour le représentant nigérien, il est crucial, au-delà de l’identification des obstacles, de définir des stratégies claires. L’objectif est de bâtir un système de santé robuste, résilient et performant, capable d’atteindre la souveraineté sanitaire tant désirée. C’est la voie à suivre pour progresser concrètement.

Le ministre a salué la réussite du sommet, soulignant qu’il a permis de reconnaître et d’adhérer à la vision du Roi du Maroc, axée sur une Afrique autonome en matière de santé. Dans ce cadre, il a participé à l’inauguration du siège de l’Académie africaine des sciences de la santé le samedi 29 novembre.

Le Maroc, pionnier dans ce domaine, s’est engagé dans la construction d’hôpitaux universitaires, d’universités et de diverses structures sanitaires, y compris un vaste complexe à Dakhla visité par la délégation. Le Colonel-major Garba Hakimi a insisté sur le rôle primordial des ressources humaines qualifiées pour une souveraineté sanitaire effective, affirmant qu’un système de santé solide et performant est indissociable d’un personnel compétent. Il a exprimé le souhait que cette vision royale soit adoptée par d’autres chefs d’État africains pour un développement continental.

Le ministre a rappelé l’importance des recommandations faites par certains chefs d’État, préconisant l’affectation de 15% du budget national au secteur de la santé. Un financement adéquat est essentiel pour l’acquisition d’équipements, la formation du personnel et l’établissement d’un système de santé robuste, menant à l’autonomie sanitaire. Il a martelé que cette souveraineté est atteignable par des efforts internes, sans dépendre exclusivement de l’aide extérieure.

Au-delà des dotations budgétaires classiques, de plus en plus de nations africaines reconnaissent la nécessité d’explorer des mécanismes de financement innovants. Une combinaison judicieuse de ces approches est perçue comme la clé pour consolider durablement les systèmes de santé.

Le ministre s’est montré optimiste quant à la feuille de route de la déclaration de Dakhla, articulée autour de cinq piliers fondamentaux : l’épidémiologie, le capital humain et la formation, la recherche et l’innovation, le financement et la gouvernance, ainsi que les infrastructures et l’accès équitable. Il a affirmé avec conviction que la concrétisation de ces axes permettrait d’atteindre la souveraineté sanitaire recherchée, soulignant que l’essentiel réside dans la volonté de se mettre au travail.

Le premier sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire, qui s’est tenu à Dakhla du 28 au 29 novembre 2025, a rassemblé environ 200 experts du continent. Ces rencontres ont été l’occasion d’approfondir les réflexions sur l’autonomie sanitaire, un projet activement soutenu par le Roi du Maroc.