Bénin : le pouvoir déjoue une tentative de coup d’état, la stabilité est assurée

Le Bénin, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, a été le théâtre d’une tentative de coup d’état dimanche matin. Un groupe de militaires, se présentant sous l’appellation de « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a annoncé à la télévision publique avoir destitué le président Patrice Talon. Le signal de la chaîne a été interrompu peu après.

Cependant, l’entourage du président Patrice Talon a rapidement réagi, affirmant à l’Agence France-Presse (AFP) que le chef de l’État était en sécurité et que les forces armées régulières reprenaient le contrôle de la situation. Selon une source proche de la présidence, le mouvement putschiste ne contrôlait que la télévision, et l’ordre était en cours de rétablissement.

Cette même source a assuré que la ville de Cotonou, la capitale économique, ainsi que l’ensemble du pays, étaient « totalement sécurisés ». Des coups de feu avaient été signalés près de la résidence présidentielle à Cotonou, incitant l’ambassade de France à recommander à ses ressortissants de rester chez eux par mesure de prudence.

Une source militaire a par la suite confirmé que la situation était « sous contrôle », précisant que ni le domicile du président, ni la présidence de la République n’avaient été pris par les mutins. Le « nettoyage » des éléments subversifs était en bonne voie, selon cette source, qui anticipait un retour à la normale imminent.

Cette tentative s’inscrit dans un contexte régional marqué par une recrudescence des coups d’État en Afrique de l’Ouest, avec des événements similaires survenus au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et récemment en Guinée-Bissau. Le Bénin lui-même a connu plusieurs épisodes de tentatives de putsch au cours de son histoire politique.

Sur le plan national, le président Patrice Talon, élu en 2016, doit achever son second et dernier mandat en 2026, conformément à la Constitution. Bien que salué pour ses efforts en faveur du développement économique du Bénin, il est souvent critiqué par ses opposants pour ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire, dans un pays jadis considéré comme un modèle de démocratie. Le principal parti d’opposition est d’ailleurs écarté des prochaines échéances électorales, qui devraient voir s’affronter le parti au pouvoir et un candidat de l’opposition jugé « modéré ».