Mali : alliance des juntes du Burkina et du Niger pour une force militaire conjointe
Une alliance militaire en gestation contre les groupes jihadistes
Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunies au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont entamé des discussions stratégiques à Bamako pour concrétiser une force armée commune. Cette initiative vise à contrer l’expansion des groupes armés affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique, qui menacent la stabilité de la région depuis plus de dix ans.
Une force multinationale encore en phase de lancement
Lors de ce sommet, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne, et le président malien Assimi Goïta, ont échangé sur les modalités de déploiement de cette force. Le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant la junte burkinabé, a rejoint les discussions le lendemain. Bien qu’un étendard ait été officiellement remis à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES), symbolisant son activation, aucune date précise n’a été annoncée pour son entrée en opération effective.
Un responsable du ministère malien de la Défense a souligné l’engagement des trois pays : « Chaque État a mobilisé des troupes et du matériel. Nous combattrons ensemble sur le terrain ». Cette coopération marque une volonté de renforcer la souveraineté régionale, loin des partenariats traditionnels avec l’Occident.
Des défis sécuritaires persistants
Les trois pays de l’AES subissent depuis des années des attaques répétées de groupes jihadistes. Récemment, ces derniers ont intensifié leurs actions dans le sud du Mali, perturbant gravement l’économie locale. Au Burkina Faso et au Niger, les violences poussent des milliers de civils à l’exil, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
D’autres avancées économiques et médiatiques
En marge des discussions militaires, les dirigeants ont également lancé les bases d’une banque d’investissement commune, dont le siège sera établi à Bamako. Par ailleurs, une nouvelle chaîne de télévision dédiée à l’AES, « Télévision AES », a été inaugurée, bien que sa date de diffusion n’ait pas été précisée.
Cette alliance, qui s’éloigne de l’ancienne puissance coloniale française et de la CEDEAO, se tourne vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie, pour soutenir ses ambitions économiques et sécuritaires.