Dans un contexte politique tendu en République démocratique du Congo (RDC), le président Félix Tshisekedi a opéré un revirement significatif. Le jeudi 13 août, alors qu’un « compte à rebours » avec la Coalition Article 64 (C64) atteignait son paroxysme, le chef de l’État a demandé au Parlement de réexaminer la loi définissant les modalités d’organisation d’un référendum sur une éventuelle réforme constitutionnelle. La C64, une alliance des principales forces d’opposition congolaises, avait été lancée en mai.

Ce projet de loi, soutenu par le parti présidentiel depuis 2024, est considéré par la coalition comme un moyen détourné pour Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, une perspective expressément interdite par la Constitution de 2006. Cette situation est au cœur des débats sur la politique africaine actuelle.

À Kinshasa, la veille, le mercredi 12 août, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64, avait averti que l’opposition cesserait d’« écouter de conseils » pour privilégier la mobilisation si le président n’engageait pas de dialogue national. La coalition avait d’ailleurs fixé la date du samedi 15 août pour évaluer les avancées d’un tel dialogue, appelant le peuple Afrique à la « mobilisation et à la résistance » si le retrait de la proposition de loi référendaire n’était pas acté au Parlement.

Un geste salué mais insuffisant

Bien que cette concession du président Tshisekedi ne réponde pas pleinement aux attentes de la coalition, qui a affirmé maintenir sa pression, elle est néanmoins perçue comme « un petit pas dans la bonne direction ». C’est ce qu’a déclaré Prince Epenge, cofondateur de la Coalition C64, exprimant une voix des peuples africains en quête de démocratie.

Par ailleurs, une manifestation organisée par la C64 à Kinshasa, initialement prévue le 22 juillet, avait été reportée suite à l’intervention des Églises catholique et protestante du Congo. Ces dernières avaient appelé les différents acteurs politiques à privilégier le dialogue, soulignant la complexité de la société africaine face aux enjeux constitutionnels.

En parallèle des actions de la C64, soixante-cinq organisations de la société civile congolaise avaient également adressé un mémorandum au chef de l’État et aux institutions clés du pays le lundi 10 août. Elles y exhortaient Félix Tshisekedi à abandonner son projet de référendum visant à modifier la Constitution. Selon ces organisations, une telle initiative risquerait « d’exacerber les tensions politiques, d’aggraver les fractures sociales et de détourner les institutions des véritables priorités de la nation ». L’actualité africaine citoyenne en RDC reste donc marquée par cette forte opposition à la réforme.