RDC : des soignants non payés face à l’épidémie d’Ebola, alerte le Conseil international des infirmières

rDC : des soignants non payés face à l’épidémie d’Ebola, alerte le Conseil international des infirmières

Soignants en combinaison de protection lors d'une intervention contre Ebola en rDC

Face à la 17e épidémie d’Ebola déclarée en rDC le 15 mai, le Conseil international des infirmières (CII) tire la sonnette d’alarme. L’organisation dénonce le retard dans le versement des salaires des soignants en première ligne, essentiels pour endiguer la propagation du virus.

Avec des structures sanitaires parmi les moins dotées au monde, la République démocratique du Congo peine à mobiliser les ressources nécessaires. Le CII, qui fédère plus de 140 associations nationales représentant 30 millions d’infirmières et infirmiers, exige une action immédiate des autorités.

« On ne peut pas combattre Ebola sans rémunérer ceux qui risquent leur vie chaque jour », déclare Howard Catton, directeur général du CII. Plusieurs mois après le début de l’épidémie, de nombreux professionnels de santé attendent toujours leurs indemnités de risque impayées.

Le CII a adressé une lettre au ministre de la Santé de la rDC, Roger Kamba, pour exiger le paiement immédiat des salaires en suspens et la mise en place d’un système de rémunération régulier.

Les soignants engagés dans la riposte signalent ne pas avoir été payés depuis deux à trois mois, malgré les risques encourus. Le CII rappelle que la protection des professionnels de santé passe aussi par des équipements adaptés, des assurances et des indemnisations.

Cette épidémie, déjà la deuxième plus meurtrière de l’histoire, progresse à un rythme alarmant. En trois mois, elle a causé plus de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés, un bilan bien plus lourd que lors des trois premiers mois de l’épidémie en Afrique de l’Ouest (2014-2016).

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, souligne : « Cette flambée se propage plus rapidement que toutes les précédentes. Au rythme actuel, elle pourrait dépasser celle de 2014-2016. »

Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de riposte, seuls 264 millions ont été mobilisés. Aucun vaccin spécifique n’existe encore contre le variant Bundibugyo responsable de cette épidémie.

En attendant, l’OMS propose d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, efficace contre la souche Zaïre du virus. Les autorités sanitaires congolaises devraient examiner prochainement le protocole soumis par l’organisation.