Président camerounais Paul Biya : un pouvoir à distance depuis la Suisse ?
Un président camerounais absent : le pouvoir s’exerce-t-il vraiment depuis Genève ?
Depuis plus de deux mois, le président Paul Biya, chef de l’État camerounais depuis 1982, dirige le pays depuis la Suisse. Une situation inédite qui alimente les questionnements sur sa santé et l’avenir de la gouvernance.
Le président Paul Biya, en poste depuis quarante-trois ans, n’a plus foulé le sol camerounais depuis le 7 juin. Une absence qui dépasse désormais les soixante-cinq jours, un record pour un dirigeant habitué à une présence constante. Les images de son dernier déplacement public, lors de la fête de l’unité nationale le 20 mai 2026, montrent un homme affaibli, marquant le début d’une période de flou autour de son état de santé.
À Yaoundé, la capitale, les rumeurs se multiplient. Certains citoyens doutent même de sa capacité à diriger le pays depuis Genève, où il séjournerait pour des raisons médicales. Les opposants politiques, quant à eux, y voient une opportunité pour remettre en cause la légitimité de son pouvoir, tandis que ses partisans assurent qu’il exerce ses fonctions normalement.
Une gouvernance à distance : entre décrets et silence
Malgré son éloignement, Paul Biya continue de signer des décrets et d’approuver des décisions depuis la Suisse. Pourtant, son absence physique soulève des interrogations sur l’efficacité de cette gouvernance à distance. Les institutions camerounaises, habituées à son leadership direct, peinent à s’adapter à cette nouvelle réalité. Les critiques fusent : certains estiment que le pouvoir est paralysé, tandis que d’autres dénoncent une opacité inquiétante autour de la santé du président.
Les réactions de l’opposition et de la société civile
L’opposition camerounaise, déjà affaiblie par des années de répression, voit dans cette absence une faille à exploiter. Des figures politiques appellent à une transition pacifique, tandis que des mouvements citoyens réclament plus de transparence. Les réseaux sociaux s’embrasent, amplifiant les spéculations sur un éventuel déclin du pouvoir en place. Pourtant, le gouvernement maintient une ligne officielle rassurante, évoquant une simple convalescence.
Une question persiste : jusqu’où peut-on gouverner un pays depuis l’étranger sans perdre le contrôle ? Le Cameroun, habitué à un président omniprésent, doit désormais composer avec une nouvelle donne politique, où l’absence physique devient un symbole de fragilité pour un régime en place depuis des décennies.