Gabon : modernisation de la sécurité pénitentiaire avec le nouveau bâtiment du Commandement
Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officié ce jour à Libreville l’inauguration du bâtiment annexe du Commandement en chef de la Sécurité pénitentiaire. Ce nouvel édifice, baptisé « Bâtiment Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, Commandant en chef de la Garde Républicaine », s’élève sur trois niveaux et compte 38 bureaux dédiés à la modernisation de l’administration carcérale gabonaise. Une avancée saluée par le ministre de la Justice, Augustin Emane, tout en soulignant l’urgence de poursuivre les efforts au-delà des infrastructures administratives pour répondre aux enjeux persistants des prisons du pays.
L’événement s’est déroulé en présence des plus hautes autorités gouvernementales, des commandants militaires et d’officiers généraux. Brice Clotaire Oligui Nguema, également Chef suprême des Forces de défense et de sécurité, a symboliquement coupé le ruban marquant l’entrée en service de cette nouvelle infrastructure.

Un outil stratégique pour la réforme pénitentiaire gabonaise
Dans son discours, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Emane, a présenté cette réalisation comme une « avancée majeure dans la transformation de l’institution judiciaire et carcérale au Gabon ». Le nouveau bâtiment, conçu pour soutenir la réorganisation du Corps autonome de la Sécurité pénitentiaire, incarne la volonté des autorités de bâtir un État capable d’exercer son autorité tout en préservant la dignité des personnes sous sa garde.
Le général de Corps d’armée Jean Germain Effayong Onong, à la tête du Commandement en chef, a joué un rôle clé dans la concrétisation de ce projet, comme l’a souligné le ministre.
Au-delà des bureaux : les défis persistants des prisons gabonaises
Cependant, Augustin Emane a tenu à rappeler que la modernisation des locaux administratifs ne suffit pas à résoudre les difficultés structurelles du système carcéral gabonais. Il a appelé à une prise de conscience collective sur la réalité des établissements pénitentiaires, où les besoins en dortoirs, équipements de contrôle, systèmes de surveillance et dispositifs de sécurité restent criants.
Pour le ministre, l’amélioration des conditions de travail des agents et des détenus constitue le deuxième pilier indispensable de la réforme en cours. Si la construction de bureaux modernes pour le commandement représente un progrès administratif, elle doit s’accompagner d’investissements concrets dans les prisons elles-mêmes.
Sécurité et humanité : les priorités de la politique pénitentiaire
Augustin Emane a réaffirmé l’ambition du gouvernement de concilier « une justice ferme et une approche humaine envers chaque détenu ». Cette vision repose sur la création de lieux de détention sûrs, conformes aux normes internationales, où la sécurité des personnels et la dignité des détenus sont garanties.
Une politique pénitentiaire moderne ne se limite pas à la prévention des évasions ou au renforcement des mesures de contrôle. Elle doit également préparer activement la réinsertion sociale des personnes incarcérées, tout en assurant un environnement de travail décent pour les agents pénitentiaires.
La cérémonie s’est conclue par une prière inaugurale prononcée par l’aumônier militaire Serge Obame Mihindou. Le chef de l’État a ensuite visité les installations, tandis que le représentant de l’entreprise Abnia Gabon, Ali Adiahéno, a exprimé sa gratitude envers les autorités pour la confiance accordée à sa société.
Avec cette nouvelle infrastructure, le Commandement en chef dispose désormais d’un outil administratif modernisé. Toutefois, comme l’a rappelé Augustin Emane, le prochain défi consistera à étendre cette modernisation à l’ensemble du système carcéral, en améliorant concrètement les conditions de vie et de travail au sein des prisons gabonaises.