Crise diplomatique Espagne-Maroc : le PP exige des comptes sur Sebta et Melilla

Crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc : le Parti populaire espagnol sonne l’alarme

L’Espagne est secouée par une crise diplomatique sans précédent avec le Maroc. Les déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, sur le statut des villes de Sebta et Melilla ont enflammé le débat politique à Madrid. Dans un contexte déjà tendu après l’afflux migratoire massif de fin juillet, ses propos ont ravivé des tensions historiques entre les deux pays.

Abdellatif Ouahbi a réaffirmé, lors d’un entretien télévisé, que le Maroc considérait ces deux enclaves comme faisant partie intégrante de son territoire. Il a également pointé du doigt la gestion de la crise migratoire par l’Espagne, notamment concernant le retour des mineurs marocains non accompagnés. Selon lui, Rabat ne peut assumer le rôle de « gendarme migratoire » de l’Europe, une déclaration qui a suscité l’indignation des autorités espagnoles.

Jaime de los Santos, député du Parti populaire

Jaime de los Santos, député du Parti populaire

Le Parti populaire demande des explications immédiates

Face à cette situation, le Parti populaire (PP), principale force d’opposition en Espagne, a décidé de passer à l’action. Les élus conservateurs exigent la convocation immédiate de l’ambassadrice du Maroc à Madrid pour des consultations officielles. Une demande qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez.

Jaime de los Santos, député du PP, a rappelé que Madrid n’avait pas hésité à convoquer l’ambassadeur d’Italie quelques semaines plus tôt, après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Il s’interroge donc sur l’absence de réaction similaire envers le Maroc, alors que les déclarations sur Sebta et Melilla, ainsi que l’afflux migratoire à la frontière, justifieraient selon lui une telle démarche.

Des questions écrites au Congrès des députés

Le PP a également déposé une série de questions écrites au Congrès des députés. L’objectif ? Obtenir des clarifications de la part du ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, sur les échanges tenus avec son homologue marocain depuis la crise migratoire. Les députés conservateurs veulent notamment savoir quelles suites ont été données aux propos d’Abdellatif Ouahbi concernant le statut des deux enclaves.

Autre point de friction : la menace, brandie par le ministre marocain, de suspendre l’accord d’extradition entre Rabat et Madrid. Un instrument que le PP juge pourtant essentiel pour organiser le retour des migrants ayant franchi la frontière.

Un dossier loin d’être clos

Cette affaire s’annonce comme un véritable feuilleton diplomatique. Tandis que l’opposition espagnole tente de transformer cette crise en arme politique contre l’exécutif, le gouvernement Sánchez reste pour l’instant sourd aux appels à la fermeté venus de la droite. La question de Sebta et Melilla, ainsi que la gestion des flux migratoires, continuent de peser lourdement sur les relations bilatérales.

Dans ce contexte, une chose est sûre : le Maroc et l’Espagne devront trouver rapidement une issue à ce dossier épineux, sous peine de voir les tensions s’aggraver davantage.