CnsA en rdc : une avancée vers la libération des prisonniers avant le dialogue ?

En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a lancé une opération sans précédent : le recensement des prisonniers politiques et d’opinion. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté affichée de créer un climat propice au dialogue national, attendu comme une étape cruciale pour la stabilité du pays.

Cette initiative, saluée par plusieurs acteurs politiques et sociaux, vise à identifier les détenus dont les dossiers pourraient être revus en vue d’une amnistie. Une démarche qui concerne indistinctement tous les citoyens, conformément au principe fondamental selon lequel le droit est universel.

Un recensement pour préparer le terrain du dialogue

Le CNSA, dirigé par Joseph Olenghankoy, a pour mission de recueillir des informations précises sur les personnes détenues dans le cadre de leur engagement politique ou de leur opinion. L’objectif ? Établir une liste exhaustive à transmettre au président Félix Tshisekedi, afin qu’il puisse prendre des décisions éclairées avant l’ouverture d’un dialogue inclusif entre les différentes forces politiques congolaises.

Cette démarche s’appuie sur une logique claire : décrisper le climat politique avant toute discussion nationale. Les autorités du CNSA insistent sur l’urgence de respecter les droits fondamentaux, rappelant que « le droit n’a pas de couleur ». Pour eux, chaque détenu doit bénéficier d’un examen équitable de son dossier dans les plus brefs délais.

Des noms de personnalités politiques évoqués

Parmi les personnalités dont les noms circulent comme candidats potentiels à une libération figurent plusieurs figures proches de l’ex-président Joseph Kabila. Aubin Minaku, vice-président du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), ainsi qu’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent de ce même parti, pourraient bénéficier de cette mesure. Leur possible inclusion sur la liste du CNSA suscite déjà des réactions au sein de leur entourage politique.

Lucain Kasongo, cadre du PPRD, a salué cette initiative : « Si cette démarche permet la libération de nos camarades comme Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary ou encore Dunia Kilanga, nous ne pouvons que nous en réjouir. Toute initiative allant dans ce sens mérite d’être soutenue. »

Des condamnations à mort à l’ordre du jour

Le débat ne se limite pas aux prisonniers politiques classiques. Des personnalités condamnées à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila ou Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion AFC/M23, pourraient également voir leur situation réexaminée. Justicia ASBL, une organisation de défense des droits humains, a d’ailleurs transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de personnes considérées comme des prisonniers d’opinion.

Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, estime que l’annulation de ces condamnations serait un signal fort en faveur de la réconciliation nationale : « Une mesure politique doit être prise pour annuler les condamnations de l’ancien président Joseph Kabila et de Corneille Nangaa. Cela contribuerait à instaurer un climat de confiance indispensable pour le succès d’un dialogue inclusif. »

Un espoir de décrispation avant le dialogue ?

Alors que les appels à un dialogue inclusif se multiplient en RDC, l’initiative du CNSA pourrait-elle déboucher sur des actes concrets ? Si le recensement des prisonniers politiques marque une première étape, l’efficacité de cette démarche dépendra des décisions prises par les autorités compétentes. Une chose est sûre : dans un pays où les tensions politiques restent vives, chaque pas vers la libération des détenus est perçu comme un espoir de paix.