Cameroun : les nouveaux visages de la sécurité présidentielle sous Paul Biya
Cameroun : les nouveaux visages de la sécurité présidentielle sous Paul Biya

Un décret présidentiel officialise quatre nouvelles nominations au sommet de la hiérarchie militaire camerounaise, dont celle du général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo à la tête de la garde présidentielle. Une première dans l’histoire récente du pays.
Un renforcement stratégique des effectifs de sécurité
Le Cameroun vient de connaître un remaniement majeur au sein de ses forces armées. Quatre généraux ont été promus à des postes clés, dans un contexte marqué par l’absence prolongée du président Paul Biya. Parmi eux, le général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo prend la tête de la garde présidentielle, une première historique pour ce corps d’élite chargé de la protection du chef de l’État.
Le président Biya a signé un décret en date du 3 août pour acter ces changements, consolidant ainsi son dispositif sécuritaire avec des officiers expérimentés. Le général Ebaka Hypolite, déjà en poste comme major-général de l’armée de terre, se voit confier des responsabilités élargies en tant que major-général des armées, tout en conservant ses fonctions d’origine.
Une hiérarchie militaire sous tension
Le major-général des armées occupe le deuxième rang au sein de la chaîne de commandement des forces camerounaises, juste derrière le chef d’état-major général, le général René Claude Meka. Ces nominations interviennent alors que la santé du président Biya, âgé de 93 ans, suscite des interrogations croissantes dans l’opinion publique.
Le 7 juin dernier, Paul Biya a quitté le territoire national pour un « court séjour privé en Europe », selon les déclarations de la présidence. Depuis près de deux mois, aucune apparition publique ne permet d’évaluer son état de santé réel. Les autorités gouvernementales assurent que son retour est imminent et qu’aucune dégradation n’est à signaler.
Un vide institutionnel dénoncé par l’opposition
L’opposition camerounaise critique vivement cette absence prolongée, évoquant un « vide institutionnel » et un pays fonctionnant « en pilotage automatique ». Depuis plusieurs mois, les attentes sont fortes concernant la nomination d’un nouveau gouvernement ainsi que celle d’un vice-président, des postes toujours vacants.
Ces remaniements militaires pourraient être interprétés comme une tentative de stabilisation interne, alors que les spéculations sur la capacité du président à assurer pleinement ses fonctions persistent. Dans un contexte où l’âge et la santé du dirigeant sont au cœur des discussions, la gestion du pouvoir reste un enjeu majeur pour la stabilité du Cameroun.