Mali : des exactions meurtrières de l’armée et des milices dans le centre du pays

Des tueries ciblées et des incendies dans deux villages du centre du Mali

Dans une région du centre du Mali en proie à une insécurité chronique, l’armée régulière et des milices alliées ont commis des actes d’une violence extrême les 2 et 13 octobre derniers. Selon les témoignages recueillis, ces forces ont tué au moins 31 civils et détruit des habitations dans les villages de Kamona et de Balle, situés dans la région de Ségou. Ces exactions surviennent dans un contexte marqué par la présence active du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Le 2 octobre à Kamona : une chasse à l’homme meurtrière

Vers 10 heures ce matin-là, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos — ces chasseurs traditionnels bambaras engagés dans la lutte antiterroriste depuis plus de dix ans — ont encerclé le village de Kamona. Sept pick-ups et trois véhicules blindés ont fait leur apparition, suivis de motos pilotées par les miliciens. Les habitants, prévenus par les combattants du GSIM, ont tenté de fuir en masse. Ceux qui n’ont pu échapper à la traque ont été rassemblés avant d’être exécutés sommairement.

Au moins 21 hommes ont trouvé la mort, et une dizaine de huttes ainsi que trois hangars ont été réduits en cendres. Les corps de 17 victimes ont été découverts sous un arbre, criblés de balles, tandis que quatre autres gisaient non loin de là. Un berger de 40 ans, caché avec sa fille de 9 ans, a décrit l’horreur : « Les gens avaient été criblés de balles. L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai vu plusieurs douilles de balles autour des corps. »

Les villageois ont dressé une liste de 21 noms, tous des hommes âgés de 20 à 65 ans. Certains ont évoqué la disparition d’au moins 15 autres personnes dans la brousse, sans oser vérifier par crainte d’un retour des assaillants.

Le 13 octobre à Balle : une nouvelle vague de violences

Treize jours plus tard, cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos pilotées par des dozos ont pénétré dans le village de Balle, à environ 55 kilomètres de Kamona. Les habitants, sous le joug du GSIM depuis des années, ont tenté de se soustraire à l’arrivée des forces armées. Un jeune homme de 24 ans a raconté : « J’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et frapper les hommes. J’ai entendu des coups de feu depuis ma cachette. »

Au moins neuf hommes et une femme de 55 ans ont été tués, et plus d’une centaine de têtes de bétail volées. Les corps des victimes, entassés au centre du village, portaient des traces de coups et de balles. La fille de la femme assassinée a témoigné : « Ma mère a crié en accusant les soldats de maltraiter les villageois. Ils l’ont emmenée avec les autres hommes et l’ont abattue. »

Les forces maliennes ont justifié leur intervention en évoquant une « reconnaissance offensive » ayant permis la « neutralisation d’une vingtaine de terroristes ». Pourtant, les habitants contestent cette version. Un homme a expliqué : « Nous payons la zakat chaque année. Les djihadistes règlent les conflits. Il n’y a ni soldats ni policiers ici. L’armée ne fait aucune distinction entre eux et nous. »

Un cycle de violences qui s’intensifie

Depuis 2012, le Mali est plongé dans un conflit armé opposant les autorités aux groupes islamistes. Ces affrontements ont déjà fait des milliers de morts parmi les civils et contraint plus de 400 000 personnes à quitter leur foyer. Les exactions documentées ces dernières semaines s’inscrivent dans un schéma récurrent : l’armée malienne et ses alliés, y compris les milices dozos, sont régulièrement accusés de violations graves des droits humains lors d’opérations de contre-insurrection.

La situation s’est encore dégradée depuis début septembre, lorsque le GSIM a assiégé la capitale, Bamako, privant la ville de carburant et forçant les autorités à fermer temporairement les écoles et universités. Toutes les parties au conflit sont tenues de respecter le droit international humanitaire, qui interdit explicitement les attaques contre les civils, les meurtres et les traitements cruels.

Malgré le retrait du Mali de la Cour pénale internationale en 2025, le pays reste sous le coup des enquêtes ouvertes par la Cour depuis 2013. L’Union africaine (UA), dont le mandat inclut la promotion de la paix en Afrique, n’a pour l’heure pris aucune mesure concrète pour mettre fin aux violences, se limitant à des déclarations d’inquiétude.

Des appels à la justice et à la responsabilité

Les autorités maliennes ont été sommées de mener des enquêtes impartiales et de traduire les responsables en justice. Les témoignages recueillis soulignent l’urgence d’une action pour briser le cycle de l’impunité qui alimente ce conflit meurtrier.

Mali : des exactions meurtrières de l’armée et des milices dozos contre des civils

Mali : des exactions meurtrières de l’armée et des milices dozos contre des civils

Des exactions d’une gravité extrême ont été perpétrées par l’armée malienne et des miliciens dozos dans des localités de la région de Ségou, au centre du Mali. Au moins 31 civils, dont des femmes et des hommes, ont été victimes de massacres les 2 et 13 octobre, selon les révélations d’une enquête approfondie.

Des attaques ciblées contre des villages sous influence djihadiste

Le 2 octobre, des soldats des Forces armées maliennes (FAMa), accompagnés de miliciens dozos, ont pris d’assaut le village de Kamona. Ces milices, majoritairement composées de membres de l’ethnie bambara, collaborent depuis dix ans avec l’armée dans des opérations de contre-insurrection. Leur cible ? Des hommes accusés de complicité avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Résultat : au moins 21 hommes exécutés sommairement et une dizaine de maisons incendiées. Les survivants ont rapporté que les victimes avaient été rassemblées avant d’être abattues, sans aucune forme de procès.

Le 13 octobre, un scénario similaire s’est répété à Balle, à 55 kilomètres de Kamona. Neuf hommes et une femme ont été froidement exécutés par les mêmes forces. Des témoins ont confirmé que les assaillants volaient également du bétail, privant les habitants de leurs moyens de subsistance. Les victimes, âgées de 22 à 67 ans, présentaient des blessures par balle ainsi que des fractures, signe d’une violence inouïe.

Des accusations portées contre les autorités maliennes

Une chercheuse de premier plan, Ilaria Allegrozzi, experte du Sahel pour Human Rights Watch, a vivement condamné ces actes. « Les massacres d’octobre dans la région de Ségou illustrent une fois de plus l’impunité qui entoure les exactions commises par l’armée malienne et ses alliés miliciens », a-t-elle déclaré. Elle a exhorté les autorités à diligenter des enquêtes crédibles et indépendantes, et à traduire en justice les responsables de ces crimes.

Les investigations menées par l’ONG ont révélé que les soldats étaient identifiables à leurs uniformes de camouflage, tandis que les dozos arboraient leurs tenues traditionnelles et des amulettes. Les témoignages recueillis auprès de survivants et de chefs communautaires confirment l’absence d’affrontements préalables avec les groupes armés présents dans la zone.

Un climat de terreur et d’impunité au Mali

Les attaques surviennent dans un contexte de tensions accrues, alors que le GSIM multiplie les offensives autour de Bamako, la capitale malienne. Depuis 2012, le conflit armé au Mali a engendré des milliers de morts parmi les civils et déplacé plus de 400 000 personnes. Les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés miliciens, comme les dozos, sont régulièrement pointés du doigt pour des exactions similaires, tandis que le GSIM et d’autres groupes armés islamistes commettent également des crimes graves.

Les habitants de Balle, sous contrôle du GSIM depuis des années, ont expliqué qu’ils payaient une zakat et réglaient leurs litiges via les djihadistes, faute de présence étatique. « L’armée ne fait aucune distinction entre nous et les combattants du GSIM », a témoigné un villageois. Cette confusion alimente les représailles aveugles contre les populations civiles.

Un appel à la justice internationale

Malgré le retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre 2025, le pays reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. La CPI a ouvert une enquête en 2013 sur les crimes de guerre présumés commis depuis 2012. Par ailleurs, l’Union africaine (UA) est interpellée pour son inertie face à l’escalade de la violence. Human Rights Watch a appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA à faire de la crise malienne une priorité absolue, en renforçant les mécanismes de reddition de comptes.

Les crimes de guerre, tels que les exécutions sommaires, les attaques contre des civils et les traitements inhumains, sont strictement interdits par le droit international humanitaire. Toutes les parties au conflit, y compris les forces armées maliennes et les groupes armés, sont tenues de respecter ces règles sous peine de poursuites pour crimes de guerre.

Face à l’aggravation de la crise sécuritaire, la communauté internationale est appelée à agir pour protéger les populations civiles et garantir que justice soit rendue aux victimes de ces atrocités.

Crise du carburant au Mali : un frein majeur pour l’aide humanitaire

crise du carburant au Mali : un frein majeur pour l’aide humanitaire

Une pénurie de carburant sans précédent, consécutive à un blocus djihadiste sur les axes routiers stratégiques, plonge le Mali dans une crise humanitaire profonde. Cette situation, déjà aggravée par la faim et l’insécurité, bouleverse le quotidien des populations et paralyse les missions des organisations humanitaires, notamment celles de l’ONU.

Des régions clés paralysées par le manque de carburant

Selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’approvisionnement en carburant reste un défi majeur dans plusieurs régions du centre et du sud du Mali, comme Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara. Ces zones, essentielles pour relier Bamako au nord du pays, subissent des restrictions logistiques aggravées par l’insécurité persistante.

Les partenaires humanitaires voient leurs missions réduites : les cliniques mobiles sillonnent désormais un rayon limité à dix kilomètres autour de leurs bases. Les braquages, les contrôles irréguliers et les restrictions de mouvement ont même conduit à la suspension temporaire de certaines opérations. Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, bloque les importations de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, aggravant une crise énergétique et alimentaire déjà critique.

Léré, isolée par les groupes armés

Dans la région de Tombouctou, la ville de Léré, proche de la frontière mauritanienne, subit depuis fin octobre des restrictions d’accès imposées par des groupes armés. L’OCHA indique que « hormis les acteurs humanitaires déjà présents, aucun autre intervenant ne peut accéder à la localité ». Cette mesure a provoqué des déplacements massifs de populations vers des zones plus sûres.

Le rapport d’OCHA pour octobre recense une hausse de 13 % des incidents d’accès par rapport à septembre, avec 50 cas enregistrés. Les engins explosifs restent la principale menace, suivis de trois attaques directes contre des humanitaires et neuf enlèvements, principalement dans les régions de Ségou et Gao. À Douentza, deux agents humanitaires ont perdu la vie dans un accident fluvial sur le fleuve Niger, près de Kagnimé.

« Ces violences compromettent la sécurité des équipes et ralentissent les interventions sur le terrain », souligne l’OCHA, ajoutant que « le contexte reste imprévisible » et que « les contraintes logistiques, notamment en carburant, aggravent les difficultés d’accès aux populations ».

Un contexte politique et sécuritaire explosif

La crise humanitaire s’inscrit dans un climat politique et sécuritaire de plus en plus tendu. Depuis le coup d’État de 2020 mené par le général Assimi Goïta, le pouvoir s’est durablement consolidé. Les élections présidentielles ont été indéfiniment suspendues, et tous les partis politiques ont été dissous en mai 2025. Une loi adoptée en juillet 2025 permet désormais au général Goïta de prolonger son mandat « jusqu’à la pacification du pays ».

Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a dénoncé une « fermeture de la porte à toute élection démocratique » et une « instrumentalisation de la loi contre la dissidence ». Les arrestations d’opposants et de citoyens se multiplient, comme celle de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, condamné en août pour « atteinte à la crédibilité de l’État ».

Parallèlement, les violences armées s’intensifient. Les attaques des groupes djihadistes du GSIM et de la branche locale de Daech ciblent le centre et le nord du pays, notamment près des frontières avec le Burkina Faso et le Niger. Depuis avril, le bureau de Volker Türk recense des centaines d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées.

Une situation humanitaire alarmante

Le Mali compte aujourd’hui plus de 400 000 déplacés internes et 335 000 réfugiés dans les pays voisins, principalement des ressortissants du Burkina Faso et du Niger, fuyant les violences et les opérations militaires. Selon l’OCHA, 6,4 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, dont 3,5 millions d’enfants. Le pays figure parmi les six crises alimentaires les plus graves au monde, aux côtés du Soudan du Sud, du Soudan, de la Palestine, d’Haïti et du Yémen.

La situation se dégrade rapidement dans plusieurs zones déjà fragilisées, en raison du désengagement partiel de la communauté internationale.

Des réfugiés ayant fui les violences au Burkina Faso ont trouvé refuge à Soucoura, au Mali, en mars 2024.

Afflux de réfugiés burkinabés : une pression accrue sur les ressources

Dans le cercle de Koro, à la frontière avec le Burkina Faso, l’arrivée massive de réfugiés burkinabés exacerbe la pression sur les ressources locales. Depuis avril, près de 50 000 Burkinabés ont trouvé refuge dans cette zone, doublant la population locale déjà fragilisée.

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a ouvert un bureau à Koro le 16 octobre pour renforcer la coordination et accélérer l’aide humanitaire. Le Mali accueille désormais plus de 150 000 réfugiés en provenance du Burkina Faso et du Niger, fuyant à la fois les attaques djihadistes et les opérations militaires.

La junte du Burkina Faso intensifie la lutte contre la corruption judiciaire

Le Burkina Faso est confronté à une vague d’accusations de corruption, relayées par le Korag, une entité créée l’année dernière avec pour mandat de superviser l’orientation stratégique du pays en période de transition. Un rapport détaillé du Korag met en lumière une affaire datant de quatre ans, impliquant des agents douaniers accusés de racketter des transporteurs routiers cherchant à faire passer leurs marchandises.

Selon les révélations de cette nouvelle instance, les enquêteurs ont accumulé des preuves matérielles irréfutables de ces actes d’extorsion. Parmi celles-ci figurent d’importantes sommes d’argent en espèces découvertes dans les bureaux et domiciles des suspects, des témoignages concordants, ainsi que des enregistrements vidéo les montrant en flagrant délit.

Malgré la solidité de ces preuves, les individus mis en cause ont bénéficié d’un non-lieu, une situation dénoncée par l’autorité de transition. Celle-ci accuse explicitement un avocat et dix hauts magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou d’avoir accepté des pots-de-vin. Leur rôle aurait été de garantir la libération des douaniers et de révéler l’identité des témoins à charge, compromettant ainsi l’intégrité de la procédure.

Le Korag qualifie ces événements de « mascarade judiciaire » et de « profond dysfonctionnement dans la chaîne de justice et de protection des témoins ». Ces éléments sont jugés amplement suffisants pour justifier l’arrestation des magistrats, intervenue le mois précédent. Le gouvernement de transition s’engage à maintenir une ligne dure, promettant des « sanctions disciplinaires » exemplaires contre les acteurs judiciaires indélicats, sans exclure d’éventuelles poursuites pénales.

Burkina Faso : dix hauts magistrats poursuivis pour corruption, une affaire qui secoue la justice

Le gouvernement dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso a révélé la découverte d’un « vaste réseau d’agents indélicats » opérant au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Plusieurs magistrats, dont l’arrestation remonte à octobre, sont actuellement sous le coup de poursuites. Ils sont accusés d’avoir manipulé des décisions judiciaires en échange de rémunérations illicites.

Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

Des dysfonctionnements graves au cœur de la justice burkinabè 

Une dizaine de hauts magistrats du Burkina Faso, comprenant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour des faits de corruption. Cette information a été confirmée par un communiqué des autorités, consulté récemment. Les interpellations, survenues en octobre, sont le fruit d’une série d’auditions qui ont mis en lumière un « vaste réseau d’agents indélicats au sein de la cour d’appel de Ouagadougou », a précisé le capitaine Farouk Azaria Sorgho. Ce dernier est le porte-parole du Korag, l’instance chargée de concrétiser la « révolution progressiste populaire » défendue par le régime militaire en place.

Enjeux financiers considérables et décisions partisanes 

Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été versées pour des actes de corruption et d’influence, menant à des instructions biaisées et des jugements partisans ». Une affaire spécifique de corruption, impliquant une dizaine de douaniers qui avaient bénéficié d’un non-lieu, est particulièrement visée. Le Korag qualifie cette situation de « mascarade judiciaire », estimant qu’une telle décision « fragilise l’engagement contre la corruption » dans le pays. 

Le régime militaire renforce sa lutte contre la corruption 

Le régime du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis 2022 et revendiquant l’héritage de Thomas Sankara, a fait de la lutte contre la corruption une pierre angulaire de sa politique. « Nous allons intensifier nos actions contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires », a affirmé le capitaine Sorgho, tout en dénonçant un « grave dysfonctionnement » au sein du système judiciaire. Cette démarche permet au régime militaire, souvent critiqué pour la répression des voix dissidentes, de démontrer sa fermeté face aux défaillances internes qui pourraient altérer son image publique.   

Crise carburant au Mali : impact sur l’aide humanitaire et sécurité alimentaire

crise du carburant au Mali : une menace majeure pour les opérations humanitaires

La pénurie de carburant qui frappe le Mali depuis plusieurs semaines aggrave une situation humanitaire déjà critique. Les blocus djihadistes sur les axes routiers stratégiques paralysent les déplacements de biens essentiels, y compris les livraisons de carburant, et compromettent gravement l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations les plus vulnérables. Cette crise touche particulièrement les régions du centre et du sud, comme Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara, où les opérations de secours sont désormais limitées à un rayon de dix kilomètres autour des bases humanitaires.

Les difficultés logistiques s’ajoutent aux violences armées et aux restrictions imposées par les groupes armés, rendant l’accès aux populations en besoin encore plus difficile. Les mouvements des équipes humanitaires sont entravés par des contrôles irréguliers, des braquages et des engins explosifs improvisés, qui ont déjà causé des pertes humaines et matérielles.

un blocus djihadiste qui asphyxie le pays

Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, bloque les importations de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ces deux pays constituent les principales portes d’entrée des biens importés au Mali, un pays enclavé d’Afrique de l’Ouest. Ce blocus a provoqué une crise énergétique sans précédent, affectant non seulement Bamako, mais aussi la majorité des régions maliennes. Les prix du carburant ont explosé, et les pénuries menacent de paralyser davantage les activités économiques et humanitaires.

À Léré, dans la région de Tombouctou, la situation est particulièrement critique. Depuis le 27 octobre, cette ville proche de la frontière mauritanienne est soumise à une restriction d’accès imposée par des groupes armés. Selon un rapport de l’ONU, aucun acteur humanitaire, à l’exception de ceux déjà présents sur place, n’a pu accéder à la localité. Cette mesure a entraîné des déplacements massifs de populations vers des zones plus sûres, aggravant la pression sur les ressources locales.

Entre septembre et octobre, le nombre d’incidents d’accès a augmenté de 13 %, avec 50 cas recensés. Les engins explosifs représentent la principale menace, suivis des attaques directes contre les humanitaires et des enlèvements. À Douentza, deux agents humanitaires ont perdu la vie dans un accident lié à l’insécurité sur le fleuve Niger.

une crise humanitaire et politique qui s’aggrave

La situation au Mali est marquée par une crise politique profonde. Depuis le coup d’État de 2020 mené par le général Assimi Goïta, le pays est dirigé par une junte militaire qui a suspendu indéfiniment les élections présidentielles et dissous tous les partis politiques en mai 2025. Une loi adoptée en juillet 2025 permet désormais au général Goïta de prolonger son mandat « aussi longtemps que nécessaire », jusqu’à la « pacification » du pays. Le chef des droits humains de l’ONU, Volker Türk, a dénoncé cette évolution, qualifiant la situation de « fermeture de la porte à toute élection démocratique » et d’instrumentalisation de la loi contre la dissidence.

Les violences armées se sont intensifiées, avec des attaques menées par le GSIM et la branche locale de Daech, notamment dans les régions frontalières avec le Burkina Faso et le Niger. Selon le bureau de Volker Türk, des centaines d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées ont été recensées depuis avril 2025.

Cette instabilité politique et sécuritaire aggrave une crise humanitaire déjà alarmante. Selon l’OCHA, 6,4 millions de Maliens, dont 3,5 millions d’enfants, ont besoin d’assistance. Le pays compte plus de 400 000 déplacés internes et 335 000 réfugiés dans les pays voisins. Le Mali figure parmi les six pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire dans le monde, aux côtés de la Palestine, du Soudan du Sud, du Soudan et du Yémen.

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une pression accrue sur les capacités d’accueil

Dans le cercle de Koro, à la frontière avec le Burkina Faso, l’afflux de réfugiés burkinabés aggrave la pression sur les ressources locales. Depuis avril 2025, près de 50 000 Burkinabés ont traversé la frontière, doublant la population réfugiée dans la région. Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a ouvert un bureau à Koro le 16 octobre pour renforcer la coordination des actions humanitaires et répondre à cette crise croissante.

Le Mali accueille désormais plus de 150 000 réfugiés en provenance du Burkina Faso et du Niger, fuyant les attaques djihadistes et les opérations militaires. Cette situation met à rude épreuve les capacités d’accueil et souligne l’urgence d’une réponse coordonnée à l’échelle régionale.

un appel à l’action urgente

Face à l’escalade de la crise, les acteurs humanitaires appellent à une levée immédiate des blocus et à un renforcement de la protection des civils. Les restrictions d’accès et les violences armées doivent cesser pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et la protection des populations les plus vulnérables.

La communauté internationale est également invitée à soutenir les efforts humanitaires au Mali, où la situation continue de se dégrader à un rythme alarmant. Sans une intervention rapide et coordonnée, des milliers de vies pourraient être mises en danger dans les semaines à venir.

Liberté de la presse au Niger : six journalistes ciblés par un harcèlement judiciaire sans précédent

Le 2 novembre dernier, les forces de la police judiciaire à Niamey ont interpellé six professionnels des médias, une action dénoncée comme une atteinte directe à la liberté de la presse au Niger. Alors que trois d’entre eux ont été jetés en prison de manière arbitraire, des organisations internationales de défense des droits humains montent au créneau pour exiger leur libération immédiate face à ce qu’elles qualifient de harcèlement judiciaire systématique.

Cette vague d’arrestations concerne des figures médiatiques majeures du pays : Moussa Kaka, directeur de Radio-télévision Saraounia (RTS) et ex-correspondant de RFI, Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Youssouf Seriba (directeur des Échos du Niger), Oumarou Kané (fondateur du journal Le Hérisson) et Souleymane Brah (directeur de La voix du peuple). Tous font face à des accusations de « complicité dans la diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public », en s’appuyant sur l’article 31 de la loi sur la cybercriminalité de 2019, durcie par une ordonnance en juin 2024. Ils risquent désormais entre deux et cinq ans de réclusion.

Le lendemain de leur interpellation, le doyen des juges d’instruction a ordonné le placement sous mandat de dépôt de Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Kané. Ces derniers ont été transférés à la prison de haute sécurité de Kollo. Si Moussa Kaka, Abdoul Aziz Idé et Souleymane Brah ont pu regagner leur domicile sous caution après de longs interrogatoires, les poursuites pénales contre eux restent actives.

Une simple invitation au cœur de l’affaire

L’origine de cette procédure judiciaire est surprenante : elle fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une simple lettre d’invitation adressée à la RTS. Ce document concernait la couverture d’un point de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), un organisme créé par les autorités militaires pour collecter des fonds destinés à l’effort de guerre. Les autorités reprochent également la tenue d’un débat radiophonique intitulé « le club de la presse ».

Pour les observateurs des droits humains, traiter une invitation médiatique comme un trouble à l’ordre public est une manœuvre d’intimidation visant à réduire au silence les voix critiques au Niger. Ces méthodes sont jugées contraires aux engagements internationaux du pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Un climat de répression généralisée

Ce n’est pas la première fois que le journaliste Moussa Kaka est pris pour cible ; il avait déjà subi une incarcération prolongée sous un précédent régime en 2007. Cependant, depuis le coup d’État du 27 juillet 2023, le contexte sécuritaire et politique a entraîné un rétrécissement drastique de l’espace civique. De nombreux défenseurs des droits humains, à l’image de Moussa Tchangari, détenu depuis près d’un an, subissent les foudres du pouvoir en place.

Le cas des journalistes de Sahara FM à Agadez illustre également cette tendance. Hamid Mahmoud, Mahaman Sani et Massaouda Jaharou ont été inquiétés pour avoir relayé des informations sur la coopération militaire internationale. Si Massaouda Jaharou bénéficie d’une liberté provisoire, ses deux confrères demeurent incarcérés à Kollo sous des chefs d’inculpation graves tels que « complot contre l’autorité de l’État ».

Face à cette situation, les appels se multiplient pour que le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) révise la législation sur la cybercriminalité. L’objectif est de mettre fin à l’utilisation de peines de prison pour des délits de presse ou d’opinion, afin de garantir le respect fondamental du droit à l’information au Niger.

Crise alimentaire mondiale : l’ONU tire la sonnette d’alarme pour 16 zones à haut risque

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont publié un rapport alarmant. Les deux agences onusiennes mettent en garde contre une aggravation brutale de l’insécurité alimentaire aiguë dans 16 régions du globe, menaçant des millions de vies supplémentaires.

Les régions les plus exposées à une catastrophe humanitaire

Parmi les zones identifiées, plusieurs pays se trouvent dans une situation d’urgence extrême. Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen sont désignés comme les territoires les plus vulnérables. Dans ces secteurs, les populations font face à un risque de famine imminent et dévastateur.

D’autres nations figurent également sur la liste des préoccupations majeures de l’ONU en raison d’une dégradation préoccupante de la situation alimentaire :

  • L’Afghanistan
  • La République démocratique du Congo
  • La Birmanie
  • Le Nigeria
  • La Somalie
  • La Syrie

Le rapport mentionne également le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et la situation précaire des réfugiés rohingyas au Bangladesh comme des zones de vigilance accrue.

Un déficit de financement aux conséquences dramatiques

L’aggravation de cette crise s’explique par une convergence de facteurs : affrontements armés, chocs économiques et phénomènes météorologiques extrêmes. Cependant, l’insuffisance des ressources financières constitue aujourd’hui un obstacle majeur. Sur les 29 milliards de dollars nécessaires pour secourir les populations, seuls 10,5 milliards ont été mobilisés.

Cette pénurie budgétaire force le PAM à restreindre son assistance auprès des réfugiés et à interrompre des programmes vitaux, tels que les repas scolaires dans certaines régions. Parallèlement, la FAO insiste sur l’urgence de financer les semences et la santé animale pour protéger les moyens de subsistance agricoles.

Cindy McCain, directrice générale du PAM, souligne qu’une « catastrophe alimentaire totalement évitable » menace de provoquer une famine généralisée sans une réaction immédiate. Pour Qu Dongyu, directeur général de la FAO, agir contre la faim est un investissement indispensable pour la paix et la stabilité internationale à long terme.

Le nouveau représentant de l’oms au Niger : qui est le dr jean baptiste nikiema ?

Dr Jean Baptiste Nikiema nommé Représentant résident de l’OMS au Niger : une expertise au service de la santé publique

Niamey, le 12 novembre 2025 – le Dr Jean Baptiste Nikiema a officiellement pris ses fonctions en tant que Représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Niger. Lors d’une cérémonie solennelle, il a présenté ses lettres de créance au ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Étranger, Monsieur Bakary Yaou Sangaré. Cet événement a réuni l’ensemble du personnel de l’OMS au Niger ainsi que les membres du cabinet ministériel, soulignant la coopération historique entre l’OMS et le pays.

À l’issue de la remise des lettres, le ministre a accordé une audience au Dr Nikiema pour échanger sur les enjeux sanitaires majeurs en Afrique et au Niger. Il a mis en avant le rôle clé de l’OMS en tant que conseiller technique et secrétariat des États membres, insistant sur la nécessité d’une collaboration renforcée pour consolider le système de santé nigérien et améliorer le bien-être des populations.

Des priorités sanitaires communes pour renforcer la santé au Niger

Plusieurs axes prioritaires ont été évoqués lors de cet entretien :

  • L’accès aux soins primaires et la couverture sanitaire universelle ;
  • Le renforcement des systèmes de santé et la résilience face aux crises ;
  • La santé maternelle et infantile ainsi que la lutte contre les maladies évitables ;
  • La préparation et la réponse aux urgences sanitaires ;
  • La promotion de la santé et la gestion des déterminants sanitaires.

Le Dr Nikiema a salué les avancées du Niger, notamment dans la protection des enfants contre les maladies évitables par la vaccination, la réduction de la mortalité maternelle et périnatale, l’élimination de l’onchocercose et la gestion des épidémies. La question de la crise financière affectant les opérations de l’OMS a également été abordée, avec une reconnaissance du soutien apporté par le gouvernement nigérien pour mobiliser des ressources locales, digitaliser les services de santé et développer la télémédecine. Le Représentant s’est engagé à œuvrer dans le respect de la souveraineté nationale et des choix stratégiques du pays.

Un profil d’excellence en santé publique et diplomatie sanitaire

Originaire du Burkina Faso, le Dr Jean Baptiste Nikiema est un expert chevronné en santé publique et diplomatie sanitaire, cumulant plus de trente années d’expérience. Son parcours impressionnant couvre des domaines variés :

  • Recherche et innovation : développement de nouvelles approches thérapeutiques en biologie moléculaire, phytochimie et pharmacognosie ;
  • Politiques de santé et couverture sanitaire universelle ;
  • Gestion des urgences sanitaires et résilience des systèmes de santé.

Parmi ses expériences clés, on note sa fonction de Directeur général de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires au Burkina Faso, ainsi que son rôle de Conseiller régional de l’OMS pour l’Afrique dans le domaine des médicaments. Il a également été Représentant adjoint de l’OMS en République Démocratique du Congo, où il a contribué à la gestion de crises sanitaires majeures.

Des réalisations majeures au service de l’Afrique

Le Dr Nikiema a joué un rôle central dans la création de l’Agence Africaine du Médicament et a œuvré pour la production locale de médicaments, renforçant ainsi les systèmes de réglementation pharmaceutique. Il a également coordonné des achats groupés pour les petits États insulaires africains, générant des économies significatives. Par ailleurs, il a encadré plus de cinquante doctorants et une dizaine de masters en santé publique, tout en publiant plus de cinquante articles scientifiques dans des revues internationales.

Bilingue (français et anglais), le Dr Nikiema se distingue par son leadership stratégique et sa capacité à mobiliser des ressources. Sa mission au Niger s’articule autour de trois priorités :

  • Soutenir la souveraineté sanitaire du pays ;
  • Améliorer l’efficience des interventions ;
  • Renforcer les partenariats pour mobiliser des ressources additionnelles.
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Pour toute demande d’information ou interview, contactez :
Fati Amadou Oumarou

Responsable des communications

OMS Niger

Email : fatia [at] who.int

Condamnation de mohamed ould abdel aziz : quelles répercussions pour la Mauritanie ?

La décision rendue par la haute juridiction mauritanienne marque un tournant dans l’affaire de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, en validant partiellement l’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott. Si deux chefs d’accusation majeurs — l’abus de pouvoir et le trafic d’influence — ont été écartés, les chefs d’enrichissement illicite, de blanchiment et de recel ont été confirmés, maintenant ainsi la peine de 15 ans de prison ferme.

Cette issue judiciaire pourrait ouvrir la voie à une mesure de grâce présidentielle, impliquant potentiellement des acteurs de la société civile mauritanienne ainsi que des partenaires internationaux de la Mauritanie.

Mauritanie : « Tout retard est préjudiciable à sa santé », la défense réclame l’évacuation en France de l’ancien président Ould Abdel Aziz

L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz et le chef de l’État actuel, Mohamed Cheikh Ghazouani, entretiennent une amitié de longue date, ayant été formés ensemble au Maroc en tant qu’officiers généraux à la retraite.

Me Lô Gourmo, avocat membre du collectif de défense de l’État et partie civile, précise : « La Cour suprême annule partiellement l’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott en écartant deux charges, celles de l’abus de pouvoir et du trafic d’influence. Cependant, elle confirme les éléments centraux du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment et le recel, fondements de la sentence de 15 ans de prison ferme. »

Mauritanie : un recours pour alourdir la peine de l’ex-président Aziz

L’avocat souligne qu’une condamnation pour abus de pouvoir et trafic d’influence aurait pu entraîner des conséquences plus lourdes, notamment le renvoi aux fonctions du condamné et l’application de l’article 93 de la loi fondamentale, déjà exclu par le Conseil Constitutionnel.

Pour Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de Transparency Mauritanie, « nous nous attendions à un procès plus global, incluant toutes les personnes ayant détourné les biens publics. Il existe de nombreux responsables impliqués dans ces pratiques, mais seul le cas d’Aziz est retenu ». Il espère que ce procès marquera le début d’une ère nouvelle dans la gouvernance mauritanienne, malgré ses limites.

Mali : un projet hospitalier d’envergure pour des soins de qualité

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Le Président Goïta initie la construction de 15 nouveaux hôpitaux au Mali !

Le 10 novembre 2025, à Bamako, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a officiellement lancé le Projet présidentiel d’urgence hospitalière. La cérémonie inaugurale, qui s’est déroulée au Centre de santé de référence de Korofina (situé dans la Commune I du District de Bamako), a marqué le coup d’envoi d’un ambitieux programme de modernisation du système de santé malien.

La Ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, a souligné que cette initiative s’inscrit directement dans la continuité des conclusions des États généraux de la santé de décembre 2024. Ces assises avaient en effet mis en lumière l’impératif d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des services médicaux à travers l’ensemble du territoire national.

Une restructuration profonde du paysage hospitalier

D’après la Ministre, ce projet vise une « modernisation et restructuration » significative du système hospitalier national. Il prévoit la construction de 15 nouveaux hôpitaux et la conversion des Centres de santé de référence (CSREF) du district de Bamako en véritables hôpitaux de District. Le financement de ces travaux, entièrement pris en charge par le budget national, s’étalera sur une période de 12 mois pour les infrastructures de Bamako et de 24 mois pour celles des régions.

Le Projet présidentiel d’urgence hospitalière est structuré autour de trois axes principaux :

  1. La transformation des CSREF des sept arrondissements de Bamako en hôpitaux de district fonctionnels.
  2. L’édification de nouveaux hôpitaux de district dans les localités de Bla et de Kangaba.
  3. La création d’hôpitaux régionaux modernes à San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro, Bandiagara et Koulikoro.

Ces futures infrastructures seront dotées d’équipements médicaux de pointe, bénéficieront de capacités d’hospitalisation accrues et offriront des services spécialisés, notamment des unités d’hémodialyse pour les hôpitaux des 1er et 6e arrondissements de Bamako.

Priorités et suivi rigoureux des chantiers

À l’issue de la cérémonie, le Président de la Transition a rappelé l’importance capitale de la santé comme pilier essentiel du développement. Il a instruit la Ministre de la Santé de veiller scrupuleusement à la continuité du service public durant les travaux et au strict respect des délais contractuels. Le Président Goïta a également insisté sur l’objectif humain fondamental du projet : rapprocher les soins de qualité des citoyens, diminuer les évacuations sanitaires coûteuses et désengorger les structures de santé existantes.