Sécurité routière au Bénin : les dessous d’une répression policière qui monte en puissance

La Police républicaine a déclenché une vaste opération de contrôle routier sur l’ensemble du territoire béninois. Derrière l’annonce officielle d’une lutte contre l’insécurité routière, cette campagne révèle une mécanique répressive bien huilée, avec des objectifs chiffrés et une grille de sanctions déjà éprouvée. Décryptage.
Une offensive policière aux multiples facettes
Depuis le dimanche 20 septembre 2026, les forces de l’ordre ont engagé une campagne d’envergure ciblant automobilistes et motocyclistes en infraction au Code de la route. Les premières données font état de plus de cent conducteurs de deux-roues et d’une dizaine d’automobilistes interpellés et sanctionnés au cours des deux journées initiales, sur plusieurs points stratégiques du pays.
La traque s’est intensifiée ce mardi 22 septembre 2026 dans la métropole économique. Dans la seule zone de Fidjrossè, plus de quarante motocyclistes ont été interceptés en une heure, tandis que de nombreux automobilistes étaient appréhendés sur le boulevard de la Marina.
Les contrevenants font face à une grille tarifaire stricte : l’usage du téléphone au volant ou au guidon est puni d’une amende de 20 000 francs CFA, la surcharge coûte 10 000 francs CFA, la circulation en sens interdit 6 000 francs CFA, et le défaut de port du casque 5 000 francs CFA. Les patrouilles veillent également au respect des feux de signalisation, toute violation d’un feu rouge exposant à des sanctions réglementaires.
Un maillage territorial coordonné
Loin de se limiter à Cotonou, ce tour de vis sécuritaire s’étend à l’ensemble des pôles urbains du Bénin. Des détachements policiers sont déployés sur les carrefours et axes des communes d’Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Ouidah, Bohicon et Parakou.
L’objectif affiché par le commandement policier reste l’éradication des comportements à risque, la préservation des vies humaines et la restauration d’une discipline collective durable sur le réseau routier national.