Rosenior, BlueCo et le Racing : l’envers du décor d’une saison sous tension

Ce que le départ de Rosenior pour Chelsea a vraiment déclenché à Strasbourg
Le feuilleton Rosenior continue d’agiter les débats, bien après son départ de Strasbourg pour Chelsea en janvier. À l’occasion de la 5e journée de Ligue 1, le sujet s’est invité sur le plateau du SAV de la Ligue 1, où notre journaliste Jonathan Helbling est revenu sur les coulisses de cette rupture. Fin de match tendue à Jean-Bouin, départ en pleine saison, réaction des supporters : l’analyse a tenté de décrypter l’enchaînement qui a mis le feu aux poudres, sans jamais excuser les insultes.
Un patron, deux clubs : la mécanique BlueCo derrière la colère
Pour Jonathan Helbling, la rancœur des supporters ne vient pas tant du départ en lui-même que de sa destination et de son timing. « Le problème, c’est qu’il part en cours de saison quand Strasbourg va bien, quand Strasbourg est encore qualifié en Conference League. C’est le même groupe, BlueCo, qui va le récupérer pour le mettre à Chelsea. » Il ajoute le cas de Mamadou Sarr, rappelé de son prêt par Chelsea après l’arrivée de Rosenior : « Derrière, ça nous fait très mal parce qu’on n’a plus de défense type en charnière centrale. »
Un départ vers un autre grand club aurait-il provoqué autant de dégâts ? « Non, ça n’aurait pas été vu de la même manière. Ça aurait été compris par les supporters strasbourgeois, très clairement. Là, le problème, c’est que tu as un patron qui a deux entreprises, et il va t’en prendre un pour aller dans l’autre. » Rosenior était-il presque obligé d’y aller ? « Pour moi, c’est une certitude. »
Insultes, réaction humaine et fin de match sous haute tension
Sur les insultes entendues à Jean-Bouin, le ton se veut plus nuancé. « Tout le match, il se fait insulter, et c’est quand même d’une extrême virulence. Tu peux chambrer, tu peux aller taquiner, mais les insultes qui touchent la famille, la maman, c’est vraiment dans l’excès. » Et la réponse de Rosenior au coup de sifflet final ? « Il doit un peu plus se maîtriser, mais elle est humaine. Elle est totalement humaine. » Un avis partagé par Houssem, autre intervenant du plateau, qui comprend la frustration des supporters mais pas deux heures d’insultes. D’autres ont rappelé qu’après avoir quitté le club en pleine saison, Rosenior aurait pu faire profil bas.
La conférence de presse de janvier : une communication à la dérive
Le débat s’est ensuite déplacé vers la façon dont Rosenior avait annoncé son départ l’hiver dernier. Jonathan Helbling garde le souvenir d’une conférence de presse improvisée : « Il vient, il s’assoit, il dit : allez-y, posez vos questions. Une conférence de presse comme ça, elle doit être préparée, il doit avoir un discours. » Sur le fond, il a surtout retenu un message qu’il juge irrespectueux pour le club : l’idée que les supporters devaient être fiers de voir leur entraîneur partir à Chelsea.
Stratégie de communication ou maladresse ? Le plateau s’est divisé. Houssem y voit des mots mal choisis pour dire que le Racing attire désormais les grands clubs, un autre intervenant une annonce préparée pour faire passer la pilule. Jonathan Helbling a tranché entre les deux : « Il y a beaucoup de maladresses, mais quand tu annonces une conférence de presse, tu ne peux pas sortir ça au bout de cinq minutes. Elle n’est pas préparée, c’est ça le problème. »
Un début de saison sous tension
Le plateau a aussi évoqué le début de saison du Racing, 8e avec 7 points avant la trêve, et la défaite au Paris FC.