Le Bénin lance son premier plan national pour une gouvernance transparente

Le Bénin s’engage dans la transparence avec son premier Plan d’action national pour un gouvernement ouvert

Quinze mois après avoir rejoint le Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), le Bénin a franchi une étape décisive en organisant, du 27 au 31 juillet 2026 à Cotonou, un atelier national dédié à l’appropriation des principes de la gouvernance ouverte. Cette rencontre de cinq jours a réuni l’ensemble des acteurs clés pour poser les bases du premier Plan d’action national du pays.

Cotonou, siège des travaux sur le gouvernement ouvert au Bénin

Une mobilisation multi-acteurs pour une gouvernance plus ouverte

Représentants de l’administration publique, institutions nationales, société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers ainsi que médias ont participé à cette initiative sans précédent. L’objectif ? Sensibiliser les parties prenantes aux exigences du PGO et initier une démarche collaborative pour co-construire les futurs engagements du Bénin en matière de transparence.

Victorin Honvoh, directeur de cabinet au ministère du Budget et de la Fonction publique, a salué cette adhésion comme une continuité des réformes déjà engagées par l’État. Parmi les priorités évoquées : renforcer la transparence budgétaire, garantir la redevabilité des institutions, faciliter l’accès à l’information, lutter contre la corruption et encourager la participation active des citoyens.

« La réussite de ce processus repose sur un dialogue constant entre les administrations et les acteurs non étatiques », a-t-il souligné, invitant les participants à proposer des mesures concrètes et à s’approprier pleinement les principes du gouvernement ouvert.

Des consultations citoyennes pour un plan ancré dans les réalités locales

Mireille Hortense Codjovi, directrice du Pôle Budget ouvert et point focal national du PGO, a présenté cet atelier comme une phase préparatoire essentielle avant le lancement de consultations dans les douze départements du Bénin. Ces échanges permettront de recueillir les attentes des populations et d’intégrer leurs priorités au premier projet de Plan d’action national.

« Les contributions citoyennes seront analysées, hiérarchisées et intégrées au document final », a-t-elle précisé. Plusieurs partenaires internationaux, dont Expertise France via le programme PAGOF2, la GIZ, la Coopération suisse, l’UNICEF et l’Union européenne, apportent leur expertise technique à cette démarche.

Transformer les avancées en engagements concrets et mesurables

Jean-Pierre Degue, vice-président du Comité technique du PGO, a rappelé que ce partenariat rassemble des États engagés dans une démarche commune : renforcer la transparence des actions publiques, favoriser la participation citoyenne et renforcer la responsabilité des institutions.

Le Bénin, déjà reconnu pour ses progrès en matière de transparence budgétaire et de participation citoyenne, doit désormais concrétiser ces acquis en engagements précis et vérifiables dans le cadre du PGO. Gustavo Pérez Ara, expert international, a mis en avant les trois piliers du partenariat : participation active des citoyens, transparence totale des processus et redevabilité des décideurs.

« Le dialogue existant entre l’administration et la société civile constitue un atout majeur pour la suite des travaux », a-t-il analysé. Chabi Kassim Taba, conseiller à la Cour des comptes, a présidé les débats visant à définir les modalités d’intégration des principes du gouvernement ouvert au sein des institutions publiques.

Les recommandations issues de cet atelier, associées aux résultats des consultations départementales, serviront de socle à l’élaboration du premier Plan d’action national du Bénin dans le cadre du PGO. Une avancée majeure vers une gouvernance plus inclusive et responsable.