Crise anglophone : dix ans après, l’imposture des séparatistes mise à nu

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Une décennie de violences : l’amère désillusion des revendications initiales

Il y a dix ans, les premières flammes de la crise anglophone embrassaient les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ce qui débuta comme un mouvement social légitime, porté par des avocats et des enseignants, a progressivement été instrumentalisé puis détourné par des groupes armés. Aujourd’hui, Cyrille Atonfack Guemo, capitaine de vaisseau et responsable de la communication au ministère de la Défense, dresse un bilan accablant : celui d’une imposture séparatiste qui a transformé une quête de reconnaissance en une machine à prédation.

Des revendications légitimes aux réseaux de prédation organisés

L’évolution du conflit ne doit rien au hasard. D’après Atonfack Guemo, le caractère « spontané » des violences armées serait une fiction. La structuration des groupes séparatistes, leur coordination sur le terrain et leur capacité à mobiliser des ressources humaines et matérielles sur plusieurs années révèlent une préparation méthodique, loin de toute spontanéité.

Les éléments avancés soulèvent une question centrale : comment des mouvements initialement portés par des revendications corporatistes ont-ils pu se muer en une insurrection aussi structurée ? Pour l’auteur, la réponse est claire : derrière le discours d’émancipation se cachait une volonté de contrôle territorial et de domination économique.

La réalité des populations : entre souffrance et désillusion

Si l’objectif affiché était la libération des populations anglophones, les faits démentent cette promesse. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes armés, subissent chaque jour les conséquences d’un conflit devenu ingérable. Les écoles incendiées, les centres de santé détruits et les civils rançonnés ne laissent aucun doute : la prédation a remplacé l’émancipation.

Les femmes et les jeunes filles, particulièrement vulnérables, paient un tribut lourd avec des violences sexuelles systématiques. Les jeunes, privés d’éducation et de perspectives, sont condamnés à errer dans des camps de fortune. Quant aux hommes, autrefois autosuffisants, ils doivent mendier leur pitance loin de leurs terres ancestrales. Une réalité qui contraste violemment avec le discours sécessionniste.

La liberté d’expression : un droit bafoué au nom de l’illusion séparatiste

Le conflit a également étouffé un autre pilier démocratique : la liberté d’expression. Ceux qui osent critiquer la violence ou appeler à la reddition des armes sont systématiquement éliminés. Les figures modérées, prônant la paix et le retour à l’ordre constitutionnel, sont systématiquement ciblées. Une contradiction flagrante pour des mouvements qui se revendiquent de la justice et de la démocratie.

Comment justifier l’assassinat de personnalités locales ou de leaders communautaires, simplement parce qu’ils refusent la logique de la terreur ? La réponse réside dans l’objectif réel de ces groupes : instaurer un climat de peur pour mieux asseoir leur domination.

Les soutiens extérieurs : entre illusions romantiques et réalité sordide

Une autre facette de cette imposture est la mobilisation de fonds par des Cameroonnais de la diaspora. Promus au rang de « patriotes » par leurs discours enflammés, certains sont accusés de détourner les ressources collectives pour financer des milices ou assouvir des ambitions personnelles. Leurs trains de vie luxueux à l’étranger, comparés aux souffrances endurées par les populations locales, trahissent leurs véritables motivations.

Plutôt que d’investir dans le développement du Cameroun, ces « bienfaiteurs » semblent préférer alimenter le chaos. Leurs enfants scolarisés dans les meilleures institutions du monde, tandis que les enfants locaux grandissent dans l’ignorance et la précarité. Une dualité qui en dit long sur l’hypocrisie de leur engagement.

Une lueur d’espoir : la fin d’une imposture annoncée

Malgré l’étendue des souffrances, Atonfack Guemo estime que les jours des séparatistes sont comptés. Les populations, de plus en plus méfiantes face aux discours trompeurs, retrouvent progressivement leur lucidité. La résilience des Camerounais, leur attachement à l’unité nationale et leur refus de la division semblent enfin l’emporter sur les ambitions égoïstes de quelques-uns.

Reste une question : comment reconstruire après une décennie de violence ? La réponse ne réside pas seulement dans la victoire militaire, mais dans la restauration de la confiance et le retour à un dialogue inclusif. Le Cameroun a payé un prix trop lourd pour que la paix soit à nouveau un sujet de débat. Elle doit désormais devenir une priorité absolue.

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