Cameroun : l’attaque de Boko Haram contre Oumar, autopsie d’une persécution silencieuse

Les rouages d’une violence religieuse dans l’Extrême-Nord
Derrière le témoignage d’Oumar, 20 ans, se cache une mécanique bien huilée de persécution. Le 18 septembre, l’ONG Portes Ouvertes a diffusé un communiqué appelant les chrétiens du monde entier à prier pour ce jeune homme, victime d’une attaque de Boko Haram en janvier dernier. Un appel qui met en lumière les causes profondes d’un phénomène souvent réduit à sa dimension sécuritaire.
Une région sous emprise extrémiste
Classé 37e dans l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026, le Cameroun n’est pas épargné par la violence, particulièrement dans sa partie septentrionale. Dans l’Extrême-Nord, la présence de groupes tels que Boko Haram et l’ISWAP constitue une menace permanente pour les communautés chrétiennes. Ces factions « menacent, enlèvent et convertissent de force les chrétiens à l’islam », précise l’organisation.
Le récit d’une attaque qui a tout changé
L’histoire d’Oumar, rapportée par Portes Ouvertes, remonte à janvier. Ce jour-là, des assaillants ont déferlé sur son village, tuant plus de douze personnes, dont le frère de son voisin, un père de sept enfants. Le jeune homme a été contraint de quitter la ville. « Après m’avoir fait sortir, je leur ai dit que je ne partirais pas avec eux. J’ai appelé à l’aide, et c’est alors qu’ils m’ont tiré dessus », confie-t-il.
Une blessure qui ne guérit pas
Touché à la jambe, Oumar a été transporté en urgence à l’hôpital et opéré. Mais la balle n’a pas pu être extraite, le laissant dans une souffrance persistante. « J’attends que Dieu m’aide dans ma souffrance », témoigne-t-il.
Trois appels à la prière pour une région en détresse
Portes Ouvertes a partagé trois intentions de prière pour soutenir Oumar : remercier Dieu de l’avoir protégé de « cette attaque dévastatrice », demander sa guérison complète alors qu’il continue de recevoir des soins, et prier pour « la paix et la délivrance dans toute la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ».