La coopération entre Sonelgaz et la Senelec entre dans une phase active. Après la signature de deux mémorandums d’entente, les regards se tournent désormais vers les retombées attendues et le prochain rendez-vous de décembre à Dakar. Analyse des réactions et des perspectives.
Le samedi 3 octobre, Alger a été le théâtre d’une rencontre stratégique entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies Renouvelables, le Dr Mourad Adjal, et son homologue sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf. Au menu des échanges : le transfert de savoir-faire et l’accompagnement du Sénégal dans le développement de ses infrastructures électriques et gazières.
Une dynamique d’expansion qui s’étend à l’Afrique de l’Ouest
La stratégie de Sonelgaz sur le continent africain ne date pas d’hier. Le groupe algérien, déjà bien implanté au Mali, au Niger, au Cameroun, au Bénin et en Mauritanie, poursuit son déploiement. Cette fois, c’est le marché sénégalais qui est ciblé. Une nouvelle étape qui confirme l’ambition de l’Algérie de ne plus se contenter d’exporter ses hydrocarbures, mais aussi son ingénierie.
Lors de cette rencontre de haut niveau, le Dr Mourad Adjal a réaffirmé la volonté d’Alger d’accompagner Dakar sur toute la chaîne de valeur : production d’électricité, distribution de gaz, fabrication d’équipements électriques et formation des cadres.
Le gaz naturel, levier stratégique de la coopération
Le Sénégal s’apprête à rejoindre le cercle des pays producteurs de gaz. Pour valoriser ses ressources, il cherche des partenaires expérimentés. L’expertise de Sonelgaz dans la production d’électricité à partir du gaz naturel devient alors un atout considérable. Les discussions ont d’ailleurs largement porté sur ce volet.
Cette volonté de mutualiser les compétences s’est concrétisée par la signature de deux mémorandums d’entente entre Sonelgaz et la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal). Ces accords couvrent :
- Le transfert de compétences et l’assistance technique ;
- La fabrication et la commercialisation d’équipements électriques ;
- Le développement des infrastructures énergétiques ;
- Le renforcement de l’interconnexion électrique.
Un partenariat qualifié de fiable par Dakar
Pour les autorités sénégalaises, le choix de l’Algérie n’est pas anodin. Le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable sur lequel le Sénégal s’appuiera au cours de la prochaine étape ». Il a salué l’expertise algérienne tout en rappelant que l’énergie demeure le moteur stratégique du développement de son pays.
Cette alliance s’inscrit dans une vision de coopération Sud-Sud mutuellement bénéfique. En s’appuyant sur un champion continental comme Sonelgaz, le Sénégal espère accélérer son indépendance énergétique tout en optimisant les coûts de développement.
Vers un accord gouvernemental à Dakar en décembre
L’offensive sénégalaise de Sonelgaz ne fait que commencer. La rencontre d’Alger a posé les jalons d’un partenariat politique et économique plus vaste. Les deux pays ont déjà pris rendez-vous : un accord gouvernemental global dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables sera signé à Dakar début décembre.
Avec ce nouveau déploiement, Sonelgaz confirme son ambition de devenir un leader incontesté de l’électricité et du gaz sur le continent africain, consolidant la position de l’Algérie comme puissance énergétique régionale.