Coopération Tchad Burkina Faso face au terrorisme au Sahel

Le Tchad et le Burkina Faso unissent leurs forces face à l’insécurité au Sahel

Dans un contexte marqué par l’intensification des attaques terroristes au Sahel, le Tchad et le Burkina Faso ont officialisé leur volonté de renforcer leur collaboration sécuritaire. Une délégation de haut niveau tchadienne, dirigée par le Commissaire Divisionnaire de Police Mahamat Ibrahim Man Man, s’est rendue à Ouagadougou pour des discussions stratégiques avec les autorités burkinabè.

Cette rencontre, organisée sous l’égide des ministères de la Sécurité des deux pays, a permis d’aborder les contours d’une coopération renforcée dans la lutte antiterroriste. Selon le communiqué publié par N’Djamena, les échanges ont mis en lumière les défis communs auxquels font face les deux nations et les solutions à mettre en œuvre pour y répondre efficacement.

Une alliance stratégique pour contrer la menace terroriste

Mbaï-Naïssem Isaac Chamir, Conseiller juridique du ministre tchadien de la Sécurité publique et membre de la délégation, a souligné l’importance de cette initiative. « Cette réunion marque le début d’une coopération renforcée entre le Burkina Faso et le Tchad, deux pays partageant une histoire et des défis similaires face au terrorisme », a-t-il déclaré.

Les discussions ont porté sur l’élaboration d’un cadre opérationnel commun, intégrant les expériences de chaque pays pour mieux adapter les réponses aux réalités du terrain. Les participants ont également insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté nationale tout en bâtissant une alliance solide et durable.

Le communiqué tchadien a confirmé que cette dynamique se poursuivra lors de la prochaine session de la Commission mixte de coopération, prévue pour approfondir les axes de collaboration entre les deux États. Cette instance sera chargée de concrétiser les engagements pris lors de cette rencontre.

Vers une sécurité régionale renforcée

Les autorités des deux pays ont salué l’accueil chaleureux réservé à la délégation tchadienne, signe d’une volonté partagée de travailler main dans la main. Cette approche collaborative s’inscrit dans une logique de mutualisation des efforts pour renforcer la sécurité au Sahel, où les groupes armés multiplient les attaques.

Les prochaines étapes incluront des travaux pratiques pour concrétiser les accords de coopération, avec pour objectif de créer un environnement plus sûr pour les populations des deux pays. Cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres nations de la région confrontées aux mêmes défis.

Des frappes controversées de l’Africa Corps au Mali font des victimes civiles

Des frappes controversées de l’Africa Corps au Mali font des victimes civiles

Une enquête de Human Rights Watch révèle que des frappes aériennes, jugées illégales, ont été menées le 15 juin dans le centre du Mali par l’Africa Corps, une entité liée au gouvernement russe. Ces attaques auraient causé la mort de huit civils, dont trois enfants, et blessé trois autres personnes.

Selon les investigations, un avion de type Soukhoï Su-24, fabriqué en Russie, a ciblé le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti. Les bombes ont détruit la résidence du chef du village ainsi qu’un marché aux bestiaux, sans toucher aucun combattant islamiste. Les dégâts matériels et humains sont considérables, mais les groupes armés n’ont subi aucune perte.

Ilaria Allegrozzi, experte senior de HRW sur le Sahel, a dénoncé ces actes en déclarant que « l’Africa Corps a tué des civils au mépris flagrant du droit international humanitaire ». Elle a également pointé du doigt la responsabilité du gouvernement malien, accusé d’avoir « légitimé ces exactions » en soutenant les forces russes. « Bamako ne peut ignorer les crimes commis par ses alliés », a-t-elle souligné.

Pour étayer ses accusations, HRW a mené une enquête approfondie entre le 24 juin et le 14 juillet. Les méthodes utilisées incluent 19 entretiens téléphoniques avec des témoins, des représentants de la société civile, des militaires maliens et des journalistes locaux. L’organisation a également analysé des images satellites, une vidéo diffusée par l’Africa Corps et des photos publiées par un groupe armé islamiste.

Le droit international, applicable dans ce conflit, interdit strictement les attaques visant des civils ou des biens à caractère civil. Il interdit également les bombardements aveugles ou disproportionnés par rapport à l’avantage militaire escompté. « Aucune justification ne peut être avancée pour ces frappes meurtrières », a martelé Ilaria Allegrozzi.

En conclusion, HRW exige que les autorités maliennes, dirigées par le général Assimi Goïta, ouvrent une enquête « transparente et indépendante » sur ces possibles crimes de guerre. Parmi les faits à éclaircir figurent notamment les frappes sur Kyrnia. Cette affaire survient alors que le Mali a rompu ses accords militaires avec la France et les Nations Unies pour se rapprocher de la Russie, renforçant ainsi sa coopération sécuritaire.

Taïwan bloque les visas pour les Marocains en réaction au Maroc

Taïwan a annoncé la suspension immédiate du traitement des demandes de visa pour les ressortissants marocains, une décision motivée par une mesure de réciprocité face aux restrictions imposées par le Maroc aux voyageurs taïwanais. Cette escalade diplomatique découle d’une directive récente du gouvernement marocain, relayée par son ambassade au Japon, mettant fin à l’émission des lettres de confirmation de visa pour les Taïwanais à l’échelle internationale.

Les agences de voyage taïwanaises ont été les premières à alerter sur cette décision marocaine, confirmant que les consulats du Royaume avaient reçu l’ordre de cesser toute procédure liée aux visas pour les citoyens de Taïwan. Conséquence directe : les projets de voyage, les échanges économiques et les déplacements professionnels entre les deux territoires se retrouvent fortement perturbés.

Face à cette situation, les autorités taïwanaises ont riposté en bloquant, à partir de ce vendredi, l’accès aux visas pour les Marocains, à l’exception des cas présentant un caractère humanitaire ou une justification exceptionnelle. Le ministère des Affaires étrangères de Taïwan a appelé Rabat à revenir sur sa position restrictive, soulignant que la réciprocité dans les relations internationales doit reposer sur des règles équilibrées et mutuellement avantageuses. Une surveillance accrue des mesures marocaines en matière de visas sera maintenue avant toute réévaluation de la politique taïwanaise.

Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Le Maroc, qui ne reconnaît pas officiellement Taïwan — épousant la doctrine de la « Chine unique » — entretient des liens diplomatiques exclusifs avec la République populaire de Chine. Ainsi, les relations entre Rabat et Taipei, déjà dépourvues de cadre officiel, se complexifient davantage avec cette nouvelle mesure restrictive.

Faure Gnassingbé et l’ambassadeur brésilien renforcent leur coopération

Dans le cadre d’un renouvellement des liens diplomatiques entre le Togo et le Brésil, le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a reçu l’ambassadeur brésilien au Togo, Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos, pour un entretien officiel ce 30 juillet 2026 à Lomé. Cette rencontre s’inscrit dans une logique de dialogue renforcé et de coopération bilatérale, deux piliers essentiels pour les deux nations.

Lors de cette audience, le représentant du Brésil a dressé un bilan des relations actuelles entre Lomé et Brasília. Il a également mis en lumière les perspectives de collaboration dans des secteurs clés, soulignant la volonté de son pays de consolider les échanges mutuellement bénéfiques au service des populations des deux États.

Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos a partagé son vision des relations séculaires entre le Togo et le Brésil, insistant sur les liens d’amitié et de coopération existants. « Nous avons réaffirmé notre engagement à approfondir ces liens et à contribuer activement au développement partagé », a-t-il déclaré à l’issue de l’échange.

Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos en discussion avec Faure Gnassingbé

Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos

Les discussions ont également abordé les axes de développement d’une coopération Sud-Sud dynamique. Les deux parties ont insisté sur l’importance de partage d’expériences, de solidarité et d’intérêts communs pour renforcer les relations entre le Brésil et les nations africaines.

Fondées en 1972, les relations entre le Togo et le Brésil se sont élargies au fil des années. Elles englobent aujourd’hui des domaines stratégiques comme l’agriculture, la sécurité, la formation professionnelle et technologique, ainsi que la diplomatie. Cette collaboration a pris un nouvel élan avec la signature, en novembre 2018, d’un accord facilitant la suppression réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

Cette audience confirme la volonté des deux pays de maintenir et d’amplifier leur partenariat bilatéral. Elle marque aussi leur engagement à travailler ensemble sur les enjeux régionaux et internationaux pour une coopération plus efficace.

Grand magal : les fidèles confrontés aux tarifs exorbitants des transports

Des milliers de fidèles en route vers touba malgré la flambée des prix

Chaque année, des millions de Sénégalais se rendent à Touba pour célébrer le Grand Magal, une manifestation religieuse majeure dédiée à cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride. Pourtant, cette année encore, les fidèles doivent affronter un obstacle de taille : les prix des transports en commun ont explosé.

Scène de rue animée près des véhicules en direction de touba

Des tarifs multipliés par deux sur la route de touba

À la gare de Baux Maraîchers de Pikine, l’ambiance est électrique. Les voyageurs s’apprêtent à rejoindre Touba pour le Grand Magal, mais le prix des billets a presque doublé. Hier, un ticket coûtait entre 3 000 et 5 000 francs CFA, aujourd’hui, il faut débourser entre 8 000 et 10 000 francs CFA selon le niveau de confort souhaité.

Fallou, un démarcheur expérimenté de la gare, explique cette hausse soudaine : « Tous ces véhicules se rendent à Touba. Vous avez le choix entre un petit véhicule non climatisé à 10 000 francs CFA ou un bus climatisé, légèrement moins confortable, à 8 000 francs CFA. Ce sont les tarifs du jour, car les embouteillages sur la route vers Touba sont monstres. »

Les passagers n’ont d’autre choix que de s’adapter. Mamadou, un fidèle régulier, se rend chaque année à Touba pour le Grand Magal. Cette fois, il doit payer le prix fort : « Ils profitent de chaque événement pour augmenter les prix. Touba n’est pas si loin, et en temps normal, le trajet coûte bien moins cher. Les temps sont difficiles, ils ne devraient pas en abuser. Pourtant, je suis obligé de payer, car ma famille m’attend là-bas. Nous devons accueillir nos invités comme il se doit. »

Scène de rue animée à Dakar

Un manque à gagner qui pèse sur les transporteurs

Bour Guewel, doyen de la gare, partage son analyse. Avec près de 30 ans d’expérience, il connaît les réalités du transport entre Dakar et Touba. « Au départ, nous avons des passagers, mais au retour, il est très difficile d’en trouver. Pourtant, nous devons remplir nos réservoirs deux fois. » Une situation qui, selon lui, justifie la hausse des tarifs : « Nous devons compenser ce manque à gagner. »

Les embouteillages monstres autour de Touba aggravent la situation. Les chauffeurs sont contraints de rouler au pas, ce qui allonge la durée du trajet et réduit le nombre de rotations possibles. Résultat : des prix qui flambent, acceptés malgré tout par les fidèles.

Dakar Dem Dikk, l’opérateur public de transport, propose des trajets à 4 000 francs CFA, mais l’offre est largement insuffisante face à la demande. De plus, les bus de cette compagnie n’acceptent pas beaucoup de bagages, un point crucial pour les pèlerins.

Migrants à Ceuta : la presse marocaine dédouane Rabat, mais se divise sur les causes de la « crise sécuritaire »

Depuis jeudi 30 juillet, environ 60 000 personnes, majoritairement des Marocains, ont traversé la mer pour rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta. En majorité de jeunes hommes ou des adolescents. Trente-quatre d’entre eux sont morts noyés.

Ceuta : la vague migratoire qui secoue l’afrique du nord et relance les débats de souveraineté

Une modeste enclave de seulement 19 kilomètres carrés est devenue, de manière inattendue, le théâtre d’une crise humanitaire et diplomatique aux répercussions profondes pour le sud de l’Europe. Ceuta, ville espagnole enclavée sur la côte marocaine, a récemment connu un afflux massif de migrants, marquant le plus important mouvement de population depuis l’épisode de 2021.

En l’espace de quelques heures, des milliers de personnes ont franchi la frontière depuis le territoire marocain, une situation sans précédent. Les autorités de Ceuta ont recensé l’arrivée d’environ 60 000 migrants, et le bilan humain s’est alourdi, atteignant 34 décès selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Des images poignantes, capturées sur la plage de Tarajal à Ceuta, ont révélé le chaos de ces traversées périlleuses, montrant des foules courant entre la digue et les routes longeant la zone frontalière.

Majoritairement jeunes, ces nouveaux arrivants incluaient également des femmes avec enfants et des familles entières, tous confrontés aux dangers de la noyade et de l’épuisement. Face à cette situation, l’Afrique du Nord, et en particulier le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, a réagi avec une complexité de positions, mêlant revendications de souveraineté, sarcasme et accusations. Nous explorons ici les différentes facettes de ces réactions.

Les revendications de souveraineté du Maroc au cœur des discussions

Les événements de Ceuta ont ravivé une question diplomatique sensible entre le Maroc et l’Espagne : la souveraineté sur les villes de Ceuta et Melilla. Rabat considère ces enclaves comme des territoires marocains depuis son indépendance en 1956. Cette crise a coïncidé avec les célébrations de la Fête du Trône au Maroc, renforçant le sentiment national.

Le site d’information marocain Hespress a souligné que ces vagues migratoires vers Ceuta et, par extension, Melilla, ont ramené au premier plan la question de la situation socio-économique dans les régions frontalières. Le média a insisté sur le lien intrinsèque entre ces villes et leur environnement marocain, ainsi que sur la complexité de leur statut historique et souverain.

Hespress a également rapporté que la crise a contraint les autorités locales de Ceuta à solliciter l’aide de Madrid, qui a rapidement contacté Rabat pour gérer la situation et organiser le renvoi des migrants. Yahya Yahya, président du comité national pour la réintégration de Ceuta, Melilla et des îles adjacentes, a critiqué la gestion espagnole, y voyant une « fragilité de la présence espagnole » et qualifiant la demande de déploiement militaire de « échec politique ».

L’Algérie adopte une position critique et politique

La rivalité historique entre l’Algérie et le Maroc a fortement influencé la réaction d’Alger face aux événements de Ceuta. Un site d’information algérien a qualifié ces arrivées massives de « fuite massive de Marocains », accusant Rabat d’utiliser la « bombe migratoire » comme levier face à Madrid, le décrivant comme « l’enfant gâté de l’Europe ».

Ce média a déploré que les dirigeants européens ciblent l’Espagne plutôt que de s’attaquer à la cause profonde de cette vague migratoire, citant la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui a appelé à la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. Le site a même allégué que le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, cherchait à s’attirer les faveurs du Maroc en raison de ses liens supposés avec le palais royal.

Des accusations ont été portées contre les forces de sécurité marocaines, les soupçonnant d’avoir permis l’entrée des migrants à Ceuta sans intervention, suggérant soit une incapacité à contrôler les frontières, soit une instrumentalisation de la migration. La réaction de la droite et de l’extrême droite française, qui aurait reproché l’Espagne sans mentionner le Maroc, a également été relayée. La télévision publique algérienne a, de son côté, dénoncé une « fuite massive » reflétant les difficultés économiques et sociales au Maroc, des thèmes récurrents dans la politique africaine régionale.

Il est important de noter que l’Algérie elle-même fait face à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 31 % et des critiques concernant la répression du mouvement du Hirak. Sur les réseaux sociaux, la société africaine algérienne a exprimé son opinion avec des commentaires sarcastiques, certains rebaptisant le Maroc « la Suisse » et affirmant la souveraineté espagnole sur Ceuta. Un internaute marocain a rétorqué que des Algériens figuraient également parmi les migrants, cherchant à échapper à la dure réalité de leur pays, soulignant que la migration est un phénomène complexe et que la voix des peuples africains est diverse.

La Tunisie : entre humour et constat alarmant

En Tunisie, les vidéos de l’afflux massif vers Ceuta ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, souvent accompagnées de commentaires empreints d’un humour teinté d’amertume. Certains internautes ont écrit : « Il ne reste que le roi », une formule ironique pour illustrer le grand nombre de départs du Maroc en peu de temps.

Cependant, d’autres ont utilisé ces images pour mettre en lumière la gravité de la crise sociale et économique qui frappe une grande partie de la jeunesse nord-africaine. Ils ont souligné que la montée du chômage pousse de nombreux jeunes à risquer leur vie pour atteindre l’Europe. La Tunisie, en 2025, affichait un taux de chômage des jeunes de 38 %, le plus élevé des pays du Maghreb.

Le pays est lui-même devenu un point de départ majeur pour la migration irrégulière vers l’Europe, les Tunisiens étant parmi les principaux groupes à traverser la Méditerranée vers l’Italie. Cette réalité confère une dimension ironique aux commentaires tunisiens sur la crise de Ceuta. Sur le plan politique, le président Kaïs Saïed a consolidé son pouvoir depuis juillet 2021, dissolvant le Parlement et instaurant une nouvelle Constitution en 2022, des actions critiquées par les organisations de défense des droits humains.

Ceuta et Melilla : des enclaves à l’histoire complexe

L’Espagne maintient sa souveraineté sur deux villes enclavées au nord du Maroc : Ceuta et Melilla. Ceuta, conquise par les Portugais en 1415, est passée sous contrôle espagnol en 1668. Melilla, quant à elle, est sous autorité espagnole depuis 1497.

En 1995, Madrid a accordé un statut d’autonomie à ces deux villes, les alignant sur les autres régions décentralisées d’Espagne. Le Maroc continue de les considérer comme des « territoires occupés » et réclame depuis longtemps un dialogue avec l’Espagne pour résoudre cette question de souveraineté.

Ces villes sont devenues des points de passage cruciaux pour la contrebande et la migration irrégulière vers l’Europe. Pour y faire face, l’Espagne a érigé des clôtures frontalières : celle de Ceuta mesure 8,4 kilomètres de long et atteint 10 mètres de haut par endroits, équipée de barbelés, capteurs électroniques et haut-parleurs. La barrière de Melilla, construite à la même période, s’étend sur 12 kilomètres avec une hauteur d’environ deux mètres, dotée d’un équipement électronique similaire.

La crise de 2021, qui a vu environ 8 000 personnes traverser la frontière en quelques jours, avait été largement liée à une brouille diplomatique entre Madrid et Rabat. Cette tension était survenue après que l’Espagne avait autorisé Brahim Ghali, chef du Front Polisario du Sahara occidental, à recevoir des soins médicaux sur son territoire. Le Maroc avait alors nié toute implication dans cette crise migratoire.

Crise migratoire à Ceuta : l’Espagne face aux soupçons de pression marocaine

En l’espace de 24 heures, l’enclave espagnole de Ceuta, un territoire de 20 km² abritant 85 000 habitants à la frontière marocaine, a vu affluer près de 60 000 migrants. Cette arrivée massive soulève des interrogations à Madrid, qui suspecte une manœuvre de pression politique de la part de Rabat, potentiellement liée à un récent rapprochement diplomatique avec l’Algérie.

Des migrants arrivent sur la côte de l'enclave espagnole de Ceuta après avoir contourné à la nage la clôture frontalière entre le Maroc et l'Espagne, le 30 juillet 2026. (LUCIA DIAZ / AFP)

Des milliers de citoyens marocains ont rejoint la ville autonome de Ceuta, souvent à la nage, une semaine seulement après la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez en Algérie. Cet événement fait écho à la crise de 2021, où près de 9 000 individus avaient pénétré sur le territoire espagnol suite à l’hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario, un mouvement indépendantiste du Sahara occidental en opposition avec le Maroc.

Un véritable chaos a éclaté à la frontière entre Ceuta et Fnideq (Castilejos), avec des milliers de jeunes Marocains se dirigeant vers le sol espagnol. Cette situation marque l’une des plus importantes crises migratoires Ceuta Maroc de ces cinq dernières années. Malgré les tentatives de la police marocaine de bloquer les accès routiers, un flux incessant de jeunes, de familles et même de personnes à mobilité réduite a contourné les barrages, traversant les collines ou se jetant à la mer pour atteindre l’enclave espagnole.

Officiellement, l’administration espagnole affirme que les relations bilatérales avec le Maroc sont « excellentes », soulignant une « coordination migratoire intense » entre les deux nations. Elles se sont engagées à intensifier leurs efforts pour gérer cette crise. Après un silence initial, le gouvernement marocain a confirmé les déclarations espagnoles, annonçant un accord pour le rapatriement des personnes entrées illégalement à Ceuta.

Une décision juridique « mal interprétée » ?

Les raisons profondes de cet afflux massif restent floues. Le ministère de l’Intérieur espagnol, sous la direction de Fernando Grande-Marlaska, impute cet épisode à des réseaux de traite d’êtres humains. Ces derniers, selon le ministère, auraient « exploité une décision de justice » pour faciliter l’entrée des migrants sans papiers.

Cette décision récente de la Cour suprême stipule que toute personne entrant sur le territoire espagnol a droit à une assistance juridique et à un examen « individuel » de sa situation. Ruth Ferrero, professeure de sciences politiques et chercheuse à l’Institut Complutense d’études internationales (ICEI), nuance cette interprétation. Elle explique que la décision est « mal interprétée », car il s’agit simplement d’appliquer le droit international de l’asile, et non de créer un « open bar » ou d’empêcher les retours et rapatriements vers le Maroc. Cette clarification ne contredit donc pas la thèse du ministère de l’Intérieur concernant l’action des trafiquants.

Le précédent de 2021 et ses échos

Un scénario comparable s’était déroulé en mai 2021. À cette époque, près de 9 000 personnes avaient afflué à Ceuta. Cet événement était perçu comme une mesure de rétorsion de la part du gouvernement de Mohamed VI, suite à l’accueil de Brahim Ghali dans un hôpital espagnol, un acte jugé « déplorable » par le Maroc. Des rapports du Centre national de renseignement espagnol (CNI) avaient par la suite révélé la diffusion de rumeurs au sein de la communauté des migrants subsahariens, suggérant que les contrôles frontaliers marocains seraient levés ce jour-là.

Il ne s’agit donc pas d’une première pour Rabat d’utiliser les flux migratoires pour régler des différends diplomatiques avec Madrid. Toutefois, il est encore prématuré de cerner toutes les implications politiques du gouvernement marocain dans la situation actuelle. Haizam Amirah Fernández, directeur exécutif du Centre d’études arabes contemporaines (CEARC), observe un « schéma » récurrent dans ces mouvements de masse : « Les autorités marocaines utilisent les mouvements humains pour envoyer des messages, souvent en réponse à des attentes non satisfaites de leurs dirigeants. » Ce phénomène est symptomatique de la politique africaine régionale et de sa complexité.

Ruth Ferrero appelle néanmoins à la « prudence », estimant qu’il est « incorrect d’interpréter toute la pression migratoire en provenance du Maroc comme une stratégie politique ». Elle ajoute : « Concrètement, ce que nous vivons ces derniers temps ne semble pas répondre, a priori, à un objectif politique marocain. C’est du moins ce qu’indiquent les informations disponibles et le message envoyé par l’Intérieur. » Pour la chercheuse, l’aspect le plus pertinent de cette situation réside dans le fonctionnement des réseaux de désinformation en collaboration avec les mafias. Cela impacte directement la société africaine et la voix des peuples africains en quête d’opportunités.

Malgré les efforts des autorités marocaines pour endiguer l’arrivée de jeunes dans le nord du pays, via des inspections dans les transports publics et sur les routes, l’effet d’appel s’est amplifié, submergeant les forces de sécurité marocaines.

Le contexte d’une rencontre avec l’Algérie

L’afflux massif à Ceuta est survenu jeudi, une semaine après la visite de Pedro Sanchez en Algérie. Cette rencontre a été présentée comme le début d’une « nouvelle phase » dans les relations entre l’Espagne et ce pays du Maghreb. Les discussions avec le président Abdelmadjid Tebboune et le Premier ministre Sifi Ghrieb ont principalement porté sur l’approvisionnement en gaz, un enjeu crucial en raison du conflit au Moyen-Orient et du blocus du détroit d’Ormuz.

« Je ne sais pas si cela peut être considéré comme un facteur déterminant, mais il y a une coïncidence temporelle très claire », commente Amirah Fernández, évoquant un lien possible entre les événements de Ceuta et ce rapprochement avec le voisin du Maroc. « La rivalité entre les deux pays existe pratiquement depuis leur indépendance. Il y a eu des étapes de coopération et des tentatives d’intégration régionale, mais la phase actuelle est l’une des pires de ces dernières décennies. Il est donc raisonnable de penser que cette visite de Sanchez n’a pas été bien vécue à Rabat. »

Selon l’expert, le Maroc interprète souvent la dynamique entre l’Espagne et les nations du Maghreb comme un « jeu à somme nulle ». Ainsi, « si l’Espagne améliore ses relations avec l’Algérie, elle considère que cela nuit au Maroc ; et, de la même manière, si elle améliore ses relations avec le Maroc, elle comprend que cela nuit à l’Algérie ».

Ruth Ferrero estime que Rabat détient une certaine influence sur Madrid, mais que cette position est « la conséquence d’une politique de vision sécuritaire et d’externalisation de la gestion des migrations ». Elle précise : « Ce n’est pas tant que le Maroc a délibérément recherché cette position, mais qu’il a très bien su jouer ses cartes dans un contexte où les gouvernements européens, y compris le gouvernement espagnol, ont délégué le contrôle des flux migratoires à des pays tiers. »

Le Sahara occidental au cœur des frictions diplomatiques

La pression migratoire observée il y a cinq ans faisait suite à plusieurs épisodes de tensions bilatérales entre l’Espagne et le Maroc. En décembre 2020, Rabat avait suspendu une réunion de haut niveau avec Madrid, quelques jours après la reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, en échange de la normalisation des relations avec Israël. Quelques mois plus tard, l’Espagne avait accueilli Brahim Ghali, arrivé d’Algérie pour y être hospitalisé en raison du coronavirus.

Le Maroc avait « pris note » de cette hospitalité envers le leader du Polisario, entraînant un incident frontalier qui a coûté la vie à deux personnes.

« La relation hispano-marocaine est complexe », affirme Amirah Fernández. « Le Maroc conserve un style que certains qualifient d’assertif. En d’autres termes, la prise de décision est concentrée sur un petit nombre de personnes et l’on a tendance à faire preuve de force. » Cette dynamique est essentielle pour comprendre la politique africaine régionale.

Depuis son indépendance en 1956, après la fin des protectorats français et espagnol, les relations entre les deux pays ont été marquées par des conflits autour du Sahara occidental, l’ancien Sahara espagnol, envahi par le Maroc en 1975. Un an plus tard, Madrid s’est retirée de la zone, déclinant toute responsabilité administrative. Actuellement, le territoire est occupé à 80% par le Maroc, le reste étant sous le contrôle du Front Polisario, fondé en 1973 en tant que mouvement de libération nationale sahraoui.

L’arrivée de Trump à la Maison Blanche a orienté Washington vers une ligne pro-marocaine, menaçant de ramener le conflit du Sahara à un point de non-retour. La reconnaissance par le républicain de la souveraineté marocaine sur la région en 2020 a exacerbé les tensions diplomatiques, culminant avec la crise de Ceuta en 2021.

Un tournant majeur est intervenu en 2022, avec la lettre de Pedro Sanchez à Mohamed VI. Le président espagnol y aurait appuyé la proposition d’autonomie du Sahara par Rabat, abandonnant ainsi une position historique sur le conflit régional. « Ce qui s’est réellement passé avec cette lettre, c’est que le gouvernement espagnol a abandonné une position de neutralité », souligne Amirah Fernández. « Jusqu’alors, l’Espagne soutenait toute solution convenue entre les parties. Cependant, dans cette lettre, il a exprimé pour la première fois une préférence : la proposition d’autonomie du Sahara au sein du Royaume du Maroc, qui est précisément l’option défendue par Rabat. Mais cela ne constitue pas une reconnaissance légale de la souveraineté marocaine sur le territoire. »

L’influence des réseaux sociaux dans les flux migratoires

Au-delà des spéculations sur d’éventuels intérêts politiques du régime de Mohamed VI, les réseaux sociaux ont indéniablement joué un rôle crucial dans cette crise migratoire. Une étude récente de l’Observatoire nordique des droits de l’homme au Maroc a révélé que 81% des jeunes interrogés perçoivent la migration irrégulière, telle que présentée sur les réseaux sociaux, comme « une solution pour améliorer les conditions de vie ». Cette donnée met en lumière l’impact des plateformes numériques sur la société africaine et les aspirations du peuple Afrique.

L’enquête, menée auprès de 500 jeunes des régions de Tanger, Tétouan et Al Hoceima (nord du Maroc), indique également que 78,4% des participants trouvent facilement des publications faisant la promotion de la migration irrégulière. De plus, 74,2% déclarent suivre des pages qui fournissent des informations ou une aide pour organiser de tels voyages, soulignant l’importance de l’actualité africaine citoyenne sur ces plateformes.

Hommage émouvant à Éric Roy lors du match Brest-psg

Un hommage poignant pour Éric Roy au stade Francis-Le Blé

Trois mois après son décès, le Stade Brestois 29 s’apprête à rendre un hommage solennel à Éric Roy, figure marquante du club, à l’occasion de la rencontre contre le Paris Saint-Germain en Ligue 1.

Le club breton a choisi le match du 13 septembre 2026, lors de la quatrième journée de Ligue 1, pour célébrer la mémoire de son ancien entraîneur, disparu le 17 juin dernier. « Le Stade Brestois 29 souhaite que cet hommage soit à la hauteur de l’empreinte laissée par Éric Roy dans l’histoire du club, ainsi que de l’attachement que lui portent sa famille, ses proches et l’ensemble du peuple brestois », précise le communiqué officiel.

Initialement prévu lors des premières rencontres à domicile, cet hommage a été reporté pour des raisons logistiques. Les dirigeants du club ont expliqué que « les matches de préparation ne permettaient pas de réunir le public brestois dans les conditions souhaitées ». Par ailleurs, la tribune Quimper était inaccessible face au Toulouse FC en raison d’une sanction liée à « un usage massif d’engins pyrotechniques ». Le Stade Brestois 29 a donc opté pour la venue du PSG afin d’honorer au mieux « la mémoire d’Éric Roy ».

Au Sénégal, trois figures du Pastef sous le coup d’une poursuite pour offense au président

© Damien Glez

Au Sénégal, l’actualité politique est marquée par l’ouverture de poursuites judiciaires contre trois individus étroitement liés au parti Pastef. Ces personnalités sont visées par des accusations d’offense envers le chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye. Cette situation s’inscrit dans le contexte plus large de la politique africaine, où les interactions entre pouvoir et opposition sont scrutées avec attention par la société africaine et les voix des peuples africains. Les détails précis entourant les faits reprochés n’ont pas encore été rendus publics, mais l’affaire soulève déjà des questions importantes sur la liberté d’expression et les dynamiques de l’actualité africaine citoyenne.

L’union saint-gilloise à la conquête des barrages de la ligue des champions

Les Bruxellois de l’Union Saint-Gilloise s’apprêtent à disputer leur avenir européen. Ils affrontent le redoutable club norvégien de Bodø/Glimt, une formation qui s’est distinguée lors de la précédente édition, avec pour objectif d’atteindre les barrages de la prestigieuse Ligue des Champions. Les dates clés à retenir pour cette confrontation sont le 4 et le 11 août.

L’Union Saint-Gilloise entame son parcours continental en Ligue des Champions. Pour espérer se qualifier pour les barrages de la compétition la plus convoitée d’Europe, le club de la capitale belge devra surmonter l’obstacle que représente Bodø/Glimt lors de ce troisième tour préliminaire décisif.

Après avoir fait ses premiers pas en Ligue des Champions la saison dernière, les Unionistes nourrissent l’ambition de retrouver les sommets du football européen. Cependant, la tâche s’annonce ardue face à l’équipe norvégienne, véritable révélation de la dernière campagne continentale, qui a brillamment atteint les huitièmes de finale de la Ligue des Champions lors de l’édition 2025-2026.

Le match aller se déroulera en Belgique, où l’Union Saint-Gilloise aura l’impératif de prendre un avantage significatif avant un déplacement périlleux dans le nord de la Norvège. Au-delà du cercle polaire, dans des conditions climatiques et une atmosphère souvent singulières, les joueurs saint-gillois sont conscients que le sort de leur campagne européenne pourrait se jouer en grande partie dès cette première rencontre à domicile.

Les passionnés de football pourront suivre cette double confrontation cruciale en direct. Le match aller est programmé le mardi 4 août dès 19h45. Les commentaires seront assurés par Vincenzo Ciuro et Silvio Proto, tandis qu’Anne Ruwet réalisera les interviews en bord de terrain.

La rencontre retour sera diffusée le mardi 11 août dès 17h55.

Au Burkina Faso, l’autonomie financière est-elle un leurre face à la dette ?

Depuis plusieurs mois, la formule « Y’a pas crédit dedans » s’est imposée dans le discours des autorités burkinabè. Accrochée aux lèvres du capitaine Ibrahim Traoré et reprise en chœur par les partisans du régime, cette phrase résume une ambition affichée : celle de financer les grands projets d’infrastructures, de modernisation de l’État ou encore de réhabilitation des routes uniquement grâce aux ressources nationales. Un message simpliste, mais percutant, qui vise à convaincre que le Burkina Faso tourne désormais le dos à la dépendance envers les partenaires internationaux.

Un slogan politique qui masque une réalité économique complexe

L’idée d’une souveraineté financière totale séduit par sa clarté. Qui pourrait contester l’objectif de réduire la dépendance extérieure, d’améliorer la collecte des recettes internes ou de renforcer les capacités nationales ? Pourtant, derrière cette communication triomphante se cachent des mécanismes de financement bien moins glorieux.

Les récents accords signés avec la Banque islamique de développement (BID) pour la construction de routes en sont un exemple frappant. Ces projets, présentés comme financés « sans crédit », reposent en réalité sur des prêts concessionnels dont le remboursement s’étalera sur plusieurs années. Des engagements qui pèsent déjà sur les comptes publics, même si les conditions de ces emprunts restent avantageuses.

Cette discordance entre le discours politique et les faits budgétaires interroge. Pourquoi insister sur une autonomie financière totale alors que les documents officiels révèlent l’implication de prêteurs étrangers ?

Une économie sous tension : entre dépenses sécuritaires et besoins d’infrastructures

Le Burkina Faso fait face à une situation économique particulièrement tendue. La crise sécuritaire persistante, les dépenses militaires en hausse constante et la pression sur les finances publiques réduisent comme peau de chagrin la marge de manœuvre budgétaire. Sans oublier les déplacements massifs de populations, les recettes fiscales en berne et la nécessité impérieuse de moderniser les infrastructures.

Dans un tel contexte, comment financer des projets d’envergure sans recourir à des emprunts extérieurs ? Pour de nombreux observateurs, l’hypothèse d’un autofinancement systématique relève du mirage. Les besoins sont tout simplement trop importants pour être couverts par les seules ressources internes.

La transparence, l’oubliée du débat

Le recours à l’emprunt n’est pas un tabou. Bien au contraire : il constitue un outil classique pour les États qui souhaitent accélérer leur développement. Encore faut-il que cette dette soit utilisée à bon escient.

Les citoyens ont le droit de savoir : d’où viennent les fonds ? Quels sont les montants empruntés ? À quels taux ? Sur combien de temps ? Quelles garanties sont engagées ? Autant de questions qui restent souvent sans réponse claire. Pourtant, une gestion financière responsable repose avant tout sur la transparence.

Sans cette clarté, les slogans politiques risquent de créer des attentes irréalistes. Les générations futures hériteront non seulement des infrastructures construites aujourd’hui, mais aussi – et surtout – des dettes contractées pour les financer. Un fardeau qui pèsera lourd sur les épaules des contribuables de demain.

Une souveraineté qui ne se décrète pas

Loin d’être une preuve d’indépendance, le refus systématique de recourir à des partenaires financiers peut révéler une gestion opaque des finances publiques. La véritable souveraineté économique se mesure à l’aune de la capacité à :

  • Gérer durablement les finances publiques ;
  • Investir de manière stratégique ;
  • Publier des comptes accessibles à tous ;
  • Rendre des comptes aux citoyens ;
  • Utiliser les emprunts de façon responsable ;
  • Réduire progressivement la dépendance grâce à une économie plus dynamique.

Une nation ne gagne en puissance ni en niant ses engagements financiers, ni en masquant ses réalités économiques. Elle le fait en assumant ses choix avec honnêteté et en plaçant l’intérêt général au cœur de ses décisions.

Conclusion : au-delà des slogans, l’essentiel est dans l’action

Le Burkina Faso, comme la plupart des pays en développement, continue de dépendre en partie des financements extérieurs pour réaliser ses ambitions. Le débat ne devrait donc pas opposer autonomie financière et recours à la dette, mais se concentrer sur :

  • La qualité de la gouvernance ;
  • La transparence des accords de financement ;
  • L’efficacité des investissements réalisés ;
  • L’impact réel de ces projets sur le développement durable.

Car, en définitive, ce sont les Burkinabè – d’aujourd’hui et de demain – qui paieront le prix des choix budgétaires actuels. Et c’est à eux, avant tout, que les dirigeants doivent rendre des comptes.