Exposition

exposition « leurs regards » : le Mali au cœur d’une crise humanitaire révélée à Bruxelles

Sept organisations humanitaires majeures unissent leurs forces pour alerter le public sur la situation critique au Mali. Du 23 janvier au 12 février, l’exposition photographique « In Their Eyes » prend ses quartiers aux Halles Saint-Géry à Bruxelles. Ce projet artistique et engagé vise à donner la parole aux populations maliennes touchées par une crise humanitaire sans précédent.

une initiative collective pour sensibiliser à la crise au Mali

L’exposition est portée par un collectif de sept ONG internationales :

  • Médecins du Monde
  • Action contre la Faim
  • Conseil norvégien pour les réfugiés
  • Conseil danois pour les réfugiés
  • International Medical Corps
  • International Rescue Committee
  • Première Urgence Internationale

Ce projet bénéficie également du soutien financier de l’Union européenne, soulignant l’urgence et l’importance de cette démarche. L’objectif ? Documenter la crise à travers le prisme des populations directement affectées, en mettant en lumière leurs récits et les défis quotidiens auxquels elles font face.

des photographies réalisées par un photographe malien

Les clichés exposés sont l’œuvre de Tiécoura N’Daou, photographe malien renommé. Ses photographies, capturées en septembre 2025 dans les régions de Gao et de Mopti, illustrent avec force la réalité vécue par les habitants. Ces images, prises au cœur des zones d’intervention des ONG partenaires, offrent un témoignage visuel poignant de la situation sur le terrain.

des chiffres alarmants qui appellent à l’action

La situation humanitaire au Mali est qualifiée d’alarmante par les organisateurs. Voici les données clés qui illustrent l’ampleur de la crise :

  • Plus de 400 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, principalement des femmes et des enfants
  • Un million et demi d’individus confrontés à une crise alimentaire
  • 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë
  • Plus de 35 000 violations des droits humains enregistrées en 2024

Ces chiffres révèlent une réalité brutale où des millions de personnes luttent chaque jour pour survivre. L’exposition « In Their Eyes » cherche à humaniser ces statistiques en donnant un visage et une voix à ceux qui en sont les victimes.

une exposition pour éveiller les consciences

Au-delà des photographies, cette exposition entend jouer un rôle clé dans la sensibilisation du public européen. En exposant les réalités vécues par les Maliens au quotidien, elle vise à susciter l’empathie et à encourager un soutien concret aux initiatives humanitaires locales. Les visiteurs seront ainsi invités à découvrir les projets menés par les ONG sur le terrain, soutenus par l’Union européenne.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de voix des peuples africains pour une actualité africaine citoyenne. Elle rappelle l’importance de ne pas oublier les crises humanitaires qui secouent le continent et de soutenir les populations dans leur quête de dignité et de sécurité.

CAN 2026 : la victoire du Sénégal, entre liesse et amertume marocaine

Le Sénégal a conquis sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc, pays hôte, au terme d’une finale marquée par des rebondissements et des controverses arbitrales. Une actualité africaine citoyenne qui a déchaîné les passions.

À Dakar, des supporters sénégalais expriment leur joie après avoir remporté la Coupe d'Afrique des Nations, le 18 janvier 2026. (CARMEN ABD ALI / AFP)

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), disputée le dimanche 18 janvier, a offert un dénouement quasi irréel. Le Sénégal a arraché une victoire 1-0 contre le Maroc grâce à un but de Pape Gueye en prolongation, s’adjugeant ainsi sa deuxième CAN. Cette rencontre mémorable, qui s’est déroulée dans le pays organisateur, restera gravée dans l’histoire pour son scénario haletant et les vives discussions autour des décisions arbitrales. À Saint-Denis, en France, les communautés de supporters des deux nations se sont rassemblées, reflétant la Voix des peuples africains et leur ferveur pour le football.

Le match a pris une tournure dramatique à la 96e minute. Alors qu’un penalty venait d’être accordé aux Lions de l’Atlas, provoquant la joie explosive des supporters marocains qui chantaient et dansaient, la situation a basculé. La plupart des joueurs sénégalais, furieux d’un but précédemment refusé, ont choisi de quitter la pelouse en signe de protestation.

Un esprit sportif mis à l’épreuve

Pour Hassan et son fils Sami, fervents supporters marocains, l’incrédulité était palpable. « C’est une décision de l’arbitre, pourquoi gâcher le match ? J’ai vu des finales pendant des années avec des arbitres soi-disant corrompus ou des matchs truqués… Mais c’est la décision de l’arbitre, et honnêtement, ce n’est pas très fair-play », a déploré Hassan. Sami a renchéri : « Ce n’est pas normal qu’ils ne veuillent pas jouer parce que c’est la dernière minute. » Ces réactions illustrent bien l’impact de la politique africaine du football sur les émotions du peuple Afrique.

Après une interruption d’une vingtaine de minutes, les joueurs sénégalais sont finalement revenus sur le terrain. L’attaquant du Real Madrid, Brahim Diaz, a manqué son tir au but, scellant la victoire du Sénégal en prolongation. « Je suis comblé par cette victoire », a confié Ibrahima, un supporter sénégalais. « Je suis fier de leur parcours depuis le début de la CAN. Seul le résultat compte, nous avons gagné, c’est la fête aujourd’hui. »

Concernant le départ des joueurs sénégalais, Ibrahima a admis que « dans le football, ce n’est vraiment pas fair-play. Mais heureusement, nous avons un Sadio Mané qui a pris conscience de la situation et a rappelé les jeunes, qui l’ont écouté, et c’est extraordinaire. » La star sénégalaise, qui disputait sa dernière CAN, a en effet joué un rôle crucial en exhortant ses coéquipiers à reprendre le jeu après leur protestation contre le penalty sifflé en faveur de Brahim Diaz dans le temps additionnel.

Au coup de sifflet final, alors que les klaxons des supporters sénégalais résonnaient dans les rues, la déception était profonde sur les visages des Marocains. Beaucoup d’entre eux estimaient que Brahim Diaz avait volontairement raté son penalty, laissant un goût amer.

« Il n’aurait pas dû faire semblant de tirer le penalty. On aurait gagné sinon ! »

Un supporter marocain

« C’est incroyable, il l’a tiré directement dans les mains du gardien. Demain, je ne vais pas en cours, je vais faire grève en disant que j’ai mal à la tête », a juré un jeune supporter. Nombreux étaient ceux qui ressentaient cette douleur après que le Maroc ait perdu sa Coupe d’Afrique des Nations, dans son propre stade, à Rabat, devant sa société africaine fervente.

Exposition photos au Mali : sept ong alertent à bruxelles

exposition photos au Mali : sept ong alertent à bruxelles

sept organisations non gouvernementales (ong) spécialisées dans l’aide humanitaire présenteront une exposition photographique sur la crise au Mali. intitulée « dans leurs yeux », cette manifestation se tiendra du 23 janvier au 12 février dans les locaux des Halles Saint-Géry à Bruxelles.

l’exposition photographique « dans leurs yeux » mettra en lumière plus de 30 clichés réalisés par le photographe malien Tiécoura N’Daou. ces images ont été capturées en septembre 2025 dans les régions de Gao et de Mopti, où des projets humanitaires sont soutenus par l’Union européenne.

des images pour raconter une crise humanitaire

selon les organisateurs, l’exposition vise à documenter la crise au Mali à travers les témoignages de celles et ceux qui la subissent au quotidien. elle permettra de mettre en avant :

  • les récits des populations affectées par les déplacements et les pertes humaines ;
  • le travail des équipes humanitaires sur le terrain, souvent dans des conditions extrêmes ;
  • les défis rencontrés par plus de 6,4 millions de personnes dans le pays.

les clichés de Tiécoura N’Daou, réalisés en collaboration avec sept ong humanitaires, montreront la réalité des familles déplacées et des enfants souffrant de malnutrition aiguë.

les principales organisations derrière l’initiative

l’exposition « dans leurs yeux » est portée par un consortium de sept ong humanitaires d’envergure internationale. parmi elles :

  • Médecins du Monde Mali ;
  • Action contre la Faim Mali ;
  • Conseil norvégien pour les réfugiés ;
  • Conseil Danois pour les Réfugiés ;
  • International Medical Corps Mali ;
  • International Rescue Committee Mali ;
  • Première Urgence Internationale Mali.

ces organisations mènent des projets humanitaires au Mali, en collaboration avec l’Union européenne, pour améliorer les conditions de vie des populations affectées par la crise.

une crise humanitaire particulièrement alarmante

selon les sept ong humanitaires, la situation au Mali est qualifiée de très préoccupante. parmi les chiffres clés :

  • plus de 400 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, avec une majorité de femmes et d’enfants ;
  • un million et demi de personnes en situation d’insécurité alimentaire ;
  • 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë ;
  • plus de 35 000 violations des droits humains enregistrées en 2024.

face à ces constats, les organisateurs de l’exposition « dans leurs yeux » soulignent l’importance de sensibiliser l’opinion publique à Bruxelles sur la gravité de la crise au Mali. ils espèrent que cette initiative permettra de mobiliser des soutiens et des actions pour améliorer les conditions de vie des populations affectées.

L’exposition est réalisée par Médecins du Monde, Action contre la Faim, le Conseil norvégien pour les réfugiés, le Conseil Danois pour les Réfugiés, International Medical Corps, l’International Rescue Committee et Première Urgence Internationale, avec le soutien de l’Union européenne.

L’exposition présentera une trentaine de photographies réalisées par le Malien Tiécoura N’Daou. Les clichés ont été réalisés en septembre 2025 dans les régions de Gao et de Mopti, où les ONG partenaires mènent des projets avec le soutien de l’Union européenne. Selon les organisateurs, l’objectif est de documenter la crise

L’UJPLA s’alarme de l’interdiction de Jeune Afrique au Mali : un coup dur pour la liberté de la presse

L’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine (UJPLA) exprime sa vive inquiétude et sa profonde consternation suite à la décision des autorités maliennes de proscrire la commercialisation et la diffusion du magazine Jeune Afrique sur l’intégralité du territoire national.

L’UJPLA considère cette mesure comme une atteinte sérieuse à la liberté de la presse, un pilier fondamental de la démocratie, ainsi qu’à la liberté d’expression et au droit inaliénable des citoyens maliens d’accéder à une information diversifiée, impartiale et indépendante.

Le magazine Jeune Afrique, média panafricain de renom, contribue depuis plusieurs décennies au débat démocratique et à l’analyse des dynamiques politiques, économiques et sociales du continent africain. Son interdiction marque un précédent préoccupant et révèle une dérive autoritaire incompatible avec les engagements internationaux du Mali en matière de respect des droits humains.

L’UJPLA tient à souligner que la liberté de la presse n’est ni une faveur accordée par les pouvoirs publics, ni un privilège, mais un droit imprescriptible garanti par les conventions internationales, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

En conséquence, l’UJPLA prend les positions suivantes :

  • Elle condamne avec la plus grande fermeté cette décision qu’elle juge arbitraire.
  • Elle exige la levée immédiate de l’interdiction de vente du magazine Jeune Afrique au Mali.
  • Elle exhorte les autorités maliennes à privilégier le dialogue constructif, la transparence et le respect scrupuleux des libertés fondamentales.
  • Elle invite toutes les organisations œuvrant pour la défense des droits humains et la liberté de la presse à se mobiliser activement contre cette dérive liberticide.

L’UJPLA réitère son engagement inébranlable en faveur de la liberté de la presse et de la protection des journalistes partout sur le continent africain.

Crise alimentaire en afrique de l’ouest et du centre : des millions de vies en péril

crise alimentaire en afrique de l’ouest et du centre : des millions de vies en péril

En Afrique de l’Ouest et du Centre, l’alliance entre l’escalade des violences et les réductions budgétaires plonge des millions de personnes dans une crise humanitaire sans précédent. Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme : 55 millions d’habitants, dont plus de 13 millions d’enfants, risquent de sombrer dans une famine critique dès cet été.

urgence alimentaire : une situation alarmante pour 2026

Pour éviter un désastre humanitaire, le PAM lance un appel urgent : plus de 453 millions de dollars sont nécessaires dans les six prochains mois. Une étude récente révèle que plus de 3 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire de niveau d’urgence (phase 4 de l’IPC) cette année, soit deux fois plus qu’en 2020.

Quatre pays concentrent 77 % des cas d’insécurité alimentaire : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger. Dans l’État de Borno au Nigeria, 15 000 personnes pourraient subir une famine catastrophique (phase 5 de l’IPC), une première depuis près de dix ans.

Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, alerte : « La baisse des financements en 2025 a aggravé la faim et la malnutrition dans toute la région. Les besoins dépassant largement les ressources disponibles, le risque de voir les jeunes sombrer dans le désespoir s’intensifie. »

Un groupe de femmes et d'enfants locaux à Yagoua, au Cameroun, participent à un événement de sensibilisation pour le projet PULCCA, qui vise à lutter contre l'insécurité alimentaire et à renforcer la résilience de la communauté.

les conséquences dévastatrices des conflits et de la réduction de l’aide

Les conflits croissants, les déplacements massifs de populations et les crises économiques ont aggravé la situation, mais la réduction de l’aide humanitaire a poussé les communautés au-delà de leurs limites. Voici les impacts par pays :

  • Mali : la baisse des rations alimentaires a entraîné une hausse de 64 % de la famine aiguë dans certaines zones, tandis que les zones recevant des rations complètes ont enregistré une baisse de 34 %. L’insécurité persistante perturbe les approvisionnements, et 1,5 million de Maliens pourraient faire face à une crise alimentaire.
  • Nigeria : le manque de financement en 2025 a forcé le PAM à réduire ses programmes nutritionnels, touchant plus de 300 000 enfants. La malnutrition est passée de « grave » à « critique » dans plusieurs États du nord. En février, seulement 72 000 personnes pourront être aidées, contre 1,3 million l’an dernier.
  • Cameroun : plus d’un demi-million de personnes vulnérables pourraient être privées d’aide vitale si les financements d’urgence ne sont pas assurés rapidement.
Un enfant marche devant des abris dans un camp de déplacés à Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria.

13 millions d’enfants menacés par la sous-alimentation

Lors d’une conférence de presse à Genève, Jean Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition au PAM, a souligné que 13 millions d’enfants pourraient se retrouver en situation de risque cette année. Ces programmes nutritionnels, essentiels pour prévenir et traiter la malnutrition, doivent être prioritaires.

« Lorsque nous parlons du niveau 5 de l’IPC, cela concerne 15 000 personnes dans le nord-est du Nigeria et certaines zones administratives locales de l’État de Borno », a-t-il expliqué. Ce classement signifie un risque immédiat de mortalité accrue. « Malheureusement, cela implique que les taux de mortalité dépassent largement les niveaux normaux. Pour le dire clairement, les gens meurent de faim », a-t-il ajouté.

appel à une action urgente et à des solutions durables

Ces crises alimentaires répétées illustrent l’urgence d’une approche proactive pour éviter que des populations vulnérables ne soient chaque année au bord de la famine. Pour « briser ce cycle de la faim » et construire un avenir plus résilient, le PAM plaide pour un changement de paradigme en 2026 : les gouvernements nationaux et leurs partenaires doivent investir davantage dans la préparation, les mesures anticipatives et le renforcement de la résilience des communautés.

Le PAM a besoin de 453 millions de dollars dans les six prochains mois pour poursuivre son aide humanitaire vitale dans la région. « Il est essentiel de soutenir les communautés en crise afin que la faim croissante ne provoque pas davantage de troubles, de déplacements et de conflits », insiste Sarah Longford.

des solutions existent, mais elles nécessitent des financements

Depuis plusieurs années, le PAM agit sur les causes profondes de l’insécurité alimentaire aiguë en Afrique de l’Ouest grâce à des programmes de résilience, des initiatives scolaires, la création d’infrastructures communautaires et un appui aux gouvernements pour renforcer les systèmes de protection sociale. Ces efforts ont déjà porté leurs fruits :

  • Plus de 300 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilitées depuis 2018, transformant des paysages arides en terres arables et protégeant environ 4 millions de personnes face aux chocs climatiques.
  • Ces initiatives ont permis de réduire l’impact des crises alimentaires récurrentes et d’améliorer la sécurité alimentaire des populations locales.

Pour Jean Martin Bauer, « les solutions existent, mais elles ne sont pas suffisamment financées ». Il appelle à une mobilisation immédiate pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.

Situation des femmes dans les mines artisanales au Mali : quand la pauvreté tue

femmes dans une mine artisanale au Mali

L’effondrement survenu à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a coûté la vie à six femmes le 9 janvier 2026. Derrière cette tragédie se cache une dure réalité : la pauvreté extrême qui pousse les mères de famille à risquer leur vie chaque jour pour survivre.

Des mères acculées par la faim dans les mines d’or

Travailler dans des sites d’orpaillage artisanale au Mali n’est pas un choix pour ces femmes, mais une nécessité vitale. Contraintes par la faim et l’absence de revenus, elles affrontent des conditions de travail inhumaines pour extraire quelques grammes d’or. Dans la région de Kayes, il est courant de les voir œuvrer plus de 12 heures par jour sous un soleil écrasant, souvent pour moins de quelques grammes de métal précieux, insuffisant pour nourrir leur famille.

Leurs conditions de travail sont aggravées par le fait qu’elles sont reléguées aux zones les plus dangereuses des sites miniers. Exclues des galeries les plus rentables par les hommes, elles se retrouvent dans des fosses abandonnées ou des mines déjà fragilisées. Ces zones, jugées trop risquées par les autres orpailleurs, deviennent leurs tombeaux lorsque les parois s’effondrent sous l’effet de l’érosion ou de pluies soudaines.

Un quotidien marqué par la vulnérabilité et les risques

Les dangers ne se limitent pas aux effondrements soudains. En raison de leur précarité, ces femmes sont exposées à une multitude de risques : manipulation de produits toxiques comme le mercure sans protection, maladies graves, violences basées sur le genre et exploitation sans limites. Le drame de Kéniéty, où six femmes dont deux mariées ont péri sous les décombres, illustre tragiquement ce cercle vicieux.

En quête de quelques pépites dans les murs d’une ancienne mine abandonnée, elles ont été prises au piège par un effondrement. Malgré les tentatives de sauvetage avec les moyens disponibles, la terre a eu raison de leur espoir. Ce tragique événement rappelle l’urgence de sécuriser ces sites pour éviter de nouveaux drames.

Réinventer l’économie locale pour briser le cycle de la misère

Pour les habitants de Dialafara, la gestion des anciennes mines est devenue une question de survie. Les sociétés minières qui abandonnent ces sites sans les sécuriser laissent derrière elles des cratères mortels, attirant les populations les plus pauvres. Le remblayage systématique des sites après exploitation est désormais une priorité pour éviter que des femmes désespérées ne s’y aventurent à nouveau.

Au-delà de la sécurisation des infrastructures, c’est une véritable refonte économique qui s’impose. Les autorités doivent mettre en place des programmes d’autonomisation pour ces femmes, en les orientant vers des activités génératrices de revenus alternatives. Sans une solution durable, la pauvreté continuera de pousser des mères courageuses vers une mort certaine dans les entrailles de la terre malienne.

Corruption au Mali : quand les petits cadeaux empoisonnent la société

Comprendre la corruption au Mali : entre petits cadeaux et drame social

Au Mali, des expressions comme « bonya » (respect), « woro songo » (prix de la cola) ou « buru songo » (prix du pain) servent souvent à désigner des « petits cadeaux » qui, en réalité, s’apparentent à de la corruption. Une pratique ancrée dans les mœurs, mais dont les conséquences pèsent lourdement sur la société malienne.

Pourquoi cette forme de corruption est-elle si répandue ? Comment briser ce cercle vicieux qui semble accepté par une grande partie de la population ? Voici une analyse des mécanismes et des impacts de ce phénomène endémique.

La corruption : un fléau aux multiples visages

Selon Transparency International, la corruption se définit comme « le détournement à des fins personnelles d’un pouvoir confié en délégation ». Au Mali, cette définition se traduit par des actes quotidiens : pots-de-vin, faveurs indues, ou encore népotisme, qui touchent aussi bien les services publics que les relations professionnelles.

Myriam (nom d’emprunt), directrice commerciale à Bamako, en témoigne avec amertume : « Chaque fois que je décroche un marché, les agents de l’administration me réclament un pourcentage en échange. C’est à prendre ou à laisser. »

Cette pratique, devenue monnaie courante, va bien au-delà des simples « petits cadeaux ». Elle s’étend aux examens, aux procédures administratives, et même aux services de santé ou d’éducation. Un système où le mérite cède souvent la place aux connexions et aux faveurs.

Un cercle vicieux qui s’enracine dans les habitudes

Omar Keita, entrepreneur malien, a vécu cette réalité lors d’une pénurie de carburant. Après une journée d’attente, il a dû verser 10 000 FCFA à un pompiste pour obtenir son service. Une somme dérisoire en apparence, mais qui illustre la banalisation de la corruption. « J’ai agi sous la contrainte, mais cette pratique est devenue si normale que plus personne ne s’en offusque », confie-t-il.

Ce glissement culturel est l’un des principaux facteurs de l’acceptation sociale de la corruption. Plus elle se généralise, moins elle est perçue comme un mal. Une normalisation qui, selon les experts, menace les fondements mêmes de la démocratie et de l’économie du pays.

Les racines d’un phénomène endémique

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, le manque de sanctions réelles contre les actes de corruption. Pour le Réseau malien de lutte contre la corruption, l’impunité renforce la pratique et décourage les bonnes volontés.

Ensuite, la pauvreté et le chômage jouent un rôle de catalyseur. Oumar Korkosse, membre du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement au Mali (Recotrade), souligne que « des salaires bas ou irréguliers poussent certains à voir la corruption comme une source de revenus complémentaires ».

Enfin, l’envie de vivre au-delà de ses moyens, souvent encouragée par une société de consommation, alimente ce phénomène. Mohamed Abdellahi Elkhalil, sociologue spécialiste du Sahel, explique que « la corruption s’est infiltrée dans les rouages de la société malienne, devenant une stratégie de survie ».

Un impact dévastateur sur la société

Les conséquences de la corruption sont multiples. Selon un sondage Afrobaromètre de 2024, les juges, les hommes d’affaires, les fonctionnaires, les agents des impôts et les forces de l’ordre sont perçus comme les plus corrompus. Près de la moitié des Maliens déclarent avoir déjà versé un pot-de-vin pour obtenir un service public.

Les secteurs les plus touchés ? Les administrations publiques, les établissements de santé, les écoles et les forces de l’ordre. Ousmane Diarra, conducteur de taxi-moto à Bamako, raconte : « Les policiers m’interpellent cinq à six fois par jour. Que je sois en règle ou non, je dois payer entre 1 000 et 2 000 FCFA à chaque contrôle. C’est épuisant. »

Ces pratiques ont un coût économique et social. Le Mali affiche un score de 27/100 dans l’Indice de perception de la corruption 2024 de Transparency International, le plaçant à la 135ᵉ place sur 180 pays. Une stagnation qui confirme la persistance du problème.

Le Worldwide Governance Indicators de la Banque mondiale révèle également que le contrôle de la corruption au Mali est bien en dessous de la moyenne mondiale (-0,86 contre -0,04), indiquant une faible capacité des institutions à lutter contre ce fléau.

Vers une prise de conscience collective ?

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une réflexion morale et citoyenne. L’Association malienne de lutte contre la corruption et la délinquance financière (AMLCDF) insiste sur la nécessité de construire une « conscience citoyenne fondée sur l’éthique, la responsabilité et le respect du bien commun ».

Pour y parvenir, plusieurs pistes sont envisagées :

  • Renforcer les sanctions contre les actes de corruption ;
  • Sensibiliser la population à travers des programmes d’éducation civique ;
  • Impliquer les leaders religieux et les médias dans la lutte contre ce fléau ;
  • Encourager les initiatives de la société civile pour promouvoir l’intégrité.

Comme le souligne Me Soumaré Boubacar, avocat au Barreau de Bamako : « Quand une grande partie de la population doute de l’intégrité des institutions, la corruption devient une stratégie de survie. Puisque tout le monde le fait, pourquoi pas moi ? »

La lutte contre la corruption au Mali ne se limite donc pas à des mesures juridiques ou politiques. Elle passe avant tout par un changement des mentalités et une prise de conscience collective. Un défi de taille, mais essentiel pour l’avenir du pays.

Et vous, que pensez-vous de cette situation ? Partagez votre avis dans les commentaires ou contactez-nous pour en discuter.

Mali : classement 2024 de l’indice de perception de la corruption et enjeux majeurs

le Mali face à la corruption : un classement inquiétant en 2024

L’Indice de perception de la corruption 2024, publié par Transparency International, place le Mali à la 136ᵉ position sur 180 pays, avec un score de 28/100. Ce résultat reflète les défis persistants du pays dans sa lutte contre les pratiques corruptrices, qui sapent la gouvernance et freinent son développement économique.

Le rapport met en lumière une érosion des institutions de contrôle, notamment dans la gestion des marchés publics, où l’opacité et le manque de transparence sont particulièrement flagrants. Les finances publiques restent difficiles à tracer, alimentant une perception généralisée de corruption au sein de l’administration.

impact sur les services publics et méfiance citoyenne

L’administration malienne est particulièrement touchée par ce phénomène. L’accès aux services essentiels — comme la justice, la santé ou l’éducation — est souvent conditionné par des pratiques de favoritisme ou des pots-de-vin. Cette situation alimente une méfiance croissante des citoyens envers l’État, renforçant un climat d’impunité pour les élites. Les rapports de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et du Bureau du Vérificateur Général illustrent ces dysfonctionnements.

l’afrique de l’ouest : une région en proie à la corruption

Le Mali n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à enregistrer des scores médiocres dans l’IPC 2024. Plusieurs nations de la région peinent à instaurer une gouvernance transparente, minée par la corruption et l’opacité financière.

Quelques exemples marquants :

  • Nigeria : première puissance économique de la région, avec un score de 25/100, illustrant les détournements massifs dans le secteur pétrolier.
  • Burkina Faso : en transition politique, le pays affiche un score de 30/100, restant sous la barre critique des 50 points qui sépare une gouvernance intègre d’une administration corrompue.
  • Ghana : malgré une légère baisse, il conserve une position enviable avec un score de 43/100, confirmant sa place parmi les pays les plus transparents de la région.

l’afrique subsaharienne, zone la plus vulnérable à la corruption

Avec un score moyen de 32/100, l’Afrique subsaharienne reste l’une des régions les plus touchées par la corruption au monde. Plus des deux tiers des pays africains obtiennent un score inférieur à 50, révélant l’incapacité des États à lutter efficacement contre ce fléau.

Transparency International alerte sur le risque de détournement des fonds climatiques. Alors que de nombreux pays africains devraient bénéficier d’aides internationales pour faire face au changement climatique, l’absence de mécanismes de contrôle rigoureux menace de priver les populations vulnérables des ressources nécessaires à leur adaptation.

Parmi les pays les plus corrompus de la région, on retrouve :

  • Somalie : 11/100
  • Soudan du Sud : 13/100
  • République centrafricaine : 19/100

Ces États, en proie à des conflits prolongés, subissent un effondrement des institutions, exacerbant la corruption.

les pays les plus intègres : des modèles à suivre

À l’inverse, certains pays se distinguent par leur transparence et leur bonne gouvernance. Les nations nordiques trustent les premières places du classement :

  • Danemark : 90/100 (leader mondial)
  • Finlande : 88/100
  • Norvège : 87/100
  • Canada : 75/100
  • Allemagne : 79/100

Ces États démontrent qu’une administration intègre et des mécanismes de contrôle efficaces sont essentiels pour garantir une croissance durable.

les pays les plus corrompus : des États en crise

En bas du classement, on retrouve des pays ravagés par des crises profondes, où l’absence de gouvernance stable favorise la corruption à grande échelle :

  • Somalie : 11/100
  • Soudan du Sud : 13/100
  • Syrie : 14/100
  • Venezuela : 14/100
  • Yémen : 16/100

Ces nations souffrent de guerres civiles, d’un effondrement institutionnel et d’une impunité totale pour les acteurs corrompus, aggravant leur instabilité politique et économique.

vers une lutte renforcée contre la corruption au Mali

Le rapport de Transparency International souligne l’urgence de renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption. Pour le Mali, cela implique :

  • Un renforcement du cadre juridique pour sanctionner les pratiques corruptrices.
  • Une indépendance accrue de la justice pour garantir l’équité.
  • Une meilleure protection des lanceurs d’alerte pour encourager les dénonciations.

Sans réformes concrètes, la corruption continuera de fragiliser les institutions, de freiner le développement et d’accentuer la défiance des citoyens envers l’État. Transparency International appelle à une mobilisation nationale et internationale pour combattre ce fléau qui menace la stabilité politique et la croissance économique du pays.

Progrès historiques en santé au Burkina Faso : l’année 2025 comme tournant

L’année 2025 a marqué un jalon décisif pour le système de santé au Burkina Faso. Malgré un contexte national exigeant, caractérisé par des défis sécuritaires et économiques, le secteur sanitaire a enregistré des avancées notables. Ces progrès se sont manifestés tant au niveau des infrastructures médicales que des soins spécialisés et de l’accessibilité financière aux services de santé essentiels.

Pour la première fois de son histoire, le Burkina Faso a réalisé une transplantation rénale sur son propre territoire en 2025. Cet exploit médical, fruit d’une collaboration exemplaire entre les équipes burkinabè et turques au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Tengandogo, représente une avancée majeure dans la prise en charge de l’insuffisance rénale. Cette réussite est appelée à réduire significativement le recours aux évacuations sanitaires coûteuses vers l’étranger, auparavant inévitables pour de telles pathologies.

Dans la même dynamique d’excellence, une autre prouesse médicale a été accomplie à Kaya, dans la région du Kuilsé. Une équipe chirurgicale, menée par le neurochirurgien Dr Lassané Taoko et assistée par le Dr Fabrice Lompo, anesthésiste-réanimateur, a mené à bien une intervention délicate sur une patiente souffrant d’une tumeur cérébrale. Cette opération emblématique illustre la montée en compétence et la sophistication croissante de la chirurgie spécialisée à l’échelle nationale.

Sur le plan des infrastructures de santé, l’année 2025 a été jalonnée par l’inauguration du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Pala. Équipée de technologies de pointe, cette nouvelle structure vient considérablement enrichir l’offre de soins spécialisés dans sa zone d’influence. À cela s’ajoute l’ouverture du centre d’hémodialyse de Gaoua, une réponse concrète et indispensable aux besoins grandissants des patients atteints de maladies rénales dans la région du Djôrô.

Des progrès significatifs ont également été réalisés pour améliorer l’accessibilité financière des soins. Les autorités sanitaires ont mis en œuvre des mesures de réduction des coûts pour plusieurs examens médicaux importants au sein des hôpitaux publics. Par exemple, le tarif du scanner a été divisé par deux, passant de 50 000 FCFA à 25 000 FCFA, tandis que le coût moyen de l’IRM a baissé de 60 %, de 100 000 FCFA à 40 000 FCFA. De plus, la caution de 500 000 FCFA pour l’hémodialyse a été purement et simplement supprimée. Ces initiatives sociales visent à alléger la charge financière des familles et à encourager un diagnostic précoce des affections graves.

Dans le domaine crucial de la prévention et de la santé publique, les efforts ont été maintenus et renforcés. La campagne nationale de chimio-prévention du paludisme saisonnier a atteint la quasi-totalité des enfants ciblés (âgés de 3 à 59 mois), contribuant ainsi efficacement à la diminution des formes sévères de la maladie et des décès associés. Parallèlement, la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale a été intensifiée grâce à l’implémentation de nouveaux dispositifs de suivi et de gestion des décès évitables.

L’année 2025 a également été le théâtre de réformes structurelles majeures, incluant le renforcement des soins de santé primaires, la numérisation progressive des services de santé communautaire et l’intensification des politiques de prévention, à l’image du durcissement de la réglementation anti-tabac.

En somme, 2025 restera une année d’actions concrètes et de progrès remarquables pour le système de santé burkinabè. Bien que des défis subsistent, ces avancées témoignent d’une détermination claire à édifier un système de santé plus résilient, plus équitable et véritablement axé sur les besoins essentiels des populations du Burkina Faso.