CAN 2026 : la victoire du Sénégal, entre liesse et amertume marocaine

Le Sénégal a conquis sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc, pays hôte, au terme d’une finale marquée par des rebondissements et des controverses arbitrales. Une actualité africaine citoyenne qui a déchaîné les passions.

À Dakar, des supporters sénégalais expriment leur joie après avoir remporté la Coupe d'Afrique des Nations, le 18 janvier 2026. (CARMEN ABD ALI / AFP)

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), disputée le dimanche 18 janvier, a offert un dénouement quasi irréel. Le Sénégal a arraché une victoire 1-0 contre le Maroc grâce à un but de Pape Gueye en prolongation, s’adjugeant ainsi sa deuxième CAN. Cette rencontre mémorable, qui s’est déroulée dans le pays organisateur, restera gravée dans l’histoire pour son scénario haletant et les vives discussions autour des décisions arbitrales. À Saint-Denis, en France, les communautés de supporters des deux nations se sont rassemblées, reflétant la Voix des peuples africains et leur ferveur pour le football.

Le match a pris une tournure dramatique à la 96e minute. Alors qu’un penalty venait d’être accordé aux Lions de l’Atlas, provoquant la joie explosive des supporters marocains qui chantaient et dansaient, la situation a basculé. La plupart des joueurs sénégalais, furieux d’un but précédemment refusé, ont choisi de quitter la pelouse en signe de protestation.

Un esprit sportif mis à l’épreuve

Pour Hassan et son fils Sami, fervents supporters marocains, l’incrédulité était palpable. « C’est une décision de l’arbitre, pourquoi gâcher le match ? J’ai vu des finales pendant des années avec des arbitres soi-disant corrompus ou des matchs truqués… Mais c’est la décision de l’arbitre, et honnêtement, ce n’est pas très fair-play », a déploré Hassan. Sami a renchéri : « Ce n’est pas normal qu’ils ne veuillent pas jouer parce que c’est la dernière minute. » Ces réactions illustrent bien l’impact de la politique africaine du football sur les émotions du peuple Afrique.

Après une interruption d’une vingtaine de minutes, les joueurs sénégalais sont finalement revenus sur le terrain. L’attaquant du Real Madrid, Brahim Diaz, a manqué son tir au but, scellant la victoire du Sénégal en prolongation. « Je suis comblé par cette victoire », a confié Ibrahima, un supporter sénégalais. « Je suis fier de leur parcours depuis le début de la CAN. Seul le résultat compte, nous avons gagné, c’est la fête aujourd’hui. »

Concernant le départ des joueurs sénégalais, Ibrahima a admis que « dans le football, ce n’est vraiment pas fair-play. Mais heureusement, nous avons un Sadio Mané qui a pris conscience de la situation et a rappelé les jeunes, qui l’ont écouté, et c’est extraordinaire. » La star sénégalaise, qui disputait sa dernière CAN, a en effet joué un rôle crucial en exhortant ses coéquipiers à reprendre le jeu après leur protestation contre le penalty sifflé en faveur de Brahim Diaz dans le temps additionnel.

Au coup de sifflet final, alors que les klaxons des supporters sénégalais résonnaient dans les rues, la déception était profonde sur les visages des Marocains. Beaucoup d’entre eux estimaient que Brahim Diaz avait volontairement raté son penalty, laissant un goût amer.

« Il n’aurait pas dû faire semblant de tirer le penalty. On aurait gagné sinon ! »

Un supporter marocain

« C’est incroyable, il l’a tiré directement dans les mains du gardien. Demain, je ne vais pas en cours, je vais faire grève en disant que j’ai mal à la tête », a juré un jeune supporter. Nombreux étaient ceux qui ressentaient cette douleur après que le Maroc ait perdu sa Coupe d’Afrique des Nations, dans son propre stade, à Rabat, devant sa société africaine fervente.