Lors d’une visioconférence du Conseil de sécurité dédiée au Sahel, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, a
Dès le début du mois d’avril, la mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) avait déjà mis en lumière la
Au Burkina Faso, douze individus arrêtés pour présumée complicité avec des groupes jihadistes ont été retrouvés morts dans des cellules de gendarmerie à la mi-mai. Des familles et des organisations non gouvernementales soutiennent qu’il s’agissait de civils abattus sommairement, et des investigations judiciaires ont été promises.
Allégations sérieuses au Niger
Concernant le Niger, une liste de 102 personnes disparues en avril a suggéré qu’elles auraient été tuées par l’armée dans la région de Tillabéri, à l’ouest du pays. Bien que le ministère de la Défense ait salué le
À chaque incident, des associations de défense des droits humains diffusent des listes nominatives et des photographies, déplorant la disparition de personnes après le passage des militaires. Les victimes sont majoritairement des Peuls, souvent stigmatisés comme étant des complices des jihadistes.
Les gouvernements des pays du Sahel ont toujours manifesté un soutien indéfectible à leurs armées, qui, souvent mal équipées et insuffisamment formées, subissent de lourdes pertes dans la lutte contre le terrorisme.
Ismail Ould Cheikh Ahmed, chef de la diplomatie mauritanienne, s’exprimant devant le Conseil de sécurité au nom du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Niger, Burkina Faso et Mali), a affirmé que
La protection des civils, un défi majeur
Dans sa déclaration finale après la réunion, le Conseil de sécurité a
Ces accusations contre les armées nationales surviennent à un moment crucial pour la région du Sahel. L’ONU est confrontée au scepticisme de certains membres du Conseil de sécurité concernant l’étendue de sa mission au Mali (qui compte 13 000 hommes à la mi-juin).
La France, quant à elle, a réévalué les termes de son engagement au Sahel après la perte de 13 de ses soldats en novembre. Malgré la présence française, la MINUSMA (dont le mandat doit être renouvelé) et la Force conjointe du G5 Sahel, créée en 2017, la spirale de violences n’a pas été enrayée, provoquant des milliers de décès et des centaines de milliers de déplacements depuis 2012.
Pour Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) de Bamako,