Retour triomphal de mohamed bouamatou en Mauritanie après une décennie d’exil

Un retour hautement symbolique pour l’homme d’affaires mauritanien

Mohamed Bouamatou, figure incontournable de l’économie mauritanienne et fondateur de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), a fait son grand retour à Nouakchott dans la nuit du lundi au mardi, après plus de dix ans d’absence forcée au Maroc puis en Europe. Son arrivée, à bord d’un jet privé, a marqué les esprits et ouvert un nouveau chapitre pour ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Un hommage poignant à sa mère disparue

Dès son débarquement, Mohamed Bouamatou a tenu à se rendre au cimetière de Nouakchott pour honorer la mémoire de sa mère, décédée quelques mois plus tôt. Ce geste, chargé d’émotion, a rappelé l’attachement profond de l’homme d’affaires à sa terre natale et à ses racines familiales.

Un plaidoyer pour la justice et la démocratie en Mauritanie

Dans une déclaration rendue publique, Mohamed Bouamatou a partagé les motivations de son exil prolongé. Il a notamment salué l’action du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, reconnaissant ses efforts pour rétablir un État de droit et renforcer les fondements de la démocratie en Mauritanie. « Qu’Allah pardonne à ceux qui ont été complices, à différents niveaux, de l’injustice que j’ai subie, ainsi que tant d’autres Mauritaniens », a-t-il déclaré, avant d’affirmer sa volonté de contribuer activement au développement économique et social du pays.

Des tensions politiques à l’origine d’un exil controversé

Ancien soutien indéfectible du régime de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, Mohamed Bouamatou a été contraint de quitter la Mauritanie au début des années 2010. Les raisons de ce départ forcé, liées à des divergences avec son cousin et allié politique, restent à ce jour non élucidées. Cette rupture a marqué le début d’une période sombre pour cet homme d’affaires, dont l’empire financier a été la cible de mesures restrictives, notamment des redressements fiscaux imposés à sa banque, la GBM.

L’affaire a pris une tournure encore plus dramatique en 2017, lorsque Mohamed Bouamatou a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Cette décision faisait suite à une opposition farouche au projet de révision constitutionnelle visant à supprimer le Sénat, un texte pour lequel il était perçu comme l’un des principaux instigateurs.

Une justice mauritanienne qui tourne la page

Récemment, la justice mauritanienne a mis un terme aux poursuites engagées contre Mohamed Bouamatou et d’autres opposants au régime précédent, dont Mustapha Limam Chaafi. Cette décision a permis à l’homme d’affaires de franchir enfin le pas du retour, mettant fin à une décennie d’exil.

Alors que son retour s’apparente à une victoire personnelle, il reste à savoir si cet événement marquera l’épilogue d’un conflit politique et familial qui a profondément divisé la Mauritanie. Une chose est sûre : cette page d’histoire tourne désormais une fois pour toutes.