Un séjour européen prolongé qui interroge
L’éditorial politique diffusé ce lundi 20 juillet 2026 sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou, signé par Eric Boniface Tchouakeu, met en lumière le long séjour du président camerounais en Europe. Officiellement présenté comme un « court séjour privé » par le Directeur de Cabinet Samuel Mvondo Ayolo, ce déplacement a débuté le 7 juin 2026.
Selon les révélations du journal panafricain Jeune Afrique, Paul Biya séjournerait effectivement à Genève, en Suisse, une destination qu’il fréquente régulièrement depuis son accession au pouvoir en 1982. Initialement présenté comme temporaire, ce voyage s’éternise, alimentant les spéculations sur son état de santé, malgré les démentis officiels.
La vacance du pouvoir : une question de droit constitutionnel
Certains observateurs évoquent désormais l’hypothèse d’une possible vacance du pouvoir au Cameroun. Pourtant, la Constitution camerounaise encadre strictement cette notion. Elle ne peut être constatée qu’en trois cas précis : le décès, la démission ou l’empêchement définitif du président en exercice. Aucune de ces situations n’est aujourd’hui avérée.
Il est important de noter que la loi fondamentale camerounaise ne fixe aucune limite de durée pour un séjour présidentiel à l’étranger. Ainsi, le président pourrait, en théorie, diriger le pays depuis l’étranger sans enfreindre la légalité. La question relève davantage de l’éthique politique que du cadre juridique.
Un contexte institutionnel qui alimente les interrogations
Plusieurs éléments contribuent à nourrir les spéculations. D’abord, la formation tardive du gouvernement après l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que l’absence de nomination d’un Vice-président malgré la réintroduction récente de ce poste. Ensuite, la pratique historique de Paul Biya, qui n’a jamais signé de décret majeur depuis l’étranger en plus de 43 ans de pouvoir ininterrompu.
Ces éléments expliquent pourquoi certains citoyens comptent chaque jour les jours d’absence du président. Pourtant, d’un point de vue strictement légal, aucune vacance du pouvoir ne peut être invoquée sur cette seule base.