Depuis son départ du Cameroun le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé » en Europe, le président Paul Biya, âgé de 93 ans, suscite des interrogations croissantes. Officiellement installé à Genève, où il a ses habitudes depuis 1982, son absence prolongée alimente les spéculations sur son état de santé et sur une possible vacance du pouvoir.
Les autorités camerounaises ont tenté de rassurer l’opinion en qualifiant ce déplacement de temporaire. Pourtant, le prolongement inhabituel de ce séjour relance les débats. Certains observateurs évoquent discrètement l’hypothèse d’une vacance du pouvoir, bien que cette notion soit strictement encadrée par la Constitution.
La loi fondamentale camerounaise ne fixe aucune limite quant à la durée des déplacements du président à l’étranger. La vacance du pouvoir ne peut être officiellement constatée qu’en trois cas précis : décès, démission ou empêchement définitif du chef de l’État. Or, ni la Constitution ni les textes en vigueur ne précisent la définition exacte d’un « empêchement définitif », laissant planer une zone d’ombre juridique.
Cette situation soulève avant tout des questions d’éthique politique. Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 43 ans sans interruption, n’a jamais signé de décret majeur depuis l’étranger. Pourtant, la rapidité avec laquelle le poste de vice-président a été réintroduit dans les institutions, après le scrutin du 12 octobre 2025, interroge. Le retard dans la formation du gouvernement pourrait expliquer pourquoi certains citoyens suivent désormais le nombre de jours passés hors du territoire par le président.
Si la légalité de son absence ne peut être remise en cause, la morale politique, elle, est questionnée. Peut-on diriger un pays à distance pendant des mois sans que cela ne soulève de critiques ? L’histoire récente du Cameroun montre que le président a toujours veillé à maintenir une apparence de continuité institutionnelle, même lors de ses séjours prolongés en Suisse.
Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite concernant un retour imminent du chef de l’État. Les Camerounais attendent avec impatience des clarifications sur l’état de santé de Paul Biya et sur la gestion quotidienne des affaires publiques.
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