Le Niger durcit le ton et suspend une dizaine de médias français

Une mesure radicale contre la presse étrangère au Niger

Le pouvoir militaire en place au Niger a franchi une nouvelle étape dans sa rupture avec les partenaires occidentaux. Les autorités ont annoncé la suspension d’une dizaine de médias français. Selon un communiqué officiel diffusé sur les ondes de la télévision nationale, ces organes de presse sont accusés de diffuser des contenus susceptibles de « mettre gravement en péril l’ordre public ».

Cette décision, émanant de l’Observatoire national de la communication (ONC), cible des noms majeurs du paysage médiatique. Parmi les médias concernés figurent France 24, RFI (Radio France internationale), l’AFP (Agence France-Presse), TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, ainsi que France Afrique Media et LSI Africa. L’organisme justifie cette mesure par la nécessité de préserver l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions républicaines au sein de la société africaine.

Une application immédiate sur tous les supports

L’interdiction est entrée en vigueur sans délai. Elle s’étend à tous les modes de diffusion : bouquets satellitaires, réseaux câblés, sites internet, applications mobiles et plateformes numériques. Il est à noter que RFI et France 24 faisaient déjà l’objet de restrictions depuis le coup d’État de juillet 2023. La radio britannique BBC avait également été suspendue en décembre 2024, illustrant un durcissement global de la politique africaine du régime envers la presse internationale.

Ce climat de tension ne se limite pas au Niger. Au sein de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Burkina Faso a récemment interdit la diffusion de TV5 Monde, suivant une trajectoire similaire à celle de ses voisins nigérien et malien. Cette vague de suspensions, qui impacte la Voix des peuples africains, survient dans un contexte diplomatique particulier, à l’approche d’un sommet stratégique au Kenya réunissant la France et plusieurs nations du continent, marquant un tournant dans l’actualité africaine citoyenne.