Laurent gbagbo reste président du ppa-ci en Côte d’Ivoire
Alors que certains pensaient qu’il avait définitivement tourné la page de la politique, Laurent Gbagbo, figure historique de la vie publique ivoirienne, a été reconduit à la tête du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors du premier congrès ordinaire de son parti, les 14 et 15 mai à Abidjan.
Cette réélection, obtenue par acclamation en son absence, intervient dans un contexte où le PPA-CI peine à se positionner sur l’échiquier politique national. Le parti n’a participé ni à la dernière élection présidentielle, ni aux législatives de 2025, malgré les appels répétés de ses militants à une mobilisation plus active.
Une reconduction sous le signe de la continuité
Le choix de maintenir Laurent Gbagbo à la présidence du PPA-CI s’inscrit dans une logique de continuité, mais aussi de redynamisation d’une formation politique en quête de renouveau. Le fondateur du parti reste perçu comme une figure incontournable, malgré son âge et les défis internes qui traversent le mouvement.
Pourtant, cette reconduction soulève des questions. Pourquoi ce retour en première ligne, alors que certains de ses proches plaidaient pour une transition générationnelle ? Plusieurs hypothèses circulent : la volonté de contrer l’influence persistante d’Alassane Ouattara, la nécessité de fédérer après des années de divisions internes, ou encore la pression d’une base militante qui voit en lui un rempart face aux difficultés socio-économiques du pays.
Une purge interne pour renforcer la cohésion
Le congrès du PPA-CI a été l’occasion de rappeler à l’ordre les frondeurs du parti. Trois membres influents ont été exclus pour avoir défié la ligne officielle, notamment en contestant le boycott des dernières élections. Parmi eux, le maire de Lakota, Prince Arthur Dalli, le député indépendant Stéphane Kipré et le professeur Georges Armand Ouégnin ont écopé de suspensions allant de trois à dix-huit mois.
Ces mesures disciplinaires visent à resserrer les rangs avant les prochaines échéances électorales. Les dissidents, qui réclamaient une refonte des instances dirigeantes et une meilleure répartition des responsabilités, ont été privés de participation au congrès. Leur désobéissance aux consignes du parti a été sanctionnée sans appel.
Pourtant, malgré ces purges, les tensions persistent. Certains observateurs estiment que la gestion autoritaire de Laurent Gbagbo pourrait, à terme, affaiblir davantage le PPA-CI, déjà fragilisé par des années de divisions et d’absence de résultats concrets.
Reste à savoir si cette reconduction sera un nouveau départ pour le parti ou, au contraire, un dernier baroud d’honneur pour un leader dont l’influence politique semble s’essouffler avec le temps.