Gabon : enjeux majeurs de la visite officielle à Paris du président Brice Oligui Nguema
Gabon : enjeux majeurs de la visite officielle à Paris du président Brice Oligui Nguema

La visite d’État du président gabonais Brice Oligui Nguema en France, prévue ce lundi 20 juillet 2026, s’inscrit dans un contexte diplomatique et économique particulièrement dense. Les discussions franco-gabonaises porteront notamment sur le suivi des engagements pris lors de la dernière rencontre entre les deux pays à Libreville, en novembre 2025.
Un des dossiers phares de ces échanges concerne la transformation locale du manganèse, ressource stratégique du Gabon exploitée par Comilog, filiale du groupe français Eramet. Libreville a fixé un objectif ambitieux : d’ici janvier 2029, 100 % du minerai extrait devra être transformé sur place avant exportation. Si la France soutient le principe de cette industrialisation, elle plaide pour un calendrier plus réaliste, compte tenu des investissements colossaux nécessaires dans les infrastructures industrielles et énergétiques. Le porte-parole du président Oligui Nguema a d’ailleurs souligné que « cet aspect constitue l’un des axes centraux de ce déplacement ».
Coopération militaire et souveraineté : vers une refonte des accords franco-gabonais
Les négociations aborderont également la question épineuse de la présence militaire française au Gabon. Libreville exige le retrait progressif des troupes françaises et réclame notamment la restitution du titre foncier du Camp de Gaulle, ancienne base française désormais revendiquée par le Gabon. À terme, la coopération militaire se concentrera exclusivement sur la formation des forces locales. Cette demande s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats internationaux, avec un accent particulier sur les relations avec la Chine, la Turquie et l’Inde. Malgré cette ouverture, la France reste le partenaire diplomatique privilégié du Gabon.
Approvisionnement en eau potable : un partenariat en difficulté
Un autre sujet de friction concerne l’accord signé avec Suez pour l’approvisionnement en eau potable de Libreville. Un an après sa signature, les retards s’accumulent et les engagements financiers, estimés à 120 milliards de francs CFA, peinent à être honorés. La France insiste sur le respect des termes contractuels, tandis que Libreville dénonce des blocages administratifs et logistiques.
Dette gabonaise : un fardeau régional aux répercussions financières
Bien que non officiellement évoquée, la dette publique du Gabon, représentant plus de 70 % du PIB, constituera un dossier sensible. Un audit complet est en cours et ses conclusions sont attendues pour juillet 2026. Parallèlement, Libreville négocie un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), mais des retards dans la transmission des documents nécessaires freinent les avancées.
Dans ce contexte, la France, qui préside le Club de Paris, joue un rôle clé pour trouver une solution financière durable. La dette gabonaise, qui pèse sur les équilibres régionaux, suscite des inquiétudes quant à la stabilité du Franc CFA et aux répercussions économiques en Afrique centrale.