Cameroun : l’audition du colonel Otoulou dans l’affaire Martinez Zogo prend fin
L’audition du colonel Jean-Pierre Otoulou, enquêteur principal dans le dossier de l’assassinat du journaliste camerounais Martinez Zogo, s’est achevée ce mardi à Yaoundé. Pendant plusieurs heures, l’officier a défendu le travail de la commission mixte d’enquête qu’il a dirigée, affirmant disposer de preuves solides pour étayer ses conclusions.
Des preuves présentées par l’enquêteur
Devant la barre, le colonel Otoulou a notamment soutenu que Bruno Bidjang, collaborateur de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, l’un des principaux accusés dans ce dossier, avait tenté de recueillir des informations sur les investigations qui le visaient directement. Cette révélation a été au cœur des débats de la journée.
L’avocat des ayants droit de Martinez Zogo, Maître Calvin Job, y voit la confirmation d’une ingérence dans la procédure. « Cela met en lumière ce que nous soupçonnions depuis le début. Il a bel et bien essayé de s’infiltrer dans cette commission mixte, alors même que l’enquête était censée le concerner », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.
Le lieutenant-colonel Danwe reconnaît les faits
Au cours de ses échanges avec le colonel Otoulou, le lieutenant-colonel Justin Danwe, de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE), a admis avoir planifié la filature, l’enlèvement et la torture de l’animateur camerounais. Il aurait également constitué les équipes opérationnelles avec des éléments de la DGRE. Toutefois, il affirme avoir agi sur instruction de sa hiérarchie.
La défense d’Eko Eko conteste cette version
Les avocats de Léopold Maxime Eko Eko, directeur général des renseignements généraux à l’époque des faits, rejettent catégoriquement cette ligne de défense. « Il est parti en mission sans ordre de mission ni financement. À son retour, il n’a fait aucun compte rendu à sa hiérarchie. La conclusion est simple : il s’agit d’une initiative personnelle du colonel Danwe », a tranché Maître Ndjana Ndjana.
Par ailleurs, le lieutenant-colonel Justin Danwe a maintenu que la torture de Martinez Zogo n’avait pas eu lieu dans l’immeuble Ekang, propriété de Jean-Pierre Amougou Belinga. Une affirmation qui continue de diviser les parties dans ce dossier très suivi au Cameroun.