Yann vezilier condamné à 20 ans de prison au Mali : le point sur l’affaire
Condamnation

Yann Vezilier condamné à 20 ans de prison au Mali pour complot présumé

Un ressortissant français, Yann Vezilier, a écopé de 20 ans de réclusion criminelle devant la justice malienne. Il est accusé d’avoir participé à un projet de déstabilisation visant le gouvernement transitoire dirigé par le général Assimi Goïta.

Yann Vezilier lors de son procès au Mali

Les autorités françaises ont réagi avec fermeté après l’annonce du verdict. Le ministère des Affaires étrangères a qualifié les accusations portées contre Yann Vezilier de « sans fondement ». « Notre agent effectuait une mission de coopération sécuritaire », a souligné le Quai d’Orsay, insistant sur le fait que la France n’a joué aucun rôle dans une tentative de déstabilisation du Mali.

En plus de sa peine de prison, Yann Vezilier a été condamné à 20 ans d’interdiction de séjour sur le territoire malien et doit s’acquitter d’une amende de 5 400 euros. Le procès, qui s’est tenu devant la chambre criminelle spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, a abouti à ce jugement rendu public vendredi, selon des sources judiciaires maliennes.

Un réseau d’espionnage et de trahison démantelé ?

Arrêté le 13 août 2025 par les services de renseignement maliens, Yann Vezilier, officiellement en poste à l’ambassade de France à Bamako, a été interpellé en même temps que plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa). Ces derniers, désormais radiés, n’ont pas encore été jugés dans cette affaire. Ils sont soupçonnés d’avoir tissé un réseau d’espionnage et orchestré un complot visant à renverser les institutions de la transition malienne.

Le contexte sécuritaire du Mali reste particulièrement tendu depuis plus d’une décennie. Le pays fait face à des violences récurrentes perpétrées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique (EI), ainsi que par des milices communautaires. Depuis 2020, le Mali est dirigé par une junte militaire issue de deux coups d’État successifs. Les autorités de Bamako ont progressivement rompu leurs liens avec les partenaires occidentaux, notamment la France, pour se rapprocher de la Russie sur les plans politique et militaire.