Ultimatum de la C64 à Félix Tshisekedi pour un dialogue national inclusif en rdc

La C64 suspend sa marche du 22 juillet et impose un ultimatum au pouvoir congolais

Kinshasa, le — La Coalition Article 64 (C64), porteuse des revendications pour le respect de l’ordre constitutionnel en République Démocratique du Congo, a annoncé aujourd’hui le report de sa manifestation prévue ce 22 juillet devant le Palais de la Nation. Dans un communiqué rendu public ce lundi, les cinq figures majeures de la coalition — Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata et Delly Sesanga — ont justifié cette décision par une volonté de donner une chance au dialogue national.

Les dirigeants de la C64 lors de leur conférence de presse à Kinshasa

Un report motivé par l’appel au dialogue des autorités religieuses

La décision de la C64 intervient après l’interpellation lancée le 18 juillet par la CENCO et l’ECC, représentées respectivement par le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend André Bokundoa. Ces deux institutions avaient exhorté la coalition à accorder une opportunité concrète au dialogue national, saluant les annonces faites par la Présidence en ce sens.

« Ce report constitue un geste de responsabilité politique », a déclaré la C64, tout en réaffirmant son attachement indéfectible à la défense de la Constitution. La coalition rappelle que selon les articles 70 et 220, aucun dirigeant ne peut prétendre à plus de deux mandats consécutifs à la tête de l’État.

Des conditions strictes pour la reprise des négociations

La C64 a posé des exigences claires pour la tenue d’un dialogue national inclusif. Parmi elles :

  • La convocation immédiate d’un dialogue national pour aborder les défis majeurs du pays : agressions extérieures, insécurité dans l’Est, crise de gouvernance, difficultés économiques et sociales, ainsi que les réformes institutionnelles nécessaires.
  • La mise en place de mesures de confiance pour apaiser le climat politique et rassurer toutes les parties prenantes.
  • Le respect des engagements pris par le pouvoir, notamment l’abandon de toute velléité de modification constitutionnelle, comme la promulgation d’une loi sur le référendum.

La coalition a mis en garde : « La responsabilité de la suite du processus repose désormais sur le président Félix Tshisekedi et son gouvernement ». Elle a prévenu que toute tentative de provocation, notamment la poursuite de réformes constitutionnelles controversées, serait considérée comme une rupture de confiance.

Un ultimatum jusqu’au 15 août 2026

La C64 a fixé un délai impératif : si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué avant le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés ne se concrétisent pas, la coalition se réserve le droit d’en tirer « toutes les conséquences politiques ». Elle menace alors de relancer des actions citoyennes pacifiques, tout en maintenant ses structures — en RDC comme dans la diaspora — en « état de mobilisation maximale ».

Dans l’attente, la C64 affirme maintenir une vigilance constante et appelle l’ensemble des Congolais à rester mobilisés pour la défense des institutions démocratiques.

Contexte et enjeux

Cette crise s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour de la gouvernance en RDC, où les questions de respect de la Constitution et de transparence électorale restent au cœur des débats. Les observateurs politiques soulignent l’importance de ce dialogue pour éviter une escalade des tensions et préserver la stabilité du pays.