Togo : les Togolais dénoncent une réforme constitutionnelle accusée de permettre au président Gnassingbé de perdurer au pouvoir

Dimanche dernier, à Vogan, dans le sud du Togo, plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour protester contre la Constitution adoptée en 2024, accusée par l’opposition de permettre au président Faure Gnassingbé de perdurer au pouvoir. Le rassemblement, organisé par le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), regroupe plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile.

Les manifestants ont brandi des pancartes portant des slogans tels que « Non au changement anticonstitutionnel du gouvernement » ou encore « Coup d’État constitutionnel ». Ils dénoncent une réforme qu’ils jugent illégitime.

« La Constitution adoptée en 2024 est totalement illégale. Il s’agit d’un coup d’État constitutionnel que les Togolais n’accepteront jamais », a déclaré David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD).

Entrée en vigueur en 2024, la nouvelle Loi fondamentale a profondément modifié les institutions togolaises. Elle met fin à l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct et instaure un régime parlementaire.

L’opposition et plusieurs acteurs de la société civile estiment que cette réforme vise à prolonger indéfiniment son maintien à la tête du pays. À l’inverse, le camp présidentiel défend un texte qui, selon lui, renforce la représentativité des institutions.

Les tensions autour de cette réforme ont déjà provoqué des manifestations en 2025, ayant fait sept morts selon la société civile, tandis que le parquet évoque cinq décès par noyade.

Dans un arrêt rendu le 29 janvier, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a estimé que cette réforme constituait « un changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Le gouvernement togolais a rejeté cette décision, affirmant que la Cour outrepasse ses compétences.