Tensions institutionnelles au Sénégal : le duel Faye-Sonko autour de la constitution
Au Sénégal, les relations entre le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko entrent dans une phase de confrontation ouverte. Après son départ de la primature en mai dernier, Ousmane Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale, installant un face-à-face direct entre la présidence et le parlement.
Ce conflit, qui s’apparente à un véritable duel entre institutions, se cristallise désormais autour d’un projet de réforme constitutionnelle majeur. La politique africaine observe avec attention ce rééquilibrage des forces au sein de l’appareil étatique sénégalais, où l’exécutif et le législatif semblent s’affronter durablement.
Lors de la session du 29 juin, l’Assemblée nationale, largement dominée par le Pastef avec 130 députés sur 165, a voté en faveur d’une révision de la charte fondamentale. Néanmoins, le garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a immédiatement précisé que la validation finale du texte serait soumise à l’arbitrage des citoyens via un prochain référendum.
Une architecture institutionnelle en pleine mutation
Le projet législatif est loin de faire l’unanimité. La commission des lois a d’ores et déjà rejeté plusieurs amendements soumis par le gouvernement, témoignant d’une rupture de dialogue entre les instances. Les débats précédant le vote ont été particulièrement électriques, aboutissant au retrait des parlementaires de l’opposition qui ont quitté l’hémicycle pour protester contre la procédure en cours.
Cette volonté de transformation institutionnelle, portée par la nouvelle majorité parlementaire, souligne les enjeux de pouvoir actuels au sein d’une société africaine en quête de nouveaux modèles de gouvernance et de stabilité.