Soutien du Sénégal à macky sall pour l’ONU : une décision stratégique inattendue
Bassirou Diomaye Faye valide le parcours diplomatique de Macky Sall à l’ONU : un virage inattendu
Trois jours après un entretien officiel au Palais de la République, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a pris une décision surprenante : le Sénégal apportera un « soutien total » à la candidature de Macky Sall pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Une décision qui marque une rupture avec les tensions passées entre les deux hommes et s’inscrit dans une logique d’intérêt national.
Cette annonce, bien que symbolique, renforce considérablement les chances de Macky Sall. Dans l’arène internationale, le silence ou l’absence de soutien d’un pays envers l’un de ses ressortissants peut affaiblir une candidature. En s’engageant officiellement, Dakar élimine un obstacle majeur et permet à l’ancien président de se présenter comme un candidat pleinement légitimé par son pays d’origine.
Un dépassement politique au-delà des clivages personnels
La relation entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall a longtemps été marquée par des tensions profondes. Emprisonné en 2023 dans le cadre d’une répression politique ciblant les soutiens d’Ousmane Sonko, puis libéré dans des circonstances exceptionnelles en mars 2024, le président actuel avait bâti une partie de son discours sur la dénonciation des dérives autoritaires de l’ère Sall. Pourtant, deux ans plus tard, il choisit de mobiliser les ressources de l’État sénégalais au service d’une ambition internationale portée par son prédécesseur.
Ce revirement s’explique par une évolution du paysage politique interne. La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, survenue en mai 2024, a libéré le président de la contrainte d’un discours radical envers l’ancien régime. Désormais, il peut adopter une posture de chef d’État soucieux des équilibres diplomatiques, plutôt que de perpétuer un contentieux partisan.
Une stratégie diplomatique au service du multilatéralisme africain
Le gouvernement sénégalais a justifié cette décision en évoquant un dialogue « au-delà des alternances politiques » et la volonté de porter un dossier jugé bénéfique pour l’Afrique et le multilatéralisme. Le réseau diplomatique du pays est désormais mobilisé pour promouvoir la candidature de Macky Sall, renforçant ainsi sa crédibilité sur la scène internationale.
Cette initiative s’inscrit également dans une réflexion plus large sur la représentation africaine au sein des institutions onusiennes. Le dernier Secrétaire général africain, Boutros Boutros-Ghali, a quitté ses fonctions dans les années 1990. Une absence qui souligne l’importance symbolique d’une telle candidature pour le continent.
Macky Sall face aux défis de la rotation géographique
Malgré ce soutien, la route vers le poste de secrétaire général reste semée d’embûches. La coutume non écrite de la rotation régionale joue en défaveur de Macky Sall, puisque quatre des cinq candidats déclarés sont originaires d’Amérique latine. Cette région n’a plus occupé ce poste depuis plus de trois décennies, ce qui rend la tâche encore plus ardue pour l’ancien président sénégalais.
Cependant, Macky Sall bénéficie d’atouts non négligeables. Son profil d’ancien chef d’État et ses relations diplomatiques, notamment avec la France et la Russie, pourraient peser dans les arbitrages du Conseil de sécurité. Son passage à Moscou, peu après l’annonce du soutien sénégalais, illustre sa volonté de consolider des alliances stratégiques.
Un avenir incertain mais une dynamique relancée
Si le soutien du Sénégal consolide la candidature de Macky Sall, il ne garantit pas une victoire. Le verdict final dépendra des négociations au sein du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si l’ancien président pourra briser la tradition de la rotation régionale et offrir à l’Afrique une place de choix dans les hautes instances onusiennes.