Sonko critique Diomaye : qui a vraiment porté le Sénégal vers le changement ?
Un discours de Sadio qui tranche avec l’optimisme officiel
Lors de son allocution à Sadio, dans la région de Diourbel, le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a choisi de transformer une intervention initialement perçue comme un bilan en un règlement de comptes public avec le président Bassirou Diomaye Faye. Sous couvert d’analyse politique, il a rappelé avec insistance les rapports de force au sommet de l’État, laissant peu de place au doute sur ses intentions.
Le rappel des origines d’une victoire historique
En évoquant son rôle central dans la désignation de Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution après l’invalidation de sa propre candidature en 2024, Ousmane Sonko a tenu à réaffirmer sa paternité sur la victoire de mars 2024, qualifiée d’historique. Deux ans après ce scrutin, le leader de Pastef a rappelé à qui revient le mérite d’avoir conduit le Sénégal vers un nouveau chapitre politique, soulignant ainsi une légitimité qu’il estime insuffisamment reconnue.
L’espoir envolé et les divergences sur la trajectoire politique
Ousmane Sonko a également pointé un espoir qui, selon lui, s’est dissipé. Les populations de Sadio en seraient pleinement conscientes, a-t-il affirmé, avant de critiquer un éloignement du président Faye par rapport au projet initialement porté devant les Sénégalais. Cette distinction entre la trajectoire du chef de l’État et celle du parti marque une rupture rarement exprimée aussi ouvertement en public par le leader de Pastef.
Sonko se positionne comme le garant du projet initial
En affirmant que 80 % du combat politique avait été mené sous son impulsion, Ousmane Sonko a présenté les échéances de 2026 et 2029 comme les étapes clés pour achever ce qu’il considère comme son propre projet. Ce positionnement le place en tant que garant de la ligne originelle, bien au-delà du simple rôle de soutien du pouvoir en place. Le message, adressé à la fois à la base militante et aux instances dirigeantes, vise clairement à réaffirmer son ascendant politique sur un exécutif dont il laisse entendre, sans le dire explicitement, qu’il s’en éloigne progressivement.