Fonds politiques : Thierno Bocoum dénonce le double discours d’Ousmane Sonko
Le président du mouvement AGIR-Les Leaders, Thierno Bocoum, a récemment formulé de vives critiques à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko. Ces reproches portent sur les « fonds politiques » que le chef du gouvernement aurait perçus lorsqu’il occupait différentes fonctions au sein de l’État sénégalais.
Thierno Bocoum affirme qu’Ousmane Sonko lui-même a reconnu avoir bénéficié d’environ 1,77 milliard de francs CFA par an via ces fonds. Pour le leader d’AGIR-Les Leaders, cette révélation jette une ombre sur la légitimité du Premier ministre à incarner la lutte contre le détournement des deniers publics, une position qu’il revendique avec force dans la politique africaine.
L’opposant souligne également le caractère tardif de cette information. Les députés, pourtant garants du vote de la loi de finances et du contrôle de l’action gouvernementale, n’auraient pris connaissance de l’existence de ces fonds que plusieurs années après leur mise en œuvre, ce qui interroge sur la transparence au sein de la société africaine.
Thierno Bocoum a rappelé que l’ancienne porte-parole du gouvernement avait publiquement déclaré n’avoir jamais été informée de l’existence de tels dispositifs financiers. Cette méconnaissance renforce, selon lui, les zones d’incertitude quant à la gestion et au cadre institutionnel de ces fonds.
Dans sa prise de position, le président d’AGIR-Les Leaders accuse Ousmane Sonko de distribuer des « certificats de probité » à autrui, tout en s’exonérant lui-même des mêmes exigences de transparence qu’il impose aux autres personnalités publiques.
Pour Thierno Bocoum, le Sénégal est confronté à une forme de « démagogie », caractérisée par une reddition des comptes à géométrie variable. Il fustige une situation où la « transparence est exigée des autres, mais le silence est de mise lorsqu’il s’agit de ses propres actions ».
Le responsable politique conclut en alertant sur les dangers d’un discours moralisateur qui ne s’appliquerait pas de manière équitable à l’ensemble des acteurs de la vie publique sénégalaise, un enjeu crucial pour le peuple d’Afrique.