C’est un retour attendu avec émotion. Les quinze supporters sénégalais, condamnés à des peines de trois mois à un an de prison pour des faits de hooliganisme après les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025 à Rabat en janvier, ont foulé le sol sénégalais dans la matinée de dimanche. Leur libération a été rendue possible grâce à une grâce royale accordée par Mohammed VI, motivée « par des considérations humaines » et à l’occasion de l’avènement de l’Aïd al-Adha.
Dans un communiqué publié samedi, le cabinet royal a souligné « les relations fraternelles séculaires qui lient le royaume du Maroc et la république du Sénégal », justifiant cette décision exceptionnelle.
Un accueil triomphal à l’aéroport Blaise Diagne
À leur arrivée à l’aéroport international Blaise Diagne de Diamniadio, près de Dakar, les supporters ont été chaleureusement accueillis par le président de la République Bassirou Diomaye Faye en personne, accompagné de responsables de la Fédération sénégalaise de football. « Nous sommes extrêmement heureux de les retrouver sur notre sol », a déclaré le chef de l’État, vêtu d’une tenue sportive, avant de réaffirmer avec fierté que « les Lions sont champions d’Afrique pour la deuxième fois », malgré les contestations en cours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Bassirou Diomaye Faye a également exprimé sa gratitude envers les autorités marocaines pour cette grâce accordée à l’approche de la Tabaski, une fête sacrée pour les musulmans. De son côté, Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), a salué cette décision, la qualifiant d’« exemple inspirant de la capacité du football à rassembler et unifier les peuples en Afrique et dans le monde ».
Des peines de prison pour des violences en finale de la CAN
Le 18 janvier dernier, la finale de la Coupe d’Afrique des nations opposant le Sénégal au Maroc s’était terminée dans un climat explosif. Alors que le score affichait 1-0 en faveur du Sénégal, un penalty controversé accordé au Maroc dans les arrêts de jeu, suivi du refus d’un but sénégalais, avait provoqué l’ire des joueurs et des supporters. Plusieurs Lions avaient quitté le terrain, tandis que des partisans tentaient d’envahir la pelouse et lançaient des projectiles.
En février, la justice marocaine avait condamné dix-huit Sénégalais pour des faits de hooliganisme et violences contre les forces de l’ordre, avec des peines allant de trois mois à un an de prison. Trois d’entre eux, ayant purgé leur peine, avaient été libérés mi-avril. La grâce royale de samedi concernait donc les quinze autres supporters, leur permettant enfin de retrouver leur famille et leur pays.
