Responsabilité des acteurs dans l’orpaillage au Cameroun et en RDC

L’exploitation de l’or dans plusieurs pays africains, notamment au Cameroun et en République démocratique du Congo, suscite des interrogations croissantes. Malgré les avancées réalisées dans la gestion des ressources minières, les résultats restent décevants. Selon les dernières analyses de l’Institut d’études de sécurité (ISS), les revenus générés par ce secteur ne profitent pas suffisamment aux populations locales ni aux caisses de l’État.

Un bulldozer sur un site minier à Betare Oya, au Cameroun

Des chiffres alarmants

Les données officielles révèlent un écart préoccupant. En 2023, le Cameroun a officiellement déclaré avoir exporté seulement 22 kilogrammes d’or. Pourtant, les importateurs internationaux revendiquent avoir acheté plus de 15 tonnes sur le territoire. Ces chiffres soulignent une opacité persistante dans la traçabilité des flux aurifères.

Les mécanismes de contrôle actuels, notamment ceux mis en place par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), peinent à garantir une gestion rigoureuse. Les opérateurs miniers, qu’ils soient nationaux ou étrangers, sont pointés du doigt pour leur manque de transparence financière.

Les attentes des citoyens et des experts

Face à cette situation, la société civile camerounaise multiplie les appels à une réforme en profondeur. Les mesures annoncées par les autorités pour assainir le secteur sont jugées insuffisantes par les observateurs. Les populations locales, souvent privées des retombées économiques de ces exploitations, réclament une meilleure redistribution des revenus.

La professeure Aïcha Pemboura, chercheuse à l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale, analyse ces enjeux avec une vision critique. Elle souligne l’urgence d’une gouvernance plus transparente pour éviter que les richesses naturelles du continent ne continuent de s’évaporer dans l’ombre.

Les défis à relever

  • Renforcer les contrôles : Mettre en place des systèmes de vérification indépendants pour suivre les exportations et les revenus perçus.
  • Impliquer les communautés : Associer les populations locales aux décisions concernant l’exploitation des ressources minières.
  • Lutter contre la fraude : Sanctionner plus sévèrement les acteurs qui ne déclarent pas la totalité de leurs activités et de leurs revenus.

Alors que l’Afrique reste riche en ressources naturelles, le Cameroun et la RDC illustrent les difficultés à transformer cette richesse en développement durable. La transparence et la responsabilité des acteurs deviennent des priorités absolues pour l’avenir du secteur aurifère.