Paul Biya s’absente 49 jours : les tensions montent au Cameroun
Quarante-neuf jours. Cette durée que s’octroie le président camerounais loin de son pays établit un record depuis 2024. Depuis son départ le 7 juin pour une escapade privée en Europe, Paul Biya n’a plus fait d’apparition publique. À Yaoundé, les observateurs et les rédactions s’interrogent : que se passe-t-il réellement ?
Un retour attendu, mais aucune preuve tangible
À Genève, le chef de l’État camerounais résiderait, comme l’an passé, dans un établissement hôtelier de la ville helvétique. Malgré les démentis officiels du gouvernement, notamment celui du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi le 18 juin, qui a nié toute hospitalisation, aucune image récente ne vient étayer ces affirmations. Le 15 juin, un militant du Rdpc, Lucien Bidima, a affirmé lors d’un passage sur Droit de Réponse (Equinoxe TV) s’être rendu à l’hôtel InterContinental de Genève. Il a décrit un Paul Biya « en pleine forme » et très actif. Pourtant, ni photo ni vidéo ne corroborent ses dires, laissant planer un doute sur une opération de communication.
Chantal Biya, une influence croissante dans l’ombre du pouvoir
Cette fois, l’épouse du président camerounais occupe une place centrale. Plusieurs sources évoquent son implication accrue dans la gestion des affaires de l’État, son nom circulant même autour de certaines nominations. Sa présence systématique aux côtés de Paul Biya lors de ses séjours en Suisse nourrit les rumeurs : l’accès au chef de l’État passerait désormais par elle. Un scénario qui soulève des questions sur la gouvernance actuelle.
Autre élément de préoccupation : l’absence de vice-président au Cameroun. En cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui est censé assurer l’intérim. Une procédure constitutionnelle jamais mise à l’épreuve dans ces circonstances précises, et qui inquiète une partie de la classe politique. Cette absence prolongée de Paul Biya marque-t-elle un tournant ou n’est-elle qu’une nouvelle parenthèse dans son long mandat ? Le climat politique, déjà tendu depuis des mois, ne laisse rien présager de bon.