Ousmane Sonko critique la gestion des fonds politiques par le président Faye

Ousmane Sonko critique la gestion des fonds politiques par le président Faye

Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé son désaccord avec le président Bassirou Diomaye Faye concernant la gestion des fonds politiques. Dans une déclaration publique, il a souligné que ces pratiques, bien que nécessaires selon certains, doivent être encadrées par une transparence rigoureuse pour éviter tout détournement.

Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye en discussion

Un débat ancien au cœur du gouvernement

La question des fonds politiques, régulièrement évoquée depuis 2019, revient sur le devant de la scène politique sénégalaise. Ousmane Sonko, chef du gouvernement, rappelle que ce sujet était déjà au cœur des discussions au sein de son camp bien avant les dernières élections. Il insiste sur l’importance d’une gestion transparente de ces fonds, tout en reconnaissant leur utilité pour certaines missions sensibles.

Lors d’une récente déclaration, le président Bassirou Diomaye Faye avait justifié leur existence en évoquant des besoins liés à la sécurité nationale, aux obligations internationales et aux sollicitations internes de l’État. « Les fonds politiques relèvent de dépenses qui ne peuvent pas être détaillées au grand public », avait-il expliqué.

Transparence vs. nécessité : un équilibre à trouver

Pour Ousmane Sonko, la transparence doit primer. Il a clairement indiqué son opposition aux arguments du chef de l’État : « Je ne suis pas d’accord avec le président Bassirou Diomaye Faye, il s’est trompé. J’ose croire qu’il va se rattraper. » Le Premier ministre a réaffirmé que ces fonds ne doivent pas être utilisés à des fins personnelles ou politiques, mais encadrés comme dans d’autres démocraties, telles que la France.

Il a également précisé qu’il ne s’agit pas de supprimer ces fonds, mais de les soumettre à un contrôle strict. « Moi j’ai, à la Primature, 1 milliard 770 millions de fonds politiques. Ce débat n’est pas personnel, mais les Sénégalais refusent que ces ressources deviennent un butin ou un outil d’enrichissement illicite », a-t-il déclaré.

Un processus législatif en cours

Le Premier ministre a évoqué une proposition de loi déposée par un député, qu’il juge inappropriée si elle émane du législatif plutôt que de l’exécutif. « Quand j’ai appris que Guy Marius Sagna allait déposer cette proposition, j’ai dit au président que ce serait un échec si le législatif portait cette loi. C’est une promesse de l’exécutif », a-t-il affirmé.

Il a ajouté qu’il compte soumettre une proposition similaire en conseil des ministres si les discussions tardent à aboutir. Pour lui, la gestion des deniers publics doit répondre à des principes intangibles : « Aucun fond du contribuable ne doit échapper au contrôle. »