Mgr Houngbédji : l’État de droit et l’humain au centre des réformes au Bénin
Bénin

Mgr Houngbédji : l’État de droit et l’humain au centre des réformes au Bénin

L’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé une conférence majeure à Cotonou, réunissant responsables religieux, acteurs politiques et société civile autour du thème crucial : « État de droit et alternance politique en Afrique : un enjeu clé pour la stabilité et le développement ».

Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou

Sommaire

L’événement, placé sous la présidence de Mgr Roger Houngbédji, archevêque de Cotonou et figure religieuse majeure du pays, a servi de tribune pour dresser un état des lieux des réformes institutionnelles et sociales en Afrique. Dès son allocution, le prélat a mis en lumière un constat : la prospérité d’une nation africaine repose autant sur la solidité de ses institutions que sur l’exploitation de ses ressources naturelles.

Pour ancrer le développement dans la durée, Mgr Houngbédji a insisté sur trois piliers indissociables : l’État de droit, une gouvernance transparente et une justice indépendante. Ces principes, selon lui, forment le socle d’une démocratie pérenne et d’une croissance équitable.

Le Bénin, vitrine des progrès et des défis persistants

S’appuyant sur l’exemple concret du Bénin, l’archevêque a salué les avancées enregistrées ces dernières années. Parmi les mesures phares, il a cité la création du Tribunal de commerce, la modernisation du droit des affaires et la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces réformes ont contribué à améliorer significativement la position du pays dans les classements internationaux.

Pourtant, Mgr Houngbédji a tenu à nuancer son propos. Il a pointé du doigt les zones d’ombre qui subsistent, notamment en matière de libertés publiques, d’autonomie de la justice et de consolidation démocratique. Pour lui, les seuls indicateurs économiques ne suffisent pas à garantir une société équilibrée et juste.

L’humain au cœur d’un développement durable

En s’appuyant sur la Doctrine Sociale de l’Église, le conférencier a rappelé que le développement doit être avant tout intégral et centré sur l’humain. Au-delà des chiffres et des performances macroéconomiques, il a souligné l’impérieuse nécessité de placer le bien-être des citoyens au cœur des politiques publiques. Cela implique d’améliorer les conditions de vie quotidiennes, de renforcer la justice sociale et de préserver la dignité de chaque individu.

L’Église, pilier de dialogue et de cohésion nationale

Mgr Roger Houngbédji a également mis en avant le rôle historique de l’Église dans la médiation des crises politiques au Bénin. Qu’il s’agisse de la gestion des tensions post-électorales de 2019 ou des appels répétés au dialogue avant les élections de 2026, l’institution ecclésiastique joue un rôle clé dans la préservation de la stabilité nationale. Son action ne vise pas à se substituer aux institutions républicaines, mais à les soutenir pour favoriser la réconciliation et la paix.

En conclusion de son intervention, le président de la Conférence Épiscopale du Bénin a appelé l’ensemble des dirigeants africains à concilier efficacité économique, justice autonome, pluralisme politique et respect des droits fondamentaux. Pour lui, c’est la seule voie pour réussir le pari ambitieux du développement durable sur le continent.