Malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants
La malnutrition représente un défi majeur pour la santé publique au Mali, pays de la bande sahélienne comptant 15 millions d’habitants. Malgré les efforts de prévention déployés ces dernières années, ce fléau persiste dans plusieurs régions du territoire.
Plusieurs zones du Mali sont touchées par la malnutrition. Depuis peu, les autorités maliennes intensifient leurs actions pour endiguer un taux de mortalité infantile particulièrement élevé : près d’un enfant sur cinq décède avant l’âge de 5 ans. Cette maladie insidieuse engendre des conséquences dramatiques, à court, moyen et long terme, tant pour les familles que pour l’ensemble du pays.
Dans les foyers maliens, les naissances sont souvent très rapprochées. Cet espacement réduit des grossesses constitue l’une des causes principales de la malnutrition chez les jeunes enfants et les mères. Par ailleurs, plus un ménage compte de membres, plus le risque de malnutrition s’accroît.
Des chiffres dépassant les seuils d’alerte internationaux
La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, un niveau bien supérieur au seuil d’alerte fixé à 10 % par la communauté internationale. Quant à la malnutrition chronique, elle affecte 38 % des enfants de moins de 5 ans, alors que le seuil critique international est de 20 %. Le Mali se situe donc largement au-delà des limites recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé.
Plus de 80 % des enfants de moins de 5 ans et plus de 65 % des femmes maliennes souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le manque de fer entrave le développement intellectuel et l’apprentissage chez les enfants. Chez les mères, cette carence peut compromettre la santé de l’enfant dès la conception. Une femme anémiée augmente en effet les risques de donner naissance à un bébé souffrant de malnutrition.
Avec 40 % de la population malienne concernée, la malnutrition constitue un grave problème de santé publique dans le pays.
Les actions en cours pour combattre ce fléau
Pour lutter efficacement contre la malnutrition, l’État malien a mis en place une politique de nutrition structurée. Ce cadre stratégique vise à améliorer la prise en charge des personnes touchées.
« Cette politique s’accompagne d’un plan d’action ambitieux, visant à mobiliser des financements pour renforcer ce secteur »
Le Mali a récemment adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés au déficit en iode. À l’heure actuelle, 79 % des foyers maliens utilisent du sel iodé, un chiffre encore éloigné de l’objectif de 90 % fixé par les autorités.
Depuis 2005, les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) se déroulent deux fois par an et couvrent 95 % du territoire. Ces campagnes, destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, sont désormais ancrées dans les habitudes communautaires, favorisant ainsi la sensibilisation et la prévention. Lors des SIAN, l’État et les organisations humanitaires, dont l’Unicef, promeuvent notamment la vitamine A (un complément essentiel pour prévenir les maladies) et les comprimés de déparasitage.
Parmi les initiatives menées par le gouvernement malien, l’Unicef et les ONG locales, ces deux mesures contribuent significativement à réduire le taux de mortalité infantile dans le pays.
Les SIAN s’inscrivent dans une approche communautaire globale portée par l’Unicef. L’organisation forme les populations à reconnaître les signes visibles de la malnutrition, détecte les cas avérés et intervient rapidement pour venir en aide aux enfants malades. « Pour renforcer l’impact de ces actions, l’Unicef et ses partenaires intègrent le dépistage de la malnutrition dans les activités de santé communautaires », explique Médiatrice Kiburente Touré. Elle ajoute : « Il est crucial de continuer à informer les populations sur les bienfaits de l’eau potable et d’aborder toutes les causes de la malnutrition ».
En 2010, seulement 50 % des enfants maliens souffrant de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Depuis, cette couverture s’améliore progressivement.
