Mali : le prix de l’éloignement des forces françaises dans le Sahel
Mali : les attaques récentes, fruit d’un choix politique lourd de conséquences
Dans l’immensité aride du Sahel malien, où chaque grain de sable raconte l’histoire d’une guerre silencieuse, Bamako découvre aujourd’hui les répercussions amères d’une décision politique audacieuse. Le départ des forces françaises, présenté comme un acte de souveraineté, a laissé derrière lui un vide sécuritaire que les groupes djihadistes ne manquent pas d’exploiter.
Les attaques qui secouent le pays depuis plusieurs semaines ne sont pas le fruit du hasard. Elles illustrent, avec une clarté cruelle, les conséquences directes d’une stratégie qui a privilégié l’affirmation d’une indépendance affichée au détriment d’une coopération opérationnelle vitale. Une souveraineté, brandie comme un étendard, qui se heurte aujourd’hui à la réalité d’un terrain où l’ordre ne se décrète pas.
Le départ des forces françaises : un pari risqué pour Bamako
Les dernières unités françaises ont quitté le sol malien sous les applaudissements d’une partie de la population, nourrie par un discours anti-français répété pendant des années. Pourtant, peu se sont interrogés sur les implications concrètes de ce choix. En 2013, alors que les colonnes terroristes avançaient vers le sud, menaçant de balayer l’État malien, ce sont bien les soldats français qui ont inversé la tendance. Leur intervention a sauvé un pays au bord de l’effondrement.
Les propos d’Emmanuel Macron résonnent aujourd’hui comme une mise en garde : « Le Mali n’a pas pris la décision la plus avisée en écartant l’armée française ». Une affirmation qui dépasse le cadre d’une simple critique. Elle rappelle que, dans cette région du monde, la souveraineté ne peut se construire sur le rejet de ses alliés les plus engagés.
Le président français n’a jamais minimisé les erreurs commises par la France. Paris a, à plusieurs reprises, surévalué l’impact de la force militaire sans parvenir à accompagner les réformes institutionnelles nécessaires. Pourtant, une vérité persiste : sans l’appui français, le Mali aurait pu disparaître en tant qu’État unifié. Comme l’a souligné le chef de l’État : « Sans la France, le Mali ne serait plus un pays ».
Cette réalité, longtemps contestée par certains discours politiques, s’impose désormais comme une évidence. Le terrain ne pardonne pas les approximations.
Une fois les bases françaises évacuées, les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique se sont engouffrés dans les failles. Là où Barkhane contenait, analysait et frappait, les autorités maliennes peinent désormais à imposer leur autorité. Les cartes ont été redistribuées, et le Mali en paie le prix fort.
Cinquante-huit soldats français tombés pour le Sahel : une mémoire à honorer
Cinquante-huit hommes, engagés dans une mission périlleuse au cœur du Sahel, n’ont pas survécu à cette guerre sans visage. Leur sacrifice ne peut être réduit à une simple ligne dans les livres d’histoire. Ils sont tombés à Kidal, dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas, sur des routes piégées, sous un soleil écrasant, face à un ennemi insaisissable. Ces soldats n’étaient pas des envahisseurs. Ils étaient les garants d’un équilibre régional menacé.
Leur mort rappelle une exigence : ne pas laisser leur engagement se dissoudre dans les débats idéologiques. Oui, la France a commis des erreurs. Mais elle a aussi porté, presque seule, le poids d’un combat pour empêcher la création d’un sanctuaire terroriste en Afrique. Ce combat a un coût humain, et ce coût doit être reconnu.
Le Mali a choisi la rupture avec cette alliance au nom d’une indépendance affichée. Il en assume aujourd’hui les conséquences. Emmanuel Macron ne parle pas par ressentiment postcolonial. Il constate simplement ce que l’histoire valide avec une rigueur implacable : dans certaines zones du globe, la souveraineté proclamée ne suffit pas à tenir en échec des groupes armés déterminés.
Le Sahel a été pour la France un théâtre d’usure diplomatique et humaine. Mais pour ces soldats, il reste un champ de sacrifice où l’honneur s’est écrit dans le sang. Cet honneur ne se négocie pas, ne se relativise pas. Il s’honore.