Mali : Kouakourou abandonnée après l’offensive jihadiste du Jnim
Mali : Kouakourou abandonnée après l’offensive jihadiste du Jnim

Le village de Kouakourou, situé au centre du Mali, a été le théâtre d’un affrontement meurtrier opposant l’armée malienne aux forces jihadistes du Jnim. Samedi 18 juillet 2026, les combattants ont lancé une attaque surprise contre le camp militaire local, s’emparant rapidement de la position. Dès le lendemain, un hélicoptère de l’armée malienne a été abattu par les assaillants, tandis que plusieurs soldats, en civil, ont été capturés après avoir tenté de se mêler à la population.
Les jihadistes ont ensuite imposé une mesure radicale : l’évacuation immédiate de tous les habitants. Les récits recueillis auprès de notables et de résidents confirment cette décision brutale.
Un convoi militaire bloqué avant d’atteindre Kouakourou
Dans les jours qui ont suivi, l’armée malienne a tenté de reprendre le contrôle de la zone. Des frappes aériennes ont été menées, revendiquant la neutralisation de cinq jihadistes à moto et la destruction d’un véhicule logistique. Pourtant, une colonne de renforts, composée de soldats maliens et de mercenaires du groupe russe Africa Corps, n’a jamais pu atteindre Kouakourou.
Plusieurs tentatives d’avancée ont été contrées par des embuscades, des attaques de drones et la destruction d’un pont stratégique. Les militaires ont finalement dû battre en retraite vers Djenné, à près de 40 kilomètres de là.
Les habitants dispersés, accueillis dans la précarité
Face à l’avancée des jihadistes, la population de Kouakourou a fui en masse. Certains se sont réfugiés dans des villages voisins comme Pora ou Saba, où la solidarité locale atténue, tant bien que mal, leur détresse. D’autres ont marché jusqu’à Djenné, où des centaines de personnes – familles entières, enfants et personnes âgées – ont trouvé refuge.
Dans cette ville, des familles d’accueil leur offrent un toit, tandis que les autorités locales ont mobilisé une école pour héberger les plus vulnérables. Des dons en vivres, en moustiquaires et en produits de première nécessité affluent, notamment depuis la Direction nationale du développement social. Certains déplacés ont même choisi de se rendre à Bamako, la capitale, pour échapper à l’insécurité persistante.