Libreville en pleine mutation avec le lancement des travaux à la Baie des Cochons

Le paysage urbain de Libreville s’apprête à connaître une métamorphose profonde. Dès ce 26 juin 2026, une étape décisive est franchie avec le démarrage des opérations de démolition dans le secteur de la Baie des Cochons, situé dans le troisième arrondissement. Ce chantier d’envergure marque le début d’une transformation structurelle pour la capitale du Gabon.

Une vision stratégique pour la modernisation urbaine

Ce projet s’inscrit dans la nouvelle dynamique impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. L’objectif est clair : repenser durablement l’organisation de la cité en agissant sur des leviers essentiels tels que la fluidité du trafic, l’assainissement et la connexion entre les quartiers. Le corridor concerné s’étend de Sipagel au rond-point de Petit-Paris, en passant par le carrefour Léon Mba et les abords des installations de la Société d’énergie et d’eau du Gabon.

La zone de la Baie des Cochons est un point névralgique où convergent d’importants flux économiques. En raison de sa proximité avec le marché de Mont-Bouët, le centre-ville et le boulevard Bessieux, elle souffre de congestions chroniques. Les autorités prévoient donc l’aménagement d’un axe principal et de voies secondaires pour faciliter l’accès au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville et renforcer les liens avec les zones périphériques.

Lutter contre les inondations et améliorer la mobilité

Au-delà de la simple réfection routière, le chantier s’attaque à une problématique majeure de la société africaine urbaine : l’insalubrité et les risques climatiques. Le programme intègre un volet assainissement robuste, incluant le curage des caniveaux, la restauration d’ouvrages hydrauliques vétustes et la mise en place de nouveaux systèmes d’évacuation des eaux de pluie. Cette approche vise à mettre fin aux inondations récurrentes qui pénalisent les riverains à chaque saison des pluies.

Lors d’une récente descente sur le terrain, Mays Mouissi, ministre en charge de l’Habitat et de l’Urbanisme, a échangé avec les habitants pour exposer les enjeux de cette libération des emprises publiques. Pour le gouvernement, il s’agit d’une étape préalable indispensable avant l’entrée en scène des entreprises de construction.

Le défi de l’accompagnement social

Toute grande mutation urbaine impose des sacrifices immédiats pour des bénéfices futurs. Le déplacement de familles installées depuis des décennies et l’impact sur les petites activités économiques locales constituent le volet le plus sensible de cette opération. La réussite de cette politique africaine de rénovation dépendra de l’équilibre trouvé entre l’intérêt général et le traitement humain des populations impactées.

Les questions d’indemnisation et de relogement sont au cœur des préoccupations. Si le dialogue a été privilégié en amont, les prochaines semaines serviront de test pour évaluer la capacité de l’État à mener ce projet tout en préservant la cohésion sociale. Libreville ne peut plus ignorer les défis posés par son explosion démographique et son urbanisation rapide. Ce chantier de la Baie des Cochons est bien plus qu’une route : c’est le symbole d’une volonté de bâtir une capitale moderne, résiliente et adaptée aux réalités du XXIe siècle.