Le Mali sous surveillance : l’ONU s’alarme face à la répression et l’absence d’élections

Le Mali sous surveillance : l’ONU s’alarme face à la répression et l’absence d’élections

Les Nations Unies expriment de vives inquiétudes quant à la situation prévalant au Mali. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a notamment mis en lumière une « intensification de la répression » visant la société civile et a déploré l’absence persistante de processus électoraux démocratiques.

Elections suspendues et répression : l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la situation au Mali

L’Organisation des Nations Unies, par la voix de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant le jeudi 4 septembre, s’alarmant de la suspension indéfinie des élections au Mali et de « l’intensification de la répression » ciblant la société civile. Le Haut-Commissaire a souligné que « les lois promulguées ces derniers mois menacent de compromettre durablement le respect des droits humains au Mali », exhortant vivement les autorités de transition à « adopter des mesures concrètes et promptes pour abroger ces législations problématiques »

Un pouvoir étendu et des arrestations ciblées

En juillet dernier, le général Assimi Goïta, dirigeant de la junte au pouvoir depuis 2021, a promulgué une loi lui octroyant un mandat présidentiel prolongé, le positionnant de fait comme président de la République. Volker Türk a fermement déclaré que « ces modifications juridiques ont malheureusement clôturé la voie à toute élection démocratique au Mali dans un avenir prévisible, bafouant ainsi le droit fondamental de chaque citoyen à participer aux affaires publiques, à voter et à être éligible lors de scrutins périodiques et authentiques. Elles doivent être révoquées sans délai ».

Deux mois auparavant, en mai, la dissolution des partis politiques avait été officialisée, un dossier actuellement en examen devant la Cour Constitutionnelle du Mali.

Cesser l’instrumentalisation du cadre légal

Parallèlement, plusieurs personnalités éminentes de la société civile et d’anciens responsables politiques, tels que l’activiste anti-corruption Clément Dembélé ou l’ancien Premier ministre Choguel Maïga, ont été arrêtés. Le Haut-Commissaire a exprimé sa « profonde préoccupation face à l’augmentation notoire des arrestations de citoyens maliens de tous horizons, sous des chefs d’accusation génériques d’atteinte à la crédibilité de l’État, simplement pour avoir exprimé leurs opinions ». Il a réclamé la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes détenues arbitrairement, insistant sur la nécessité de « mettre un terme sans tarder à cette instrumentalisation de la loi à des fins de répression de la dissidence ».