Le capitaine burkinabè traoré rejette la démocratie et mise sur un nouveau modèle politique

le capitaine burkinabè traoré rejette la démocratie et mise sur un nouveau modèle politique

Portrait du capitaine Ibrahim Traoré en tenue militaire beige avec béret rouge, devant un micro.

Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État du Burkina Faso depuis trois ans, a affirmé lors d’une interview télévisée que la démocratie était un système inadapté pour son pays. Selon lui, les Burkinabè doivent « oublier » ce modèle politique, qualifiant la démocratie de « tueuse » pour l’Afrique. Ses déclarations surviennent alors que la junte au pouvoir a récemment prolongé son mandat de cinq ans, repoussant toute perspective de retour à l’ordre constitutionnel.

Lors de son intervention, le dirigeant militaire a justifié son rejet de la démocratie en déclarant : « Les Burkinabè doivent abandonner l’idée de démocratie. Ce système n’est pas fait pour nous. » Il a ajouté que la plupart des peuples africains ne souhaitaient pas ce modèle, bien qu’il n’ait pas précisé quelle alternative il envisageait pour le Burkina Faso.

une vision politique radicalement différente

Le capitaine Traoré, qui se présente comme un leader révolutionnaire luttant contre l’impérialisme occidental, a comparé son approche à celle de la Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi. Il a souligné que ce pays, autrefois stable malgré son autoritarisme, avait sombré dans le chaos après l’intervention occidentale ayant entraîné la chute du colonel Kadhafi. Depuis, la Libye est plongée dans une guerre civile permanente, sans élections ni stabilité.

Le chef de la junte a insisté sur la nécessité de construire un nouveau système politique au Burkina Faso, fondé sur trois piliers : la souveraineté nationale, le patriotisme et une mobilisation révolutionnaire. Selon lui, ce modèle reposerait sur les chefs traditionnels et les structures locales, excluant ainsi les partis politiques, qu’il qualifie de « sources de division » et de « dangers » pour son projet.

une répression croissante et des tensions persistantes

Depuis son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré a durci sa politique envers l’opposition, les médias et la société civile. Les détracteurs du régime sont régulièrement accusés de trahison et envoyés en première ligne lors des combats contre les groupes islamistes armés. Malgré cette répression, il bénéficie d’un soutien important sur le continent, notamment pour sa rhétorique anti-occidentale et son discours panafricaniste.

Le Burkina Faso, comme ses voisins le Mali et le Niger, a rompu ses alliances avec les pays occidentaux, notamment la France, dans la lutte contre le terrorisme. Ces trois nations se tournent désormais vers la Russie pour obtenir un soutien militaire, mais les violences dans la région ne faiblissent pas.

Un récent rapport de Human Rights Watch révèle que plus de 1 800 civils ont péri au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2023. Selon l’ONG, les deux tiers de ces victimes sont imputables à l’armée et aux milices pro-gouvernementales, le reste étant attribué aux groupes djihadistes.

un modèle économique exigeant

Dans son interview, le capitaine Traoré a également mis l’accent sur la nécessité d’un travail acharné et d’une autonomie économique pour le pays. Il a critiqué les horaires de travail traditionnels, estimant que des journées de six à huit heures ne permettraient pas au Burkina Faso de combler son retard face aux nations plus prospères.

Son discours, mêlant nationalisme, anti-impérialisme et rejet des institutions démocratiques, continue de diviser. Alors que certains y voient une tentative de modernisation politique, d’autres dénoncent une dérive autoritaire au nom de la révolution.